Blocage des discussions avec les spécialistes

Il y a blocage dans les discussions entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Les pourparlers sont «ardus» et «trop lents» au goût de la Fédération, qui parlait hier de l'approche d'un point où les choses passent ou cassent. Mais plus positivement, les stages cliniques des externes de l'Université de Sherbrooke (UdeS) ont tous repris hier.

«Ça va mal», confiait-on à la FMSQ hier en fin de journée. «Malgré la volonté des deux parties d'en arriver à une entente, nous approchons un point critique. Ça n'avance pas, il y a plusieurs points qui achoppent.» Le président de la fédération, Gaétan Barrette, a ainsi évoqué la possibilité que les discussions — qui visent seulement à s'entendre sur un retour à la table de négociation — soient mises en veilleuse, sans parler pour autant officiellement de «point de rupture». Discours qui tranche avec la perception du cabinet du ministre de la Santé, où on jugeait hier «encourageant» le fait «qu'on se parle toujours».

Déjà, dans une note envoyée à ses membres dimanche, M. Barrette indiquait que les «discussions intenses» entreprises la semaine dernière et poursuivies toute la fin de semaine durant ne pouvaient être qualifiées de «satisfaisantes». Conséquence: les médecins sont appelés à «poursuivre les moyens d'action entrepris».

Tous, sauf un: les stages cliniques des externes de 3e et 4e année à l'UdeS. Sur ce point, la FMSQ a jeté du lest. Dans la même missive transmise aux spécialistes dimanche, le Dr Barrette a demandé à tous les médecins-enseignants de Sherbrooke de reprendre à compter d'hier les étudiants dont les stages avaient été suspendus le 28 novembre. La directive a été suivie. La FMSQ répond ainsi positivement pour la première fois à l'ordonnance émise le 8 décembre par le Conseil des services essentiels (CSE).

Celui-ci demandait alors aux spécialistes de ne «pas mettre en péril la diplomation» des étudiants touchés par l'arrêt de la supervision des stages dans les quatre facultés de médecine du Québec. Se faisant propre juge de ce qui constitue le point de non-retour d'une session, la FMSQ avait choisi de «gérer le péril» au cas par cas, en étirant l'élastique au maximum sans contrevenir directement au CSE. L'organisation particulière du programme d'étude de Sherbrooke, qui concentre les stages sur une plus courte période, créait à cet endroit une urgence de reprise plus pressante que dans les facultés de médecine des universités de Montréal, Laval et McGill.

Le président de la FMSQ indique d'ailleurs qu'il n'est pas question pour l'instant de reprendre les stages dans ces trois dernières universités. «Le péril devant être géré, nous fournirons sous peu un horaire détaillé permettant de faire cette gestion.»