Le mystère plane sur la suspension de Nick Primiano - Le directeur de FACE écarté de l'école

Des centaines d’élèves de l’école FACE ont manifesté hier leur mécontentement à propos de la suspension de leur directeur, Nick Primiano, qui demeure inexpliquée.
Photo: Jacques Nadeau Des centaines d’élèves de l’école FACE ont manifesté hier leur mécontentement à propos de la suspension de leur directeur, Nick Primiano, qui demeure inexpliquée.

L'école primaire et secondaire FACE se retrouve au coeur d'un tumulte inhabituel: son directeur a été suspendu cette semaine pour des raisons inconnues, laissant derrière lui des centaines d'enfants mécontents.

Le directeur de l'école FACE, Nick Primiano, a été suspendu cette semaine de ses fonctions par la Commission scolaire de Montréal, qui mène actuellement une enquête administrative à son sujet. Le départ de ce directeur, associé à l'école depuis plus d'une dizaine d'années, a soulevé un mouvement spontané de sympathie chez les élèves, qui ont réclamé des explications hier.

Le mystère le plus entier entoure les raisons de cette suspension, confirmée par la CSDM hier matin. «M. Primiano a été retiré de ses fonctions avec solde, le temps que nous menions une enquête administrative», a indiqué le porte-parole de l'organisation, Sylvain Arsenault. «Il n'y a aucun lien à faire avec le départ de M. Primiano et des problèmes de gestion financière. Je peux démentir cette information qui circule, mais pour le reste, nous ne ferons aucun commentaire.»

En l'absence du directeur, suspendu au début de la semaine, c'est la directrice adjointe Christine Besson qui a pris les rênes de façon intérimaire. Toutes les questions posées au sujet des raisons possibles entourant ce départ ont mené au même «pas de commentaire» laconique. Impossible de savoir si des récriminations formulées par des parents ou par des élèves, voire l'étendue de l'investigation à d'autres organisations, seraient à l'origine de cette suspension exceptionnelle.

Un choc

La nouvelle a toutefois eu l'effet d'une bombe à l'école FACE, des centaines d'élèves ayant manifesté en matinée et sur l'heure du dîner hier pour réclamer des explications. «We love Primiano», affichait une banderole conçue spontanément par les élèves. «Sans notre directeur, FACE n'est rien», affirmait une autre.

Cette école, située au centre-ville de Montréal, accueille 1500 élèves de la maternelle à la cinquième secondaire. La vocation artistique de l'établissement a littéralement gonflé sa popularité ces dernières années et, désormais, les séances d'inscription mènent des parents à camper quelques nuits devant l'école pour s'assurer d'avoir une place.

Cet engouement s'étend jusqu'au directeur, si on en croit les élèves, de toute évidence troublés par ce départ inexpliqué. «On est ici parce qu'il y a des rumeurs qui courent sur le fait que notre directeur adoré, Nick Primiano, a été renvoyé», a indiqué un élève interrogé à la radio de Radio-Canada. «On est ici pour avoir des explications.»

«Super directeur», «Presque un papa pour nous», «Génial», «Vive Primiano!»: les commentaires entendus hier convergeaient tous vers un soutien au directeur, qui dirige les deux volets de l'école (anglophone et francophone, primaire et secondaire) depuis plus d'une dizaine d'années. Dans les corridors, des affiches fabriquées par les enfants réclamaient son retour.

L'absence d'explications a toutefois emballé la machine à rumeurs, la majorité tendant vers des explications d'ordre financier (déficit de l'école, dépenses exagérées, mauvaise gestion). Cette hypothèse a toutefois été démentie par la CSDM.

Le sac d'école des élèves comportait hier une note laconique informant les parents de l'absence de M. Primiano et de la succession intérimaire de la directrice adjointe.

L'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire (AMDES) n'a pas souhaité commenter cette affaire. «C'est sous enquête interne, je ne peux rien dire», a indiqué son président, Gaétan Neault. «Mais nous allons le représenter, le conseiller et le soutenir du mieux que nous le pouvons», a-t-il ajouté.

Le syndicat des professeurs (l'Alliance des professeurs de Montréal) n'avait elle non plus rien à formuler sur cette situation d'exception, hormis le fait qu'aucune plainte provenant d'un enseignant n'avait été formulée à propos du directeur. La CSDM poursuit son enquête mais n'a pas indiqué quand elle pourrait être en mesure d'annoncer une décision finale.