Foi et éducation - Le créationnisme se répand au Québec

«Jésus est parti de Jérusalem pour aller à Bethléem à dos d’âne à telle vitesse; combien de jours Jésus a-t-il pris pour se rendre?»
Photo: Agence Reuters «Jésus est parti de Jérusalem pour aller à Bethléem à dos d’âne à telle vitesse; combien de jours Jésus a-t-il pris pour se rendre?»

Le public a découvert récemment que des centaines de juifs hassidiques fréquentaient une école non reconnue par le ministère de l'Éducation. Le Devoir s'est demandé si on retrouvait la même situation dans d'autres communautés ethno-religieuses. Or, Marie-France Boulay, porte-parole du ministère, est formelle: «À notre connaissance, il n'y a pas de tels établissements dans les communautés musulmanes, grecques, arméniennes ou égyptiennes. Aucun signalement n'a été donné à cet effet.» Le Devoir a toutefois découvert que certaines écoles privées de confession chrétienne, malgré le fait qu'elles soient reconnues par le ministère, ne respectent pas le régime pédagogique.

L'enseignement primaire et secondaire dispensé à l'école chrétienne Emmanuel, un établissement accrédité par le MEQ, est particulièrement teinté de religion. «L'école chrétienne Emmanuel veut refléter la vérité chrétienne dans toutes les sphères de l'apprentissage et intégrer une perspective biblique à l'enseignement de toutes les matières», peut-on lire dans le site Internet de l'institution.

Son directeur, M. Bauer, a confirmé en entrevue au Devoir que la théorie de l'évolution n'y est pas enseignée. «Seulement la création», a-t-il dit. Or, selon Marie-France Boulay, «la théorie de l'évolution fait partie des éléments prescrits par le programme du ministère. Elle doit être abordée non pas comme étant la vérité absolue, mais comme une des théories qui ont été explorées à travers le temps.»

Après que Le Devoir ait fait part au ministère des affirmations de M. Bauer, une enquête a été ouverte par le Conseil de l'enseignement privé du Québec. «Si l'établissement déroge du programme, il peut y avoir des procédures légales entreprises, comme une mise en demeure ou une révocation du permis», explique la porte-parole du ministère.

Un programme « évangélique » américain implanté au Québec

Le Devoir a aussi informé le ministère que plusieurs parents qui enseignent à la maison se basent sur le programme «School of Tomorrow», un enseignement qui n'est pas reconnu par le régime pédagogique québécois. Ce programme, basé sur la méthode américaine «Accelerated Christian Education (ACE)», est présent dans 130 pays et a soulevé la controverse à maintes reprises pour son approche misogyne, traditionaliste et doctrinaire.

L'enseignement est exclusivement donné à l'aide de fascicules conçus à la maison mère au Texas, et l'élève est presque entièrement laissé à lui-même dans ses apprentissages.

Jean-Marie Payant était le directeur de l'Académie chrétienne évangélique avant qu'elle ne ferme ses portes. Aujourd'hui, il encadre les parents qui désirent enseigner à la maison avec le programme «School of Tomorrow».

Bien que la théorie de l'évolution y soit enseignée, les fascicules du programme ACE sont à saveur biblique. «Au lieu de dire "Léo a mangé", explique M. Payant, on va dire "Jésus

a donné à manger aux dis- ciples". En mathématiques, ça va toujours être des mathématiques, poursuit-il, sauf qu'a lieu d'être "Pierre s'en va à Rimouski en vélo à telle vitesse; à quelle heure Pierre sera-t-il à Rimouski?", on va dire "Jésus est parti de Jérusalem pour aller à Bethléem à dos d'âne à telle vitesse; combien de jours Jésus a-t-il pris pour se rendre?".»

Lucie Payant, qui guide elle aussi des parents qui veulent utiliser le programme ACE, affirme qu'elle avait 160 élèves l'an passé et que cet automne, les inscriptions rentrent à plein régime. D'après Jean-Marie Payant, ce programme est approuvé par le MEQ, «sinon on ne pourrait pas dispenser ce "curriculum"» explique-t-il. Pourtant, l'académie chrétienne Rive-Nord, qui prodiguait cet enseignement jusqu'en 1998, a dû changer son programme quand elle a demandé son accréditation au ministère.

Des commissions scolaires permissives ?

Interrogée à ce sujet, Mme Boulay a affirmé que le ministère n'avait aucune information sur ces deux individus. Le ministère n'a qu'un regard restreint sur l'enseignement qui est dispensé à domicile. «Pour enseigner à la maison, explique Marie-France Boulay, il faut avoir une dérogation. Il doit y avoir une évaluation par la commission scolaire, à savoir si le parent est en mesure de dispenser un enseignement de qualité correspondant à celui qui est donné dans un établissement scolaire.»

Les Payant n'ont en effet aucun contact direct avec le ministère ou les commissions scolaires auxquelles leurs élèves sont rattachés. «Ce sont les parents qui font affaire avec leur commission scolaire, explique Lucie Payant. On envoie un bulletin aux parents et à la commission scolaire deux fois par année.»

Aujourd'hui, l'académie chrétienne Rive-Nord est un établissement d'enseignement reconnu par le MEQ. «En français, ça peut arriver à l'occasion qu'on prenne certains textes bibliques pour faire de l'analyse grammaticale. Mais le matériel qu'on utilise est celui approuvé par le ministère de l'Éducation», explique le directeur de l'établissement, Éric Lanthier.

«On est tenus d'enseigner la théorie de l'évolution, poursuit

M. Lanthier. Ce qu'on enseigne c'est que cette théorie est expliquée par les scientifiques comme quelque chose qu'on devrait croire, alors que nous, on la présente plutôt comme étant une théorie parmi tant d'autres. On a des invités qui viennent enseigner la théorie du créationnisme et qui démontrent qu'il y a des raisons scientifiques d'y croire...»

L'enseignement religieux peut être prodigué par toute école privée dans la mesure où le programme régulier est respecté. «Dans les écoles musulmanes, par exemple, le régime pédagogique est suivi, explique Mme Boulay, sauf qu'au-delà des 25 heures par semaine, des heures supplémentaires sont réservées à l'enseignement de l'arabe ou de l'islam.»

Selon Marie McAndrew, titulaire de la chaire en relations ethniques et professeure à la faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal, «le gouvernement ne peut pas empêcher les parents d'envoyer leurs enfants à l'école de leur choix, mais il doit protéger les droits des enfants. C'est comme une garde partagée!».

Interrogée au sujet de l'enseignement donné aux juifs hassidiques, elle explique que «l'enfant doit connaître ce qui existe à l'extérieur de sa religion et savoir qu'il peut en sortir». Reste à savoir si un enfant baignant dans un apprentissage exclusivement centré sur la Bible peut s'ouvrir à d'autres perspectives...

Collaboratrice du Devoir
5 commentaires
  • Louise Lavoie - Inscrite 25 septembre 2006 06 h 10

    Mon opinion devant l'écrit de Mme Luissier

    En réponse à Mme Judith Lussier
    Sujet Foi et éducation. -le créationniste se répand au Québec
    Des fascicules fabriqués au Texas donnés en guise de « manuel » à de jeunes Québécois.
    Édition du Samedi 23 septembre et dimanche 24 septembre 2006

    Mme Lussier,permettez-moi de vous interpeller suite à votre commentaire, sa lecture m'a fait sursauter ne comprenant pas trop le ton de votre édito, excusez l'expression je le trouve teinté de mélodrame, tout comme si il y avait une histoire d'horreur à vouloir que des parents veulent prendre en charge l'éducation chrétienne de leurs enfants a mon avis personnel; vouloir enseigner ses propres enfants, c'est louable ne pensez-vous pas? Surtout lorsque l'on constate tout ce qui se passe autour de nous, avec beaucoup de consternation et de tristesse.

    Nos jeunes n'ont plus de bornes, ni de modèles ils sont laissés à eux -mêmes. Vous rapporter des propos pris, sur internet se rapportant à l'école chrétienne Emmanuel, il n'y a rien à dire contre une école qui veut transmettre ses valeurs. Ne devrions-nous pas au contraire dire bravo On gagnerait beaucoup plus à encourager les personnes, qui travaillent à construire par de l'investissement dans la vie des nos jeunes. Ils ont besoin de nous. Je suggérerait plutôt de visiter plusieurs sites internet, où nos jeunes sont sollicités a des choses horribles et de cela on n'en parle pas beaucoup. On passe sous silence. Jusqu'à un autre drame peut-être?

    Je vous pose une question d'actualité pour aujourd'hui ; croyez-vous que d'avoir enlever Dieu des écoles a été une bonne solution ? Est-ce que des drames comme nous avons vécus au Collège Dawson la semaine passé, ne nous interpelle pas comme société? Pourquoi refusons-nous de voir qu'il y a un grave problème .Mon coeur a été brisé devant toute cette détresse humaine très palpable, les besoins étaient grands, et sont encore grands, il serait plutôt temps, de nous arrêter pour réfléchir, avant qu'il ne soit trop tard..

    Si nous regardons la nature, s'étendre à perte de vue sous nos yeux ,dans toute sa beauté, le ciel si bleu, ou le soir nous ns émerveillons devant un beau coucher de soleil, la majesté des montagnes leurs étendues, les lacs, les rivières , l'impétuosité des vents. A moins d'être aveugles, nous ne pouvons nier, que nous avons un Dieu créateur. Il a créé toutes choses par Sa parole toute-puissante. Pourquoi vouloir cacher ces choses qui sont visibles à l'oeil nu aux enfants.? N'avons -nous pas tous les même droits Mme Lussier?

    Je fais ressortir des expressions employées par vous ,au début de votre texte, comme celle-ci par exemple : le premier sous -titre Des fascicules fabriqués au Texas donnés en guise de « manuels » à de jeunes Québécois, le public à découvert récemment que des centaines de Juifs.je vous laisse le soin de continuer » Ou « aucun signalement n'a été donné à cet effet » Je m'empresse de vous dire, qu' Il y des choses ou des évènements beaucoup plus graves ,qu'on se doit de signaler Je crois qu'il serait bon d'apprendre à connaître les personnes avant de sauter a des conclusions hâtives qui laissent planer le doute sur la crédibilité des institutions, qui désirent le bien-êtres de leurs jeunes. Je vous ai partager mes préoccupations avec tout mon respect étant beaucoup concernée par les jeunes et leur avenir. Il est bon de leur faire connaître qu'il y a de l'espoir et qu'ils peuvent découvrir un sens véritable à leur vie en la Personne de Jésus-Christ .
    Bien à vous! Louise Lavoie

  • Bruno Déry - Inscrit 26 septembre 2006 00 h 17

    Liberté privée - Privé de liberté

    Liberté privée - Privé de liberté

    Après avoir sorti la religion des écoles publiques, maintenant on reproche aux parents de poursuivre l'éducation religieuse de leurs propres enfants chez eux, en privé.

    Si l'on voulait une démarche ouverte dans la transmission des connaissances, y compris des connaissances religieuses, on n'avait qu'à ne pas sortie la religion des écoles publiques.

    L'intolérance laïciste qui exige le silence de ceux qui ne pensent pas comme selon l'idéologie utopique pseudoneutralité, qui brime la liberté fondamentale d'expression, ne fait que conduire les gens à s'enfermer dans des ghettos pour aller y crier.

    Hier l'intolérance sociale sur fond d'identité chrétienne, aujourd'hui l'intolérance sociale sur fond d'identité pseudoneutraliste laïciste. Vive la Révolution tranquille identitaire. Dommage pour la Révolution tranquille qui devait libérer.

    La liberté de pensée en privé c'est d'être privée de liberté.

  • carlos villar - Inscrit 26 septembre 2006 23 h 26

    Profondément insatisfait

    Il y a 4 ans mes deux filles mon conjoint et j'arrivons à Québec, avec l'ilucion de vivre en paix , S'il vous plaît ils excusent ma lettre, je n'écris pas beaucoup français.

    Ma fille plus grande , étudie sa première année de secondaire dans le mont-de-la-salle,ses professeurs sont de bons professeurs et personnes excellentes ,mais j'ai pu constater que là il est difficile d'instruire aux jeunes de laval ,le manque de bonne conduite morale, provoquée par le manque d'un enseignement avec la crainte à Dieu, à nos jeunes dans une situation très mauvais,deux fois à ma fille ont été menacées de décès par enfants de 12 et 13 années s'il prenait de nouveau son autobus, seulement parce que c'est peut-être un émigrant hispanique plus ou peut-être parce qu'il ne fumait pas cigarette comme ils ou non pratique le sexe maintenant comme ils, ou on n'accrochait pas un pirce dans la bouche, ou se on change de les couleur les cheveux avec rouge ou bleu comme ils.
    a été volé son cellulaire de l'armoire avec cadenas, seulement à trois mois de commencer la période scolaire, sa lettre d'autobus a été aussi volée deux fois et plusieurs enfants ont essayé de la toucher,jamais personne dans l'école ne parle pas de Dieu, jamais personne là ne rappelle qu'il y a un Dieu ils aquien craindre et aimer,je suis un pastour de la Communauté latine ici dans laval, ma fille étudie aujourd'hui dans le collège chrétien de la river nord ,beaucoup plus long que notre maison, il faut payer pour cet enseignement privé, mais sommes maintenant tranquilles et sûrs qui notre fille apprend de l'enseignement éducatif de première classe, avec des personnes qui aiment à Dieu et elles enseignent à être une meilleure personne utile à cette société , à respecter les lois humaines et la morale d'une personne croyante,il est par, sa note éditoriale que je écris, par lesquel je ne comprends pas quel est son but en écrivant ceci, quel société vous voulez par celle qui que tu nies à DIEU et il fume mariguana dans les rues, celle qu'il rend malade et celle que les jeunes on va de leurs maisons depuis de 16 ans a exiger au gouvernement, aide social économique pour vivre seuls , celle qui oublie qu'il y a des espoirs, ici je montre un chemin à un plus excellent JÉSUS-CHRIST FILS de DIEU.
    carlos villar
    www.radionetcanada.com

  • Marie-France Legault - Inscrit 7 octobre 2006 11 h 09

    le nouveau

    Monsieur Villar, tout ce que vous déplorez est la suite logique d'une absence de valeurs, de FOI en DIEU. Lorsqu'il y a un "vide" tel que vous le soulignez, il faut le remplir d'une façon ou de l'autre. Car l'être humain a en lui, un besoin de divin, de transcendance naturel. Même les tribus éloignées de l'Amazone sentent le besoin de se rattacher à quelque chose...

    Alors s'il n'y a plus de DIEU,il n'y a plus de valeurs, donc c'est le MOI qui prend toute la place. Si je désire le bien de l'autre, je le prends, si je désire le corps de l'autre je le prends, si je désire la mort de l'autre, je le tue...si je désire l'argent de l'autre, je le vole...y a rien là! comme disent certains québécois. Tout est dans le neutre, rien n'est mal, rien n'est bien. Il n'y a que des actions sans connotation morale. ET vive la liberté!

  • silva rehel - Inscrit 22 mars 2007 13 h 11

    Foi et éducation- Le créationnisme se répend au Québec

    Est-ce qu'ont donne à un enfant son droit... d' accroître sa foi envers Jésus-Christ à l'école publique baignant seulement dans un milieu éducatif sans droit de mention de Jésus-Christ? Réponse: non. Alors peut-il être ouvert à la perspective que Jésus est son Sauveur et que Dieu le Père a orchestré lui même notre pardon et notre ré-unification avec lui, grace à l' obéissance de Jésus si ont ne lui donne jamais cette perspective? Non. Les médias, le gouvernement,etc... aux valeurs qui change comme bon leurs semble, ou par opinion populaire, non certainement pas fait en sorte que nos enfants ce sont améliorer du côté humain et d'aimer son voisin comme il aimerais être aimer. Jésus lui le fait quotidiennement grace à des êtres humain comme nous qui nage contre le courant de l'opinion populaire ou la dernière tendance. voir Luke 18:16