Université de Sherbrooke - Plus de 150 ententes

Les relations internationales des universités québécoises ne datent pas d'hier, mais elles sont devenues aujourd'hui incontournables. Sans compter qu'elles se sont raffinées, comme en témoignent les plus récentes initiatives entreprises à ce sujet par l'Université de Sherbrooke.

C'est l'Agence des relations internationales de l'Université de Sherbrooke (ARIUS), créée en 2003, qui a le mandat de favoriser l'internationalisation de l'institution et d'y mettre davantage de cohérence. À ce jour, l'Université de Sherbrooke a signé plus de 150 ententes internationales avec des universités étrangères, principalement situées dans les pays européens francophones, mais de plus en plus un peu partout dans le monde.

«Il se faisait donc auparavant beaucoup de choses sur le plan international, explique Mario Laforêt, directeur de l'ARIUS, mais il n'y avait pas de lieu précis où réunir toutes ces initiatives. Il n'y avait pas de lieu de transfert.» Les ententes internationales entre universités sont rattachées soit à l'enseignement, soit à la recherche. Elles sont aussi, en règle générale, d'abord l'initiative de particuliers, professeurs ou chercheurs, qui cherchent à mettre en valeur les contacts qu'ils ont établis au fil des ans avec des professeurs ou des chercheurs étrangers.

«Cela peut être un programme conjoint qui permet la mobilité des professeurs et des étudiants, ou un centre de recherche qui veut établir une collaboration avec un laboratoire étranger. Peu importe l'initiative, l'Agence permet de soutenir et d'encadrer ces démarches.» De plus, ces initiatives de collaboration internationale, même si elles se situent dans un champ particulier — un programme en génie, par exemple — nécessitent la négociation d'une entente entre les deux institutions. «Nous aidons au montage du projet, mais nous aidons aussi à négocier l'entente entre les deux institutions.»

Les alliances stratégiques

Cette façon de procéder, c'est-à-dire de placer sous un même toit toutes les ententes internationales et de favoriser les liens entre les institutions participantes, a permis dans certains cas de pousser encore plus loin la collaboration entre les deux institutions. «Lorsqu'on se rend compte qu'on a plusieurs ententes avec une université et que celles-ci fonctionnent bien, on peut passer à la seconde étape, soit la signature d'une alliance stratégique entre les deux universités.» Cette alliance stratégique est plus large, dépasse le cadre des ententes particulières, par exemple entre facultés ou départements, et englobe l'ensemble des relations entre les institutions. De plus, elle a l'avantage de faciliter les rencontres entre les chercheurs et les professeurs des deux institutions et, par conséquent, favorise la mise en place de nouvelles ententes.

L'Université de Sherbrooke a présentement deux alliances stratégiques signées, l'une avec l'Université de Liège, l'autre avec l'Université de Montpellier. Deux autres alliances avec l'Université de Trente en Italie et avec l'Université du Nuevo León au Mexique sont en préparation. Ces alliances stratégiques visent à en mettre en place un cadre de collaboration plus étendu.

Par exemple, l'alliance stratégique avec l'Université de Montpellier a permis la signature de plusieurs ententes de mobilité des professeurs et des étudiants dans de nombreux programmes. Mais elle a aussi permis de mettre en place trois programmes intégrés de maîtrise, soit en droit international, en gestion internationale et en géomatique, sans compter six cotutelles de doctorat. De plus, les deux institutions organisent conjointement un important colloque à tous les deux ans. Le prochain se tiendra à Montpellier en 2008.

Une influence extra-muros

La signature de l'alliance stratégique entre l'Université de Montpellier et l'Université de Sherbrooke a même eu des retombées extra-universitaires. La ville de Sherbrooke et celle de Montpellier ont maintenant signé une entente d'amitié. «Lors de la mission exploratoire à Montpellier, nous étions accompagnés du maire de Sherbrooke et des représentants de la Chambre de commerce. Cela a permis d'établir des ponts entre les milieux politiques et d'affaires.»

Des ponts que l'on souhaite des deux côtés resserrer. «Nous sommes à prendre les premiers pas d'une entente qui mènerait à la mise en place d'un échange permanent entre les deux pôles, une sorte d'Entretiens Jacques Cartier, mais qui relierait Sherbrooke

et l'Estrie avec Montpellier et le Languedoc-Roussillon.»

Il y a entre les deux régions des similitudes. «Montpellier n'est pas une métropole et son université, comme la nôtre, est excentrique. Elle a dû innover et se développer ainsi une image de marque. De plus, elle s'est développé une excellence en médecine et en sciences de la santé.»

Réseaux stratégiques

Selon Mario Laforêt, les alliances stratégiques que signe l'Université de Sherbrooke avec d'autres institutions permettent la mise en place d'un réseau stratégique entre ces universités. «Le but est de développer un réseau stratégique avec des établissements ciblés et de faire en sorte que certaines ententes soient des ententes entre un réseau d'institutions.»

Certaines de ces ententes existent déjà, par exemple en géomatique, entre les universités de Sherbrooke, Montpellier et Liège. Ce type d'entente est appelé à se multiplier. «Nous n'avons pas encore signé l'alliance stratégique avec l'Université du Nuovo León et les gens de l'Université de Montpellier ont déjà signifié leur intérêt pour une collaboration à trois.»

La même chose risque de se reproduire lorsque l'alliance stratégique avec l'Université de Trente sera chose faite. D'autres alliances stratégiques sont à prévoir avec de nouvelles institutions, mais Mario Laforêt croit qu'il ne faut pas foncer tête baissée. «Il faut s'assurer d'abord que la collaboration soit naturelle.» Comment faire? «Nous profitons de l'occasion qui se produit lorsqu'un de nos professeurs est invité à prononcer une conférence ou à participer à un colloque. On lui demande de demeurer sur les lieux quelques jours de plus, de rencontrer les gens et de vérifier si une collaboration de quelque sorte est possible. Ensuite, on peut envisager la négociation d'une entente. Il faut passer par les fiançailles avant de se marier.»

De plus, il reconnaît que les réseaux stratégiques entre plusieurs institutions ont leurs limites. «Cela peut très bien fonctionner dans la mesure où le nombre d'institutions dans le réseau est restreint.» Quoi qu'il en soit, l'internationalisation de l'Université de Sherbrooke est une réalité et celle-ci s'est donné les moyens pour réussir dans ce domaine. «L'Agence permet certainement de mieux soutenir cette démarche, mais elle permet aussi de mieux l'orienter. C'est une interface entre l'institution et le monde.»

Collaborateur du Devoir

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