Collégial: le choix de la FAC n'engage en rien la FEC

La FAC et la FEC (CSQ) ont fonctionné en cartel de négociation tout au long de leurs échanges avec le gouvernement, mais le Conseil du trésor recevra leur verdict sur l'entente négociée le 15 décembre de manière distincte.

Voilà ce qu'a confirmé hier au Devoir Isabelle Taschereau, attachée de presse de la ministre Monique Jérôme-Forget, alors que les 4000 professeurs de cégep de la Fédération autonome du collégial (FAC) ont dit non à l'entente de principe et que les 2000 syndiqués de la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ) y ont plutôt acquiescé.

La FAC et la FEC «sont deux agents négociateurs distincts et chaque agent est responsable de son entente, a indiqué hier Mme Taschereau, porte-parole de la présidente du Conseil du trésor. Même si la FAC dit non [à l'entente], la FEC n'est pas responsable de l'entente de l'autre.»

Forcé de signifier au Conseil du trésor avant minuit hier s'il ratifiait ou non l'entente de principe négociée le 15 décembre sous le coup de la loi spéciale, le président de la FAC a expliqué hier qu'il avait «confirmé par écrit au Conseil du trésor que la FAC n'acceptait pas l'entente», comme l'a exposé le vote de ses membres.

Comme nous l'expliquions hier, les 17 syndicats affiliés à la fédération indépendante n'ont pas obtenu la double majorité nécessaire pour cautionner ou non l'entente. Si une majorité de membres s'est effectivement prononcée pour l'entente de principe, huit syndicats ont penché pour le oui et huit pour le non, le dernier ayant perdu le quorum nécessaire pour tenir le vote.

Le président de la FAC, Alain Dion, a réitéré hier que les syndicats membres de sa fédération n'avaient pas «simplement rejeté l'entente par idéologie mais parce qu'elle ne constituait pas la réponse aux demandes des employés». Une majorité de syndicats de région auraient ainsi signifié leur désaccord avec l'idée du télé-enseignement portée par l'entente, «parce qu'elle fragilise [leurs] acquis». D'autres points de l'entente, tels que la sécurité d'emploi, auraient déplu fortement à des enseignants.

Concédant que ce vote ne lui donnait pas «une position très confortable», M. Dion a indiqué que la suite des choses allait permettre de «travailler à refaire une cohésion syndicale», un travail qui sera amorcé la semaine prochaine lors d'un conseil intersyndical réunissant tout le monde.