Une réaction au bulletin de L'Actualité - L'anti-palmarès des écoles misera sur les différences plutôt que sur la performance

Photo: Jacques Nadeau

Le palmarès des écoles secondaires, dont la troisième édition sera publiée demain, présente des données inexactes et non représentatives, juge une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal, qui veut contrecarrer le phénomène en publiant des fiches analytiques qui révéleront les «différences» entre les écoles plutôt que de les défiler de la meilleure à la pire.

«Je ne veux pas étudier la performance des écoles», a expliqué hier le professeur et chercheur Jean-Guy Blais, meneur de ce projet d'étude qui devrait produire ses premiers résultats au printemps. «Je veux plutôt étudier les différences qu'il y a entre les écoles.»

Lancé au lendemain de la publication du tout premier Bulletin des écoles secondaires du Québec, en 2000, ce projet est une réaction pure à la méthodologie et aux résultats liés au palmarès de L'Actualité. L'Institut économique de Montréal, de concert avec l'Institut Fraser, produit chaque année une liste des écoles secondaires, privées et publiques confondues, en les cotant de 1 à 10 en fonction des résultats moyens des écoles aux épreuves uniques imposées par le ministère de l'Éducation.

«Les résultats présentés par le palmarès ne sont pas adéquats, notamment parce qu'ils attribuent la performance d'une école à une seule épreuve de trois heures!», explique M. Blais.

Le projet de recherche que concocte l'Université de Montréal en réaction au Palmarès des écoles secondaires n'aura rien d'un classement, promettent ses promoteurs, qui sont soutenus à la fois par la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) et par la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP). Si les regroupements d'écoles et les chercheurs affirment être menés par un désir d'information plus juste à transmettre aux parents à propos des écoles, les intentions de recherche dévoilées hier n'ont pas fourni un éclairage très précis sur le type de résultats que les parents pourront consulter en sus du palmarès.

Plutôt que d'utiliser les moyennes des écoles aux épreuves uniques, on promet de compiler plutôt les résultats des élèves aux épreuves entre 1994 et 2002, ce qui les obligera à jongler avec 600 000 données différentes! L'évaluation du ministère à ces épreuves sera mise en corrélation avec celle fournie par l'école pour les mêmes examens.

Les chercheurs souhaitent aussi «tenter d'isoler» la variable de sélection des écoles et utiliser des variables comme le secteur socioéconomique, le taux de rétention, la taille de l'école, le fonctionnement de l'école ou le revenu des parents. Des fiches analytiques «pas nécessairement nominatives» seront produites pour chaque établissement, et on évitera ainsi de comparer des écoles aux réalités différentes.

«Je suis assez sceptique quant aux résultats du palmarès [de L'Actualité]», précise Jean-Guy Blais, spécialiste des mesures en évaluation, qui affirme «prendre personnel» la publication à grande échelle de résultats non valides. «Notre objectif n'est pas de publier un outil qui permettra de faire le choix d'une école mais bien de donner de l'information aux parents sur l'école de leur choix», a ajouté le chercheur.