L’industrie des électroménagers va lancer un programme de récupération des appareils en fin de vie

Go Recyc fera affaire avec des sous-traitants qui auront la responsabilité de démonter les appareils, disposer des métaux, éliminer les substances dangereuses, etc.
Photo: Cristian Gheorghe Getty Images Go Recyc fera affaire avec des sous-traitants qui auront la responsabilité de démonter les appareils, disposer des métaux, éliminer les substances dangereuses, etc.

L’écosystème québécois de l’électroménager s’apprête à lancer un organisme responsable de la récupération des appareils en fin de vie. Il se conforme ainsi à un règlement que des acteurs du milieu avaient plusieurs fois critiqué.

L’organisme, nommé Go Recyc, permettra aux détaillants, aux fabricants et aux grossistes d’électroménagers de la province de gérer la récupération des appareils usagés. La plupart des réfrigérateurs contiennent des fluides réfrigérants dont le potentiel de réchauffement climatique est extrêmement élevé.

Les entreprises visées par le nouveau règlement, instauré en 2019, ont choisi de lancer une seule et même entité afin de réduire les coûts de gestion et de mieux gérer les fonds que le gouvernement va mettre à leur disposition pour réduire la facture des consommateurs, explique Jean-François Belleau, le porte-parole du Conseil canadien du commerce du détail (CCCD).

Go Recyc fera affaire avec des sous-traitants qui auront la responsabilité de démonter les appareils, disposer des métaux, éliminer les substances dangereuses, etc. « L’organisme finalise actuellement la négociation des contrats » avec ses partenaires, dit M. Belleau.

La nouvelle entité doit faire l’objet d’une annonce formelle plus tard cette semaine. Son conseil d’administration est constitué de représentants de l’industrie.

Initialement, les entreprises avaient jusqu’à décembre 2020 pour mettre sur pied leur programme de récupération. Le printemps dernier, le CCCD avait demandé un report de cette échéance, invoquant les difficultés posées par la pandémie. Le ministère de l’Environnement avait alors décidé de tolérer les retards jusqu’au 1er avril 2021.

« On est presque prêt, il n’y a pas d’obstacles pour qu’on le soit le 1er avril », dit maintenant M. Belleau.

Les appareils seront collectés par les livreurs de produits neufs et par les municipalités. C’est par la suite que l’organisme entrera en scène pour en assurer un recyclage adéquat.

Le nouveau règlement fixe des seuils de récupération seulement à partir de 2024. Pour les réfrigérateurs et les congélateurs, le taux exigé dans un premier temps sera de 70 %. Pour les cuisinières, les lave-vaisselle, les laveuses et les sécheuses, on devra attendre à 2026 avant l’imposition d’un taux minimal, également établi à 70 %.

Afin d’éviter aux détaillants d’imposer tout de suite des « écofrais », le gouvernement va rembourser 100 % des coûts de recyclage en 2021. Sa contribution va diminuer de dix points par année pour atteindre 10 % en 2030. En tout, Québec évalue cette aide financière à 90 millions.

La création de l’organisme est une « bonne nouvelle », selon Jacques Rousseau, le secrétaire général du Regroupement vigilance hydrocarbures Québec (RVHQ). Toutefois, à partir de maintenant, il sera important de vérifier la performance du programme mis en place par les entreprises, souligne-t-il.

« Si le passé est garant de l’avenir, il y a lieu d’avoir des inquiétudes », estime M. Rousseau. En 2019, le gouvernement de François Legault a effacé 23 millions de dollars de pénalités potentielles accumulées par l’industrie, car elle ne respectait pas les seuils de recyclage imposés par l’État pour d’autres types de produits.

Le RVHQ s’intéresse de près au nouveau règlement, car les appareils réfrigérants contiennent des halocarbures. Quand ces gaz sont mal récupérés et s’enfuient dans l’atmosphère, leur contribution à l’effet de serre est équivalente (pour une même masse) à des milliers de fois celle du CO₂.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques estime que les cibles fixées dans son règlement permettront d’éviter annuellement l’émission de 200 000 tonnes d’équivalent CO₂.

Un seul vieux réfrigérateur peut contenir l’équivalent de 3,5 tonnes de GES, soit autant que quatre places sur un vol transatlantique.

À voir en vidéo