L'école internationale propose des parcours exigeants et enrichissants

Les élèves ont le choix de s’inscrire ou non dans un cheminement international au secondaire.
Photo: Jacques Grenier Les élèves ont le choix de s’inscrire ou non dans un cheminement international au secondaire.

L'Organisation du baccalauréat international (IBO) gère trois programmes pédagogiques qui couvrent la totalité du parcours scolaire, du préscolaire jusqu'à l'université. Au départ, ils étaient spécifiquement destinés à des enfants appelés à vivre constamment à l'étranger pour les préparer à des études universitaires. Au Québec, ces «curriculum» viennent s'ajouter aux exigences nationales du ministère en matière d'éducation.

L'IBO propose trois parcours pédagogiques formulés selon l'âge des élèves. Le programme primaire (PP) est destiné à des enfants âgés de trois à 12 ans. Il se concentre sur le développement complet de l'enfant non seulement en classe, mais aussi dans le monde en général.

Le programme de premier cycle secondaire (PPCS) ou programme d'éducation internationale s'adresse à des élèves âgés de 11 à 16 ans. En intégrant et en transcendant les disciplines scolaires traditionnelles, celui-ci fournit aux élèves des défis pédagogiques et leur procure les compétences nécessaires à la vie quotidienne.

Le programme du diplôme collégial s'applique chez des jeunes de 16 à 19 ans. Réparti sur deux ans, ce parcours d'études ardu satisfait aux besoins d'étudiants motivés et conduit à l'obtention d'un diplôme reconnu par les universités les plus prestigieuses à travers le monde.

La Société des établissements du baccalauréat international (SEBIQ) laisse savoir de son côté qu'aucun de ces programmes ne constitue un préalable essentiel pour l'étape suivante. L'élève choisit de suivre une telle voie au moment que lui et les siens jugent opportun.

Son directeur général, Louis Bouchard, pose cette prémisse au sujet des programmes: «L'éducation, c'est quand même un instrument politique, et il n'y a pas d'autorité en cette matière qui va abandonner ses prérogatives et laisser à une organisation internationale quelle qu'elle soit le soin d'établir des programmes au primaire et au secondaire. Donc, ces programmes de l'Organisation du bac international composent toujours avec les exigences nationales au primaire et au secondaire.»

Un primaire démocratique

Il dégage une réalité inhérente au primaire: «C'est beaucoup plus une approche ou une méthode pédagogique plutôt qu'un contenu.»

De plus, il est requis de donner le programme à tout le monde dans les établissements primaires, d'où la nécessité de dégager un consensus général avant de conférer une vocation internationale à l'un de ceux-ci, comme il le souligne: «On est en présence de la réalité que sont les écoles de quartier. Si l'une de celles-ci veut offrir le programme international, il faut que le consensus soit très large parce que tous les parents des enfants du quartier, qui ont le droit strict de fréquenter cette école-là, doivent donner leur accord.»

Un certificat émis en fin de secondaire

De là, il passe au secondaire: «À ce niveau, on a des contenus relativement précis en vue de la cinquième secondaire. Ce sont des objectifs fixés pour cette année-là et toutes les étapes antérieures sont à construire par l'établissement; ce sont les marches qui mèneront vers ce palier. Il y a vraiment une liberté accordée sur ce plan aux écoles et un très grand respect envers les exigences nationales imposées par chacune des autorités locales.»

Les élèves ont le choix de s'inscrire ou non dans un cheminement international au secondaire, comme il l'explique: «En théorie, parce que les contenus sont essentiellement nationaux, le programme devrait être offert à tout le monde et il peut l'être; effectivement, il l'est dans quatre endroits publics qui choisissent leurs élèves.»

Voyons le portrait dans les autres écoles du Québec: «Selon la taille de l'établissement, le nombre de groupes à l'international varie, et ce pour des raisons culturelles. En effet, les établissements publics ont été les premiers à se lancer dans le bac international, et c'était là un bon argument pour soutenir la concurrence de l'école privée. Voilà pourquoi ils ont donné au programme des caractères d'enrichissement. Par conséquent, dans la plupart des cas au Québec, que ce soit dans le privé ou le public, le programme est disponible pour des gens qui le choisissent et qui, sans être super doués, ont un attrait pour les études, ou tout au moins de la motivation.»

Toutefois, la SEBIQ porte le message que véhicule l'IBO sur le caractère universel du programme, bien que les décisions à cet égard appartiennent au milieu.

À la fin du secondaire, l'IBO remet un certificat qui n'est pas obligatoire mais optionnel, comme l'indique M. Bouchard: «Le programme du secondaire a véritablement pris naissance en bonne partie au Québec. C'est ici que les gens se sont montrés les plus accueillants il y a 15 ou 20 ans. C'est ici que le terreau s'est montré le plus fertile et que cela a poussé le plus rapidement. Comme chez nous, le secondaire est une étape qui est couronnée par un diplôme, ce sont les écoles du Québec qui ont demandé à l'Organisation, au moment où a été mis en place le programme appelé sur le terrain "programme d'éducation internationale", qu'il y ait une sorte de reconnaissance sous la forme d'un certificat au terme de la cinquième secondaire.»

Un diplôme collégial reconnu par le ministère

Professeur et coordonnateur du programme international au collège François-Xavier-Garneau de Québec, Pierre Vachon préside aussi la table de concertation du collégial à la SEBIQ. Il cerne l'élément essentiel du programme conduisant à l'obtention du diplôme du baccalauréat international (BI) préuniversitaire: «Il met davantage l'emphase sur la formation fondamentale de l'élève, qui est axée sur une meilleure maîtrise des langues, sur l'acquisition de méthodes de travail plus performantes et sur des cours de philosophie différents de ceux du régulier. On essaie de doter l'étudiant de plus d'autonomie afin qu'il soit mieux préparé à des études universitaires.»

Depuis 1993, le ministère de l'Éducation reconnaît le diplôme du baccalauréat comme l'équivalent du diplôme d'études collégiales (DEC); les étudiants ne sont plus obligés de répondre aux exigences des deux programmes en parallèle et ils reçoivent leur DEC à condition de passer avec succès l'épreuve unique de français.

Un exemple est donné pour illustrer la situation: «Les étudiants en sciences humaines inscrits au régulier doivent suivre des cours obligatoires; ceux du BI qui suivent le même parcours ne sont pas tenus de le faire. Ils font leurs cours du baccalauréat international et ils étudient six disciplines (français, anglais, philo, maths, histoire et système de l'environnement) pendant les quatre sessions ou les deux ans du programme, au terme de quoi ils passent des examens internationaux dans chacune des matières pour obtenir leur bac. Ceux-ci sont préparés et évalués à l'extérieur du collège par des spécialistes de l'Organisation.»

Pendant ces deux mêmes années, l'étudiant est tenu de conduire une recherche individuelle comportant un maximum de 4000 mots sur un sujet et dans une discipline de son choix. Le professeur précise: «Le collège lui trouve un superviseur qui l'encadre, mais il doit produire un travail individuel. Il va de soi que le jeune qui passe à travers son mémoire de recherche acquiert de meilleures méthodes de travail. Il se livre à tout le processus de la recherche, à partir d'une idée qu'il a dans la tête jusqu'au produit fini, ce qui s'avère précieux pour des études universitaires.»

Collaborateur du Devoir