Fureter d’un salon ou d’un marché de Noël à l’autre

Jessica Dostie Collaboration spéciale
Pandémie ou pas, un virage virtuel était rendu plus que nécessaire dans le secteur des métiers d'art.
Photo: iStock Pandémie ou pas, un virage virtuel était rendu plus que nécessaire dans le secteur des métiers d'art.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Cette année, c’est en ligne que ça se passe. Même si les organisateurs des plus grands marchés de Noël ont gardé espoir de pouvoir accueillir le public jusqu’au début de l’automne, ils ont rapidement dû s’adapter et mettre en œuvre leur plan B quand plusieurs régions du Québec ont basculé en zone rouge, début octobre. Un virage virtuel qui était de toute façon rendu plus que nécessaire, pandémie ou pas.

L'engouement pour les produits fabriqués au Québec est réel. Vous pourriez toutefois avoir de la difficulté à retrouver en ligne les créations de ce céramiste qui vous avaient tant plu l’année dernière au Salon des métiers d’art, convient le directeur général du Conseil des métiers d’art du Québec, Julien Silvestre.

« Le secteur des métiers d’art accuse un certain retard en ligne, à commencer par notre propre site Web », admet-il d’emblée. Voilà pourquoi, dès le mois de mai, l’organisme a commencé à travailler, en collaboration avec la Fabrique 1840 de Simons, le marché One of a Kind et la boutique Signé métiers d’art, sur une version virtuelle de son événement, qui attire bon an, mal an plus de 100 000 personnes pendant une dizaine de jours. Lancée fin octobre, l’initiative #faiteslepleindartdici prendra fin le 20 décembre.

Selon Noémie Vaillancourt, derrière la griffe de mode Noemiah, pour sa part une habituée des plateformes virtuelles comme Etsy, l’annulation des marchés de Noël — le SOUK, par exemple, auquel elle participe chaque année — crée un grand vide. Même si, dans son cas, une clientèle fidèle et ayant l’habitude d’acheter en ligne attend ses collections saison après saison depuis 12 ans.

« C’est une des seules occasions que j’ai de rencontrer les clients et de les voir porter mes vêtements », explique la designer. N’empêche, elle se réjouit que des organisations aient pris le virage virtuel à temps pour le magasinage des Fêtes. « Ce sont de belles vitrines en ligne », commente celle dont les ventes ont bondi de manière importante depuis le début de la pandémie.

Noémie Vaillancourt calcule en effet avoir vendu cinq fois plus de vêtements au Canada en 2020 comparativement à l’année précédente. « On n’a jamais autant parlé des artisans et de notre réalité », estime-t-elle, tentant une explication devant ces résultats encourageants.

Julien Silvestre observe lui aussi un regain d’intérêt pour les créations d’ici. « Il faut quand même noter que le contexte demeure extrêmement difficile pour les artisans professionnels, nuance-t-il. On n’offre pas de solution miracle, mais on travaille dans la perspective de rendre [l’achat en ligne] pérenne, entre autres grâce à une nouvelle plateforme qui sera dévoilée en 2021. » Parce que, oui, d’après le directeur général, « le virtuel va rester ».

« On souhaite que ce ne soit pas la seule façon de faire, dit-il néanmoins. On souhaite retourner en partie en présence physique, parce que c’est important de garder le lien entre les artisans et les Québécois. »

Certes, on ne sait pas encore de quoi l’avenir sera fait. Julien Silvestre fait toutefois le pari que les salons hybrides deviendront la norme dans l’industrie. « Je pense que ça ne sera pas 100 % l’un ou l’autre. »


   

Trois marchés où fureter

En attendant, voici trois marchés en ligne, des incontournables à visiter cette année, bien installé sur le sofa pour faire nos emplettes locales des Fêtes.

La Fabrique 1840. Lancée en 2018, la Fabrique 1840 de Simons permet de découvrir des créateurs canadiens d’un océan à l’autre. Rendez-vous dans la section éphémère Marché virtuel Signé métiers d’art, qui fait briller des artisans québécois comme l’illustratrice Laucolo, l’ébéniste Beaugrain ou la joaillière Anne-Marie Chagnon, et ce, jusqu’au 20 décembre.

 

Le SOUK 17 en ligne. Les passionnés de design ne seront pas dépaysés : la nouvelle plateforme numérique du SOUK met en valeur, comme c’était le cas ces 16 dernières années, des collections exclusives et des produits triés sur le volet. Outre les robes de Noemiah, on y trouve les mignons mocassins de Kobebe, la vaisselle de Studio Laroche et les tartinades Allo Simonne, entre autres. En ligne jusqu’au 17 décembre.

 

Le Salon des métiers d’art en ligne. En collaboration avec le marché torontois One of a Kind, le traditionnel Salon des métiers d’art s’est réinventé en ligne. La promesse ? Toutes les créations présentées sont reconnues « métiers d’art » par des pairs selon les normes du Conseil des métiers d’art du Québec. Jusqu’au 20 décembre, vous pouvez vous y procurer les œuvres d’une centaine d’artisans, dont les carnets de Baltic Club ou les bijoux de Louve Montréal.

D’autres bonnes adresses

• Boutique Signé métiers d’art

Marché de Noël d’Idée cadeau Québec

Etsy – Fait au Québec

C’est beau

La Petite Station