L'argent promis aux universités ne peut pas être versé

Les universités tardent à s'entendre sur la façon de diviser l'argent promis en août dernier par le ministère de l'Éducation pour répondre à leurs grands besoins.

Le ministre Jean-Marc Fournier s'est permis hier une allusion à la lenteur des travaux du côté des argentiers des universités du Québec. Il était interpellé devant la Commission de l'éducation à propos de la distribution des 320 millions de dollars promis cet été aux collèges et aux universités. «Je vous annonce qu'avec les collèges, nous sommes excessivement bien avancés», a répondu le ministre au député péquiste Camil Bouchard. «C'est un petit peu plus long avec les universités. On souhaite néanmoins que ça puisse aller de la même façon et qu'on puisse avoir une proposition qui vienne de l'ensemble du milieu universitaire.»

Selon nos informations, le partage des 240 millions promis aux universités d'ici 2009 divise les recteurs. Invitées par le ministère de l'Éducation à mettre en application une nouvelle politique de financement qui respecte le poids des disciplines dans les établissements, certaines craignent d'y perdre au change.

«Je sais que quand on est dans un état de déficit ou de pauvreté, lorsqu'il y a un os qui tombe sur la table, tout le monde veut sa part de la ration et, quelque part, c'est inévitable qu'il puisse y avoir des tensions entre les universités à ce sujet-là», affirmait cette semaine Camil Bouchard devant la même Commission de l'éducation alors que l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue y défilait.

Puisqu'elles affirment toutes avoir d'imposants besoins financiers et que la cagnotte promise ne pourra pas faire que des heureux, les universités n'arrivent pas au consensus si cher au ministre de l'Éducation. Ce faisant, elles retardent le versement du premier chèque. «On est conscients que les besoins sont grands», a expliqué Jean-Marc Fournier. «Il faut s'assurer que l'argent tombe à la bonne place.»

La nouvelle politique de financement — sur laquelle le ministère s'échine avec les établissements depuis 2000! — avantagerait les grandes universités de recherche au détriment des institutions misant davantage sur les sciences humaines. Les constituantes du réseau de l'Université du Québec ont en outre fait savoir qu'elles désiraient conserver leur part du gâteau pour assurer leur mission particulière, intimement liée à l'accessibilité.

Le montage financier annoncé cet été assure aussi aux collèges 80 millions de dollars pour les trois prochaines années. Comme l'indiquait le ministre hier, la tâche est presque ficelée de leur côté. Les 48 cégeps sont arrivés à une proposition commune de partage des ressources qui a été soumise au MELS, a indiqué hier la directrice des communications de la Fédération des cégeps, Caroline Tessier. «Le dossier est très très avancé», a-t-elle affirmé.