Statistique Canada propose sa propre méthode pour évaluer les écoles

Les palmarès continuent de faire couler de l'encre: cette fois, Statistique Canada s'en mêle, brandissant une méthodologie à «variables multiples» qui place des écoles ontariennes publiques et privées... au même rang!

«Le palmarès des écoles secondaires de L'Actualité est à prendre avec des pincettes», lance d'entrée de jeu le chercheur de Statistique Canada, Stéphane Tremblay, l'un des auteurs d'une présentation faite en mai dernier au Congrès de l'ACFAS et intitulée «Méthodologie pour le classement des écoles afin d'évaluer la performance du système scolaire».

À prendre avec des pincettes, juge-t-il, parce que son classement, conçu à partir de données associées aux résultats des élèves, fait la part belle aux écoles dont les élèves ont les meilleurs résultats, ce qui n'est pas un indice réel de la performance de l'école. Les chercheurs de Statistique Canada comparent deux méthodologies et utilisent des données ontariennes sur une cohorte de quelque 115 000 élèves de la troisième année du primaire.

Deux méthodes, deux résultats

Une méthode dite traditionnelle, basée sur les résultats des individus, démontre que les écoles privées «performent» mieux. Une autre méthode, dite à «niveaux multiples» car elle intègre quelque 25 variables (de l'usage d'une langue seconde à la participation parentale aux activités de l'école, à l'environnement de l'école, des données sur la famille et d'autres sur les résultats de chaque élève), donne aux écoles publiques et privées des courbes de performance tout à fait identiques.

«La méthodologie à niveaux multiples, ça semble exactement ce que nous avons fait cette année avec la valeur ajoutée», rétorque le chercheur Richard Marceau, qui participe à l'élaboration du Bulletin. Cette valeur ajoutée, qui en effet intègre aux résultats des élèves des variables liées à l'école et au milieu, sert à donner un indice de la performance de l'école elle-même, à l'aide d'une cote de A à D.

«Nous aurions pu faire un classement distinct avec la valeur ajoutée, mais nous croyons que ce n'est pas un outil dont les parents doivent se servir pour faire le choix d'une école, mais plutôt un outil dont l'école doit se servir», poursuit M. Marceau, qui n'avait pas lu l'étude de Statistique Canada mais plutôt un article de La Presse l'évoquant.