Université de Montréal - La faculté de médecine vétérinaire retrouve ses lettres de noblesse

En 1999, l'organisme international qui sanctionne la qualité de la formation des médecins vétérinaires assénait un dur coup à l'Université de Montréal en décotant sa faculté de médecine vétérinaire. Installations et équipements vétustes, enseignement déficient: les doléances auront été longues à corriger. Mais la pugnacité de l'institution aura porté ses fruits puisqu'elle se voit aujourd'hui accorder une seconde chance.

Après sept longues années de purgatoire, la faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal retrouve enfin sa place aux côtés des grandes écoles nord-américaines. L'Association américaine de médecine vétérinaire (AVMA) a en effet accepté de redonner son accréditation complète à l'institution universitaire de Saint-Hyacinthe, son conseil de l'éducation jugeant que la faculté a su rattraper tout le terrain perdu au tournant des années 2000.

Après sept années à évoluer sous perfusion, c'est toute la faculté qui a poussé un soupir de soulagement hier, au premier chef son doyen, le Dr Jean Sirois, qui attendait cette décision avec beaucoup d'impatience. «On nous avait bien dit que l'agrément partiel qu'on nous avait accordé en 1999 ne pouvait pas s'étirer plus longtemps. L'association devait trancher: soit on nous redonnait l'agrément complet, soit on nous l'enlevait purement et simplement.»

La nouvelle tant attendue est tombée il y a quelques jours. Après sept années de rénovations et de tractations politiques intenses, l'Université de Montréal a finalement réussi à convaincre l'AVMA que sa faculté était de retour sur les rails. La victoire n'est pas anodine. Sans cette précieuse accréditation internationale, les vétérinaires formés au Québec auraient perdu le droit d'exercer ailleurs, mais aussi celui de procéder au contrôle sanitaire des animaux et viandes d'exportation ou d'importation.

Il aura toutefois fallu déployer des efforts considérables pour convaincre l'AVMA que l'unique école de médecine vétérinaire francophone en Amérique du Nord méritait de reprendre son titre. Le lien de confiance avait en effet été sérieusement ébranlé en décembre 1999. Catastrophée par la vétusté des infrastructures et des équipements de la faculté de Saint-Hyacinthe, l'AVMA avait choisi de décoter cette dernière, notant aussi au passage un manque de professeurs estimé à plus d'une vingtaine.

Depuis, plusieurs actions ont été entreprises pour corriger la situation. Au printemps 2000, Québec octroyait 41,1 millions pour concevoir et réaliser la première phase d'un programme de construction et de rénovation. Vingt-deux nouveaux postes de professeur ont aussi été créés. En décembre 2002, Agriculture et agroalimentaire Canada annonçait à son tour un investissement de 35,46 millions pour le financement de la deuxième phase du programme d'agrandissement, qui aura permis d'agrandir le campus et de rénover entièrement le Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV), dont la superficie a doublé.

Mais le retour de l'agrément complet jusqu'en 2012 ne signifie pas pour autant que les soucis sont terminés pour la faculté. Le grand chantier est toujours en cours et devra être terminé d'ici l'été pour satisfaire l'AVMA. «L'agrément nous a été redonné sous la bonne foi que nous allions compléter ce que nous sommes en train de faire, prévient le doyen de la faculté. On a un engagement moral. On a terminé la phase de construction, on est maintenant à la phase de rénovation de l'hôpital des animaux de la ferme et de l'ancien hôpital des animaux de compagnie.»

Le sous-financement des universités québécoises pourrait aussi venir fragiliser tous ces acquis fraîchement gagnés, craint le Dr Sirois. «Il faudra être vigilant pour ne pas laisser le sous-financement des universités nous heurter comme nous l'avons été, au point où nous avons été déclassés. Dans les sept dernières années, on a fait beaucoup de rattrapage pour nous ramener aux normes américaines. Je crois que notre institution a l'obligation de ne plus jamais se laisser glisser en deçà de ces normes.»

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