Apple met les pendules à l’heure du vélo

L’Apple Watch détecte quand son porteur enfourche son vélo.
Photo: Apple L’Apple Watch détecte quand son porteur enfourche son vélo.

Les rumeurs lient Apple à l’automobile depuis des années déjà, mais c’est du côté du vélo que Cupertino pourrait faire des gains dès cet automne. C’est que la « petite reine » est au cœur des nouveautés présentées par l’Apple Watch Series 7, la nouvelle version plus élégante et plus raffinée d’un produit qui, en combinaison avec les écouteurs AirPods, génère davantage de revenus que l’iPad ou le Mac pour son fabricant.

L’Apple Watch Series 7, que le fabricant met officiellement en marché vendredi, fait quelques clins d’œil aux horlogers Patek Philippe et Vacheron Constantin en plus de miser sur quelques nouveautés pour prolonger la croissance de ses revenus.

Le p.-d.g., Tim Cook, espère sans doute miser sur un rebond des dépenses des consommateurs d’ici Noël, après une période des Fêtes en 2020 qui a été meilleure que prévu sans être pour autant exceptionnelle.

Apple met dans une même catégorie ses ventes d’accessoires connectés personnels et pour la maison. Cela complique l’analyse de la popularité des uns et des autres, mais les analystes tiennent pour acquis que les enceintes HomePod n’ont pas le succès escompté par Apple.

Tout le contraire pour sa montre et ses écouteurs sans fil, qui représentent la plus grande partie des 8,8 milliards de dollars américains générés par cette catégorie au plus récent trimestre.

Sur la même période, il s’est vendu pour 7,4 milliards de dollars américains de tablettes iPad et 8,2 milliards de dollars américains d’ordinateurs Mac. Au même trimestre l’an dernier, Apple a vendu pour 6,5 milliards de dollars américains d’appareils connectés. D’ailleurs, de nouveaux écouteurs AirPods pourraient être présentés par Apple la semaine prochaine. Le géant californien tiendra une conférence de presse le 18 octobre pour présenter ses dernières nouveautés de l’année.

Du vélo, électrique ou pas

Une raison explique, selon les spécialistes, le succès d’Apple dans le marché des montres connectées alors que d’autres géants technos, allant de Google à Microsoft, s’y sont jusqu’ici cassé les dents : l’Apple Watch est présentée comme un accessoire de santé et de mise en forme d’abord, puis un gadget électronique ensuite.

Avec la Series 7, Cook et sa bande font le pari que les cyclistes voudront troquer leur montre Garmin ou leur Suunto pour un produit d’une marque moins spécialisée que ces deux-là. À prix comparable (529 $), l’Apple Watch Series 7 ajoute des fonctions de mobilité informatique que n’ont pas les deux autres.

Mais les données d’exercice compilées jusqu’ici par ce petit ordinateur de poignet n’avaient pas la précision de celles de ses rivales plus spécialisées.

Apple corrige cette fois-ci le tir, avec des algorithmes mieux adaptés aux déplacements sur deux roues. Les données sont plus précises et tiennent même compte de l’assistance électrique dans leur calcul.

C’est un détail important : les vélos électriques comptent après tout pour une part de plus en plus importante des ventes de vélos neufs à l’heure actuelle. En revanche, ce suivi de l’activité est énergivore et réduit considérablement l’autonomie annoncée de 18 heures de l’Apple Watch. C’est un défaut.

En plus de détecter quand son porteur enfourche son vélo, l’Apple Watch peut réagir quand un cycliste fait une chute. La montre émet alors une alerte et peut même contacter automatiquement les services d’urgence, au besoin. Cette détection des accidents s’active aussi pour des chutes durant la marche ou en bas d’une échelle, pour ceux qui font des rénovations.

L’outil est efficace, mais pas parfait : un lancer frappé au hockey est interprété comme une chute la plupart du temps.

Plus près d’un produit de luxe

La Series 7 est une évolution des modèles précédents qui emprunte à son tour une ou deux idées aux montres des horlogers de renom. Son format toujours aussi carré (même si ses coins sont arrondis) gagne un millimètre de largeur, et son affichage est protégé par une vitre légèrement bombée qui rappelle des montres de luxe.

De nouveaux cadrans rappellent des classiques suisses. Son interface logicielle est quant à elle revue pour maximiser la taille des icônes et des commandes. Pour les communications, un clavier alphanumérique sur lequel on peut glisser le doigt apparaît à l’écran de cette montre, mais il est pour le moment limité à la langue anglaise.

L’appareil est sensiblement plus soigné et polyvalent que ses prédécesseurs. Avec une connexion cellulaire intégrée, l’Apple Watch a tout d’un téléphone intelligent qui se porte au poignet, ou presque. Deux modèles précédents, la Series 6 et la SE, ainsi qu’une version plus âgée encore, la Series 3, complètent le catalogue.

L’Apple Watch est aussi intéressante pour les jeunes, puisqu’il est possible de l’activer avec l’iPhone de leurs parents. Inutile donc d’acheter un iPhone supplémentaire.

L’adolescent hérite d’un outil de communication et de divertissement polyvalent — on peut y écouter de la musique et installer des applications en tout genre. Mais elle n’a pas un si grand écran, ce qui provoque un problème de gestion de son temps d’utilisation.

Vers une Apple Watch 5G ?

L’Apple Watch Series 7 est une simple évolution de la montre d’Apple qui peut se permettre de temporiser, côté nouveautés, étant donné que la concurrence demeure à la traîne. Les analystes ont déjà l’œil sur l’éventuelle Series 8, plus polyvalente encore. L’analyste de Bloomberg Mark Gurman avance qu’elle pourrait inclure un moniteur de pression sanguine et de température corporelle.

Peut-être cette version ne nécessitera plus de posséder un iPhone pour être mise en marche. Une montre entièrement autonome, qui peut s’activer sans un second appareil mobile, directement à partir du service iCloud d’Apple, attirerait de nouveaux clients en plus grand nombre, croit M. Gurman. C’est certainement une limite de la Series 7, vu son prix.

Parlant de prix élevé, l’Apple Watch actuelle accède à Internet par wifi et par une connexion Bluetooth directement avec un iPhone. Elle peut aussi passer par les ondes cellulaires des réseaux LTE.

Cette technologie sans fil cède sa place ces jours-ci à la 5G, mais ça n’empêche pas les fournisseurs canadiens, dont Bell, d’exiger une mensualité plutôt élevée pour connecter une Apple Watch à leurs réseaux.

Une Apple Watch à connexion 5G corrigerait-elle ce défaut ? Difficile à prédire. Entre-temps, les inconditionnels qui rêvent d’une montre agencée à leur iPhone peuvent opter pour une Series 7 fort élégante qui remplacera convenablement une montre de sport plus spécialisée.

Surtout s’ils affectionnent les balades à vélo.

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