Polytechnique - Rayonnement informatique

Avec ses quelque 68 millions de dollars, la recherche n'est pas un vain mot à l'École polytechnique de Montréal. Ce budget considérable se traduit par 70 unités de recherche, dont 16 chaires industrielles et 25 chaires de recherche du Canada. Et un contrat d'assistance technique lie l'école montréalaise à la toute nouvelle Ahram Canadian University en Égypte.

Les technologies de l'information et des communications s'inscrivent sans conteste dans les axes de force du Québec et plus particulièrement de la région montréalaise. À l'instar de l'industrie, l'École polytechnique de Montréal a ménagé un espace de choix à l'informatique en lui consacrant deux programmes de premier cycle, l'un en génie informatique et l'autre en génie logiciel, puis des études supérieures.

Des relations étroites lient aussi les universités un peu partout dans le monde. Celles-ci se concrétisent non seulement dans le domaine de la recherche, mais également dans d'autres types de collaboration, dont des contrats d'assistance technique pour la création de nouveaux programmes. Tel a été le cas de l'Ahram Canadian University du Caire.

À l'origine du projet, une entreprise privée: «Le groupe Al-Ahram, un énorme consortium de communication à l'image un peu de Quebecor, précise Line Dubé, directrice du Bureau des relations internationales, souhaitait créer une nouvelle université et a opté pour une approche canadienne.» Des universités américaines et européennes sont déjà présentes en Égypte, alors pourquoi ce choix?

Plusieurs raisons expliquent la préférence du groupe Al-Ahram pour l'expertise canadienne, soutient Walid Madhoun, directeur de la coopération technique à l'Association des universités et collèges du Canada (AUCC): «Le bilinguisme est important, car l'Égypte a l'habitude d'intervenir dans certains pays africains et arabes qui peuvent être d'expression française, sans compter un intérêt pour la philosophie en vigueur dans notre enseignement, qui place en son centre l'étudiant et l'expérience.»

En février 2003, l'AUCC lançait par conséquent un appel d'offres pour participer à une étude de faisabilité quant à la création d'une université bilingue canadienne au Caire, étude pour laquelle Polytechnique a été retenue. «Nous avons obtenu, indique Line Dubé, le mandat de définir la structure du programme d'enseignement pour une faculté des sciences informatiques et des TIC, avant de conclure un contrat d'assistance pour sa mise en oeuvre.»

Pour satisfaire aux exigences des autres facultés à créer, l'une en journalisme et l'autre en management, la Carleton University et la McMaster University ont été respectivement sélectionnées. Il a été déterminé que quatre années d'études seraient nécessaires pour obtenir un diplôme, la première étant commune aux trois spécialités.

Programmes et professeurs

Polytechnique collabore donc au développement du programme et des cours ainsi qu'à la formation des professeurs de la nouvelle université. Le professeur Hai Hoc Hoang, du département de génie informatique, dirige six collègues à cette fin. Louise Guernon-Gauthier, conseillère senior à Polytechnique, explique leur façon de procéder: «Ils proposent dans un premier temps un cursus qu'ils ont développé ici. Puis, à la suite d'échanges entre les experts montréalais et leurs homologues égyptiens, ces derniers procèdent à des ajustements qui donneront lieu au cursus dans sa forme finale.» Le niveau et l'intensité de chaque cours correspondent à ceux en vigueur à Montréal, précise Line Dubé.

Ahram Canadian University a accueilli sa première cohorte d'étudiants. S'ils sont actuellement entre 200 et 300, la pleine capacité de l'université sera de 700 étudiants. Les cours sont diffusés pour le moment en langue anglaise, mais une approche bilingue pourrait être envisagée dans le futur. Les programmes des deux premières années sont construits et les autres sont en cours d'élaboration. Au terme de leur diplôme en sciences informatiques, certains étudiants égyptiens pourraient venir poursuivre leurs études à l'École polytechnique de Montréal.

Ils détiendront alors tous les savoirs pour entamer une maîtrise en sciences appliquées avant de se lancer en génie informatique.

Collaboratrice du Devoir

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