Des écoles surpeuplées - Les locaux préfabriqués sont en voie de disparaître à Montréal

Au Québec, il reste encore 500 de ces roulottesFaire la classe dans une roulotte n'est pas chose révolue: même si la Commission scolaire de Montréal (CSDM), aux prises avec d'importants problèmes de surpopulation, était à l'heure des bonnes nouvelles hier, le ministère de l'Éducation a encore dans sa carte scolaire 500 de ces unités préfabriquées temporaires.

Le paysage scolaire montréalais sera débarrassé sous peu d'une quarantaine de ses 66 unités préfabriquées construites pour panser un problème de surpopulation. Mais le mal est encore grand: ailleurs au Québec, il reste en effet 500 de ces roulottes «temporaires» dans 134 écoles primaires et secondaires.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) était tout sourire hier, annonçant un plan de démantèlement de ses 66 unités préfabriquées en trois temps. «Ça faisait trois ans que c'était une épine dans le pied, et c'était devenu un véritable village de tentes», a démarré hier le commissaire indépendant Robert Cadotte, responsable à la CSDM du dossier des immeubles. Plutôt que de revendiquer comme chaque année une action rapide du MEQ pour éliminer ces indésirables unités préfabriquées, les représentants de la CSDM ont présenté en effet les termes d'une entente de principe avec le ministère assortie d'un versement de 3,8 millions de dollars.

Agrandissements, utilisation de locaux ou édifices adjacents, et construction d'écoles permettent à la CSDM de dire «Fini, les préfabriquées!», comme l'a fait un Robert Cadotte visiblement ravi. Dès septembre prochain, 39 «pré-fab» sur 66 seront éliminées, à la faveur d'agrandissements véritables. Juin 2004, cap sur trois autres, que remplacera la construction d'une nouvelle école primaire dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

Et les 24 autres?

Quant aux 24 autres, seul l'avenir dira ce qu'on en fera: les neuf unités temporaires liées aux écoles François-de-Laval (Cartierville) et Louis-Collin (Ahuntsic) sont maintenues jusqu'en 2008, «parce qu'il y a des solutions de rechange à côté», explique Robert Cadotte. Et pour une quinzaine d'autres (écoles Alice-Parizeau, Marie-Favery, Bedford, Des Nations, Saint-Jean-de-Matha), il faudra «réévaluer leur situation», car on ne sait trop encore comment évoluent les mouvements de clientèles dans leurs secteurs respectifs. «Une décision finale sera prise en 2004», promet toutefois le commissaire Cadotte.

Au nombre des modifications annoncées hier, notons l'élimination assurée de 6 des 13 roulottes de fortune du quartier Côte-Des-Neiges, qui malgré la construction récente de deux nouvelles écoles, connaît encore des problèmes de croissance. Les deux unités temporaires de l'école alternative Le Vitrail seront aussi démantelées, puisqu'on ajoutera un nouveau point de service à l'établissement: en plus de son entrée dans Villeray-Petite Patrie, il aura dès septembre prochain pignon sur rue dans Hochelaga-Maisonneuve, dans l'ancienne École des métiers de l'Est.

Les représentants de la CSDM en ont profité hier pour livrer une ode à l'actuel ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, louangeant sa rapidité d'action et son approche, «centrée sur les problèmes locaux», a expliqué M. Cadotte. «Dans le passé, nous avons eu des approches plus affairistes et des stratégies nationales», a expliqué le président du comité exécutif, Marcellin Noël, faisant une allusion évidente à François Legault.

Au ministère, on expliquait hier ces décisions notamment par l'économie d'échelle que réalisera le gouvernement en décidant de mettre un terme aux locations d'unités préfabriquées, une situation particulière à Montréal. «Les locations nous coûtaient 1,5 million par année, et le fait de faire faire des agrandissements et de construire générera des économies», a expliqué hier Nicolas Girard, attaché de presse du ministre Simard.