Quelques façons surprenantes d'utiliser la pomme

Sophie Ginoux Collaboration spéciale
La pomme offre encore plus de possibilités que ce que nous pouvons imaginer.
Photo: iStock La pomme offre encore plus de possibilités que ce que nous pouvons imaginer.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Au Québec, l’automne rime sans aucun doute avec les pommes ! La sortie au verger est pratiquement passée au rang de tradition pour tous. Les logis embaument ensuite d’arômes acidulés, vanillés et sucrés grâce à la myriade de compotes, tartes, biscuits et mitonnés que l’on concocte avec ce fruit. Mais savons-nous vraiment tout ce qu’il est possible de réaliser, en cuisine ou ailleurs, avec des pommes ? Peut-être pas tant que cela. Quelques idées inattendues à croquer à belles dents.

La pomme est sans conteste le fruit préféré de nombreux Québécois puisque chaque année, ils en consomment 16 kg chacun et qu’il s’en produit plus de 108 000 tonnes dans notre province, selon le ministère de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources naturelles. Comment la consommons-nous ? Eh bien, telle quelle, bien sûr. Mais aussi en tranches, cuite à l’étouffée, sautée, confite, séchée ou infusée. Il y a tant de manières de la déguster ! Toutefois, la pomme offre encore plus de possibilités que ce que nous pouvons imaginer.

Délicieuse, du trognon à la pelure

Quand Florence-Léa Siry, une militante du mouvement antigaspillage, a lancé son premier livre pratique en 2018 — 1.2.3 vies. Recettes zéro gaspi, aux éditions Glénat Québec —, elle a surpris beaucoup de personnes avec une recette de tarte aux épluchures de pommes. « La réaction de ceux qui la testent est pourtant excellente ! dit-elle en riant. Le secret, c’est de bien la présenter avec de belles roses de pelures, qui se fondent dans la crème pâtissière. L’ensemble est croustillant et fondant, c’est très savoureux ! »

Moins ragoûtants que la chair, les épluchures et les trognons de pommes sont souvent les grands oubliés de nos menus. Ce qui est bien dommage, selon l’adepte de déchets alimentaires : « Comme je l’explique régulièrement, quand on fait face à un déchet, on a toujours trois options : l’infusion, l’assaisonnement et la transformation. »

L’autrice a beaucoup de suggestions qui lui viennent en tête pour apprêter les parties moins aimées des pommes. Elle recommande par exemple de faire infuser les trognons et les épluchures dans de l’eau, du lait ou du thé chauds pour les aromatiser. Les épluchures seules se transforment facilement en chips en les enrobant d’un peu d’huile, de sucre et d’aromates, puis en les enfournant à 350 °F de 15 à 20 minutes. « Une fois cette étape passée, indique Florence-Léa Siry, on peut aussi réduire les chips d’épluchures en petits morceaux pour en ajouter dans des salades ou dans un granola maison. Ou carrément les moudre pour remplacer le sucre dans certains desserts ou aromatiser du maïs soufflé. Il suffit de laisser aller sa créativité ! »

Superfruit, supersoin

« Une pomme par jour éloigne le médecin pour toujours. » Cette expression bien connue concorde avec les analyses scientifiques qui ont démontré les nombreux bienfaits de ce fruit. Consommée telle quelle, la pomme réduit effectivement notre taux de cholestérol, calme notre tension artérielle et se fait complice des régimes alimentaires riches en fibres.

Mais ce n’est pas tout ! Sous forme de vinaigre de cidre, réalisé à base de jus de pommes fermenté à deux reprises, elle ouvre l’appétit, facilite la digestion et dispose de propriétés antiseptiques contre les maux typiques de l’hiver. Mélangé à de l’eau chaude ou à du miel, ou encore utilisé pour des gargarismes, le vinaigre de cidre combat en effet le rhume, la grippe et le mal de gorge. Enfin, comme il représente une source importante de sels minéraux, c’est un bon complice des sportifs qui en perdent de manière naturelle lors de leurs entraînements.

Parallèlement, la pomme est très utilisée dans le domaine de la beauté pour ses propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes, hydratantes et anti-âge. Sous forme d’infusion, d’hydrolat ou de cidre, on en retrouve dans des crèmes, des gommages et des enveloppements de différentes marques québécoises. Nous avons même trouvé un petit secret de grand-mère indiquant que, pour réduire une inflammation et l’apparence de ridules sur le visage, on peut éplucher, puis râper la chair d’une pomme, que l’on applique ensuite sur la peau pendant une quinzaine de minutes. Simple et bon à savoir !

Mode végane

À l’heure où deux écoles de pensée s’affrontent en matière de mode, l’une traditionnelle utilisant les peaux et les fourrures animales, et l’autre priorisant des vêtements à base d’éléments synthétiques ou naturels innovants, de nouveaux cuirs végétaux sont apparus sur le marché. Ceux constitués à partir de vinyle et de polyuréthane ne sont sans doute pas les meilleurs amis de l’environnement, mais il existe plusieurs options naturelles intéressantes : cuir de maïs, cuir d’eucalyptus ou de cactus, cuir de liège, de champignon, de raisin, ou encore, celui dont nous entendons de plus en plus parler, le cuir d’ananas (Pinatex).

Ces derniers pourraient toutefois, à moyen terme, être détrônés par une nouvelle matière aussi souple, résistante et grainée que le cuir animal, mais en prime durable, biodégradable et pouvant être produit localement : le cuir de pomme ! Constitué pour l’instant de 50 à 65 % de résidus (épluchures) de pommes et de polyuréthane, un taux qui pourrait encore évoluer au cours des prochaines années, ce cuir est déjà utilisé par certains designers d’ici, comme la maroquinière Elisa C-Rossow, ainsi que la petite entreprise-école de sneakers dépareillés Scoloco. Alors, la production de cuir de pomme, encore réalisé à l’étranger, pourrait-elle devenir une voie d’avenir au Québec et renforcer notre autonomie vestimentaire ? Pourquoi pas ?

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