L'éducation pour contrer la pauvreté

Québec — Le moyen le plus efficace de lutter contre la pauvreté est d'investir dans l'éducation, estiment les commissions scolaires du Québec.

«En investissant davantage dans l'éducation, l'État réduit ses autres dépenses sociales et permet à un pourcentage accru de la population de sortir du cercle vicieux de la pauvreté», a déclaré hier le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), André Caron, devant la commission parlementaire qui étudie le dossier de la pauvreté.

Les députés sont actuellement saisis du projet de loi 112 qui vise à lutter contre la pauvreté au Québec.

La Fédération a calculé que, dans les six pays qui dépensent le plus en matière d'éducation, le taux de chômage est le plus bas.

Ces pays sont le Danemark, la Corée, la Norvège, l'Islande, la Suède et les États-Unis. Ces six États ont un taux global de chômage de 4,1 pour cent et, chez les jeunes, un taux de chômage de 8,8 pour cent.

Mais, dans les six pays de l'OCDE qui dépensent le moins par habitant pour l'éducation, le taux de chômage global atteint 6,2 pour cent et, chez les jeunes, grimpe jusqu'à 11,8 pour cent.

Ces six pays où la proportion du produit intérieur brut consacrée à l'enseignement est la plus faible sont la Turquie, les Pays-Bas, la République tchèque, le Japon, l'Irlande et le Mexique.

«Ces données montrent que plus un pays investit en éducation, moins il aura à dépenser en assurance-emploi ou en aide sociale», mentionne le document des commissions scolaires.

Le Québec représente toutefois un cas particulier. Il consacre une proportion élevée de ses ressources financières en éducation, mais le chômage y est plus élevé qu'ailleurs.

Toutefois, on fait remarquer à cet égard que, au Québec, la population est dispersée sur un très large territoire et connaît une décroissance démographique majeure. Ces deux points occasionnent des coûts plus élevés pour une même qualité dans les services éducatifs.

La Fédération des commissions scolaires note également que la priorité que le Québec a su donner à l'éducation depuis le début de la Révolution tranquille, dans les années 1960, lui a permis de bien se positionner dans la nouvelle économie du savoir qui caractérise le XXIe siècle.

Pour sa part, un regroupement de fédérations étudiantes a déploré la pauvreté financière des étudiants et les lacunes dans le secteur des prêts et des bourses.

«L'étudiant moyen au baccalauréat ne reçoit qu'un maigre 84 $ par semaine pour se loger et se nourrir, et l'aide financière aux études ne correspond pas au coût réel de la vie», mentionne le mémoire de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

C'est pourquoi la FEUQ et son alliée du secteur collégial, la Fédération étudiante collégiale, réclament des mesures urgentes pour favoriser un meilleur accès aux études supérieures, notamment par une redéfinition des dépenses en fonction des besoins réels des étudiants.