Bishop - Objectif Univers

L'université Bishop se veut une université qui initie ses étudiants au monde de la recherche par la formation en petits groupes. Il en est ainsi au département de physique où, chaque été, bon nombre d'étudiants assistent les professeurs dans leurs travaux scientifiques.

Située à Lennoxville, en périphérie de Sherbrooke, l'université Bishop ne rassemble guère plus de 2000 étudiants. Par conséquent, l'enseignement en classe se fait la plupart du temps en groupe d'une vingtaine d'étudiants seulement. «Notre institution est une petite université située dans un cadre champêtre, relate avec fierté Lorne Nelson, professeur de physique. Nous offrons un milieu particulièrement propice pour développer les étudiants tant sur le plan académique que social et parascolaire.» Cette université accueille principalement des étudiants anglophones provenant de la région de Sherbrooke, de l'Ontario ainsi que des États américains environnants.

«Nous sommes particulièrement fiers de mettre l'accent sur les relations étudiants-professeurs, ajoute Walter Stephan, directeur du département de physique. Nous encourageons énormément nos étudiants à collaborer étroitement entre eux ainsi qu'avec nos professeurs.»

Les professeurs et chercheurs du département de physique de l'université Bishop concentrent leurs travaux sur deux grands thèmes de physique diamétralement opposés: la structure de l'Univers et celle de la matière supraconductrice.

«En cosmologie, relate l'astronome Nelson, nous tentons de comprendre comment l'Univers a évolué. Nous étudions entre autres l'effet de la gravité et ses interactions sur la matière cosmique. Nous étudions également les populations d'étoiles et l'évolution de celles-ci.» Plus spécifiquement, le prof Nelson s'intéresse aux théories associées à la structure, à la formation et à l'évolution d'étoiles de petite taille qui gravitent autour de naines blanches, d'étoiles à neutrons ou de trous noirs. Il s'agit principalement d'études théoriques réalisées à partir de modèles informatiques. «Nous utilisons de puissants ordinateurs pour simuler différents phénomènes, dit-il, afin de comprendre comment les choses se passent...»

L'autre grand axe de recherche en physique à Bishop est l'étude des propriétés de la matière, en particulier la supraconductivité. C'est le domaine de spécialisation de Walter Stephan. «Plus de la moitié des chercheurs de notre département se consacre à ce domaine, précise-t-il. Pour ma part, j'étudie les propriétés physiques d'une nouvelle classe de matériaux: les supraconducteurs à haute température.»

Les supraconducteurs sont des matériaux qui, dans certaines conditions, n'opposent aucune résistance à la circulation d'un courant électrique. D'ordinaire, cette propriété fort intéressante s'obtient en soumettant la matière à une température proche du zéro absolu (-273 °C). Toutefois, en 1986, des chercheurs américains ont découvert une classe particulière de supraconducteurs qui procurent les mêmes propriétés, mais à des températures plus élevées (à -135 °C).

«Mes collègues et moi tentons de comprendre les propriétés physiques des supraconducteurs à haute température, indique le chercheur. Même si la découverte de ces supraconducteurs remonte à 20 ans, on ne comprend toujours pas comment, d'un point de vue théorique, ce phénomène se produit. Pourquoi ces matériaux se comportent-ils comme ils le font? Nous recourons donc à des simulations sur ordinateur pour tenter de cerner ce qui se passe...»

Une participation réelle

Si de tels travaux théoriques, tant en astronomie qu'en physique des matériaux, peuvent paraître très éloignés des préoccupations des étudiants, ils offrent néanmoins l'avantage de permettre à ces derniers de prendre part à de véritables recherches scientifiques. C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques qui fait la fierté des chercheurs du département de physique de l'université Bishop.

«Dans la mesure où les étudiants le désirent, nous leur offrons la possibilité de participer réellement à nos recherches», indique M. Stephan. C'est ainsi que, chaque été, plusieurs d'entre eux contribuent activement aux recherches menées par les professeurs de physique. Leur contribution est réelle, de sorte que leur nom figure sur les comptes rendus scientifiques publiés, alors que certains étudiants prennent part à la présentation des travaux lors de colloques nationaux et internationaux. «De la sorte, rapporte M. Stephan, nos étudiants ont la chance de s'initier, durant les deux ou trois étés qu'ils passent avec nous, au monde de la recherche universitaire. Cela leur permet non seulement de voir s'ils ont ce qu'il faut pour entreprendre une carrière de chercheur, mais également de voir jusqu'à quel point cela les intéresse.»

De plus, dans le but de s'initier à la recherche en astronomie, l'université Bishop inaugurait, en septembre dernier, son propre observatoire muni d'un télescope Schmidt-Cassegrain de 25 centimètres de diamètre. «Ce télescope ne permettra pas de réaliser de véritables recherches scientifiques, avoue Lorne Nelson. C'est par contre un instrument idéal pour initier concrètement nos étudiants, ainsi que le grand public, aux observations astronomiques.» Le télescope pourrait néanmoins servir à débusquer des comètes et des astéroïdes, sinon même à repérer d'éventuelles explosions d'étoiles (des supernovas), l'un des sujets d'étude des physiciens de Bishop.

M. Nelson souligne, au passage, que son département a un réel désir de s'impliquer dans la collectivité au moyen de l'éducation populaire. Non seulement le nouvel observatoire servira-t-il à initier le grand public à l'astronomie, mais les professeurs animent régulièrement des causeries populaires. Les thèmes sont très variés: ils vont des «Voyages dans le temps et la relativité générale» à «Pourquoi Pluton n'est pas une planète».

Comme quoi la physique enseignée dans une petite université sise dans un cadre champêtre... peut en surprendre plus d'un!

Collaborateur du Devoir

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