Hausse des droits de scolarité - La FEUQ veut bien prêter ses propres études au ministre

Le ministère de l'Éducation n'a pas d'étude sur la hausse possible des droits de scolarité? Qu'à cela ne tienne, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en a «une pléthore» qu'elle est toute disposée à fournir lorsque le débat refera surface.

«Ça fait dix ans qu'on débat sur la hausse ou le gel des droits de scolarité, a expliqué hier le président de la FEUQ, François Vincent. Bien sûr que nous avons des études, on en a même une pléthore! Si le ministre [de l'Éducation, Jean-Marc Fournier] n'en a pas, on est bien prêts à les lui fournir!»

M. Vincent réagissait aux propos de M. Fournier, diffusés la veille dans Le Devoir, où il s'étonnait de n'avoir trouvé aucune étude sur l'impact réel d'une modulation des droits de scolarité sur l'accessibilité et le financement universitaires. Dans la foulée du rapport Gervais sur l'accès à l'éducation, le ministre affirmait en outre avoir commandé une série d'études, de scénarios et de simulations pour avoir l'heure juste.

«Toutes nos études ont démontré la même chose: c'est qu'une hausse a un effet très direct sur l'accès aux études», précise M. Vincent, qui promet que la FEUQ sera très active dans ce débat si ce dernier doit être rouvert sous peu. «Le gouvernement a promis le maintien du gel dans le mandat et le rapport Gervais l'a réaffirmé», note le président de la FEUQ. Dans son rapport dévoilé à l'automne, ce groupe a toutefois souhaité unanimement qu'un débat public soit lancé, abordant au passage cette brûlante question pour le Québec.

«Si le gouvernement essaie de trouver une manière de revenir sur son engagement, ou de planifier un prochain mandat, nous serons là, c'est certain, et aussi présents que pendant la campagne des 103 millions s'il le faut», a indiqué M. Vincent, faisant allusion à la spectaculaire bataille menée par le mouvement étudiant au printemps dernier.

Les propos de Jean-Marc Fournier, dévoilés dans certains quotidiens simultanément hier, ont également fait réagir la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier, notamment quant au souhait du ministre d'évaluer le possible retour des notes sur les bulletins des petits.

«Nous recevons positivement le questionnement du ministre sur cet aspect de l'évaluation, a indiqué hier Mme Fortier. Le bulletin doit être un élément de communication avec les parents clair et concis. Mais il n'est peut-être que la pointe de l'iceberg de toute la politique d'évaluation des apprentissages, sur laquelle nous demandons aussi des précisions.»

Au-delà du bulletin, qui demeure pour bien des parents le lien entre l'enfant et l'école, les enseignants s'interrogent sérieusement sur la manière d'évaluer propre à cette réforme, qui pourrait buter sur de sérieuses embûches, particulièrement au secondaire.

«On s'en va au secondaire avec cette réforme et le débat n'est même pas fait, explique Mme Fortier. La pierre d'achoppement de la réforme a toujours été l'évaluation et il nous manque encore des réponses.» Les enseignants siègent par ailleurs à une «Table de pilotage sur le renouveau pédagogique» et ils ont entrepris de vérifier par sondage et par questionnaire les perceptions des profs sur la réforme, une démarche jugée «encourageante».