L'Université Laval a finalement un nouveau recteur

Élection facile, sans heurt ni embûche, conclue dès le premier tour de scrutin: une seconde course au rectorat en neuf mois s'est achevée hier pour l'Université Laval qui a — enfin — élu hier un nouveau recteur, en désignant le spécialiste du béton et doyen de la Faculté des sciences et génie, Michel Pigeon.

Le collège électoral lui a consenti 69 voix, contre 43 à Denis Brière, doyen de la Faculté de foresterie et de géomatique, et 23 à Martin Maltais, étudiant u doctorat. Cette fois, aucun bulletin nul n'est venu brouiller les cartes, comme cela avait été le cas en avril dernier, lors de la première tentative de l'université de se choisir un nouveau recteur.

Un nombre élevé de bulletins de vote annulés avait alors mené l'élection à l'impasse, aucun des candidats, Pierre Moreau et François Tavenas, n'ayant obtenu la majorité nécessaire pour accéder au poste de recteur, et ce même après trois tours de scrutin.

Michel Pigeon, qui avait perdu une première course aux mains de l'ex-recteur Tavenas en 1997, estime qu'il était cette fois le «candidat du consensus» et croit que le recteur est «l'émanation de la communauté universitaire».

Outre la recherche d'argent frais, la multidisciplinarité dans les programmes ou une gestion interne plus saine, le nouveau venu, devenu «recteur instantané» dès hier, mise sur une meilleure communication interne pour assurer la réussite des changements auxquels il songe. La «lettre du recteur», un envoi périodique du recteur à l'ensemble de la communauté universitaire, devrait en offrir une illustration concrète. «On a toujours l'impression que le recteur se promène d'un cocktail à l'autre, mais il pense à son université, il s'occupe de grands dossiers», explique l'homme de 57 ans, qui doit constituer sa nouvelle équipe dans un mois environ.

La lettre du recteur, et pourquoi pas le «lunch du recteur», à la manière d'un ancien recteur de Laval, Jean-Guy Paquet, qui réunissait ainsi périodiquement des gens choisis au hasard pour parler d'affaires universitaires. «Le recteur est dans un bureau au 16e étage d'une tour, je pense qu'il a bien besoin d'être sur le plancher des vaches.»

Au nombre des idées qu'il propulse : le rehaussement du corps professoral féminin, en instaurant l'octroi de bourses post-doctorales à des étudiantes contre l'assurance d'un retour au bercail et... à l'Université Laval, et la création d'une commission d'aménagement du campus, dont l'un des mandats serait d'inciter les citoyens de la grande ville de Québec à mieux fréquenter leur université, et pas seulement en s'inscrivant à des cours. «Si on modifie un peu le visage du campus par des magasins, des restaurants, de l'habitation, je pense qu'on peut démythifier cette idée qu'on est un campus fermé sur soi-même.»