Université de Sherbrooke - Un premier jalon est posé vers l'aménagement du Parc Innovation

Les universités ont le vent dans les voiles: voilà que l'Université de Sherbrooke annonce la création d'un nouveau centre de technologies liant le privé à la recherche fondamentale. Non contente d'en bâtir un, elle souhaite en abriter une vingtaine, pour en faire tout un Parc Innovation.

L'Université de Sherbrooke (UdeS) a posé hier le premier jalon de son Parc Innovation, qui pourrait abriter à terme une vingtaine de centres de technologies avancées alliant recherche universitaire et investissements privés.

C'est un mariage avec l'entreprise Bombardier Produits récréatifs (BRP) qui permet à l'UdeS de construire le premier édifice de son Parc Innovation: le Centre de technologies avancées BRP-Université de Sherbrooke, qui coûtera 36 millions de dollars, sera destiné au développement, d'ici 2011, de cinq technologies de pointe nouvelles dans le domaine des véhicules récréatifs motorisés.

Si le conseil d'administration de l'université a autorisé un montant de 2,1 millions pour soutenir l'installation des infrastructures liées à ce projet, Québec verse quant à lui 8,5 millions par le truchement de son ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Ottawa ajoute pour sa part 9,9 millions par l'entremise de Développement économique du Canada. La filiale de Bombardier investira aussi 15,6 millions. Le tout a été annoncé en grande pompe hier à Sherbrooke, en présence du député de la circonscription, le premier ministre Jean Charest, de même que tous les représentants ministériels liés au dossier.

«Avec cette annonce, nous écrivons une page d'histoire, en présence de deux géants de l'innovation: l'Université de Sherbrooke et BRP, a expliqué hier le recteur de l'UdeS, Bruno-Marie Béchard. Ça fait 25 ans que le conseil d'administration de l'université a donné le feu vert à ce projet grandiose, qui répond aux nouvelles normes de développement du savoir dans un contexte de mondialisation.»

Le mariage publicisé hier prévoit que le CTA (centre de technologies avancées), une entité distincte sans but lucratif, emploiera quelque 25 membres du personnel technologique et scientifique de BRP en plus de faire appel à une vingtaine de professeurs de l'UdeS. Un conseil d'administration bipartite chapeautera le centre de recherche, qui a aussi prévu une répartition des fruits de ses activités en tenant compte de la propriété intellectuelle, chère au milieu universitaire.

«Nous avons convenu que tous les fruits des activités de recherche que Bombardier choisirait de valoriser à l'intérieur de son domaine seraient les siens, mais que tous les autres seraient la propriété de l'Université de Sherbrooke», a indiqué le recteur Béchard, qui se félicitait de cette «première». Les questions d'éthique et de gouvernance sont encadrées par les deux parties, a assuré le recteur.

Le Parc Innovation pourrait s'élargir sous peu. «D'ici cinq ans, mon objectif est qu'on y trouve une grappe de centres de recherche», précise le recteur. La bande de terrain disponible pour l'UdeS, entre les bâtiments et l'autoroute 410, pourrait en outre en accueillir une vingtaine. Même si tous les domaines d'expertise sont visés — «même l'innovation culturelle et sociale» —, c'est l'expertise de haut niveau qui devra constituer le dénominateur commun de tous ces centres.

«C'est une manière nouvelle de permettre le financement des activités universitaires par le privé, a convenu le recteur. C'est une sphère que je trouve idéale parce qu'elle respecte la mission de l'université et nous permet d'éviter les dangers qui guettent d'autres rapprochements avec le privé.»

Le recteur a affirmé en outre que cette initiative n'avait pas d'équivalent au Québec, mais qu'elle constituait un modèle particulièrement populaire en Europe. «J'espère que ça va se répandre», a indiqué Bruno-Marie Béchard.