Supermarché-école - L'Université Laval hésite à aller de l'avant

Après la détermination, l'hésitation. L'Université Laval a décidé de marquer une pause dans le processus d'implantation d'un supermarché-école sur son campus. L'établissement scolaire souhaite en effet effectuer des «vérifications additionnelles» sur la candidature retenue par le comité d'évaluation pour la construction de ce Centre de formation et de recherche en alimentation (CFRA), a indiqué hier par voie de communiqué le bureau du vice-recteur à l'administration et aux finances.

L'identité de la bannière choisie tout comme la nature des vérifications n'ont pas été dévoilées. Initialement prévue aujourd'hui, la présentation du projet de réalisation du CFRA au conseil d'administration de l'université a, dans ce contexte, été remise à «une date indéterminée», a précisé Richard Fournier, porte-parole de l'université.

Rappelons que fin août, Sobeys, Metro et Provigo ont posé leur candidature pour réaliser ce CFRA qui doit comprendre une épicerie-école. Concept unique au Canada, ce commerce doit permettre aux étudiants d'effectuer de multiples recherches en observant, entre autres, le comportement des consommateurs in situ. Sur les planches à dessin de l'université depuis trois ans, le projet s'accompagne également d'une chaire de recherche devant en partie être financée par les profits générés par le supermarché.

Qualifié par la Confédération des associations d'étudiants de l'Université Laval (CADEUL) «d'intrusion du privé dans le milieu académique», l'idée d'un supermarché-école sème actuellement la controverse au sein de l'établissement. Révélé par une fuite, le projet devait à l'origine être piloté uniquement par IGA (Sobeys). Devant le tollé suscité par cette décision, la direction de l'université a décidé de revoir les règles du jeu en interpellant tous les distributeurs alimentaires. Elle a aussi mis en place un comité d'experts, dont fait partie l'ancien maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, pour évaluer leurs projets.