Le panier d'épicerie deviendra plus cher en 2021, selon un rapport

Les viandes et les légumes frais sont les deux grandes catégories qui font monter les prix, avec une augmentation pouvant atteindre 6,5%.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir Les viandes et les légumes frais sont les deux grandes catégories qui font monter les prix, avec une augmentation pouvant atteindre 6,5%.

Une famille pourrait dépenser en moyenne 695 $ de plus pour son épicerie en 2021, comparativement à 2020, selon le Rapport sur les prix alimentaires canadiens publié mardi et dont La Presse canadienne a obtenu copie.

Des chercheurs canadiens du secteur de l’agroalimentaire s’attendent à une hausse des prix supérieure au taux d’inflation, allant de 3 à 5 %.

Les viandes et les légumes frais sont les deux grandes catégories qui poussent les prix à la hausse, avec une augmentation pouvant atteindre 6,5 %.

La boulangerie suit de très près avec des prévisions à la hausse pouvant aller jusqu’à 5,5 %.

Chaque année, les chercheurs de l’Université Dalhousie, à Halifax, et de l’Université de Guelph, en Ontario, estiment combien les Canadiens peuvent s’attendre à dépenser pour un panier d’épicerie. Les chercheurs de l’Université de la Saskatchewan et de l’Université de la Colombie-Britannique se sont joints pour la première fois aux deux universités pour produire la onzième édition de ce rapport.

Selon les prévisions des chercheurs, une famille moyenne, composée de deux adultes (31 à 50 ans), un adolescent (entre 15 et 18 ans) et une préadolescente (de 9 à 13 ans) dépensera 13 907 $ pour se nourrir en 2021. Il s’agit d’une augmentation de 5 % par rapport à l’année précédente.

Ce portrait de famille type correspond à celle de la journaliste Maude Goyer, qui tient également le blogue Maman 24/7. Mère de deux enfants, un garçon de 13 ans et une fille de 11 ans, Mme Goyer et son conjoint pourraient donc voir leur panier d’épicerie augmenter de 695 $ pour la prochaine année.

Toutefois, ce qui la préoccupe dans ces prévisions, c’est le coup inévitable qui sera porté au portefeuille des familles, « particulièrement celles où les femmes auront perdu leur emploi en raison de la pandémie ou encore auront arrêté de travailler pour être plus présentes à la maison avec les enfants », explique-t-elle.

« On observe que la crise et ses effets affectent en plus grande proportion les femmes, notamment en ce qui concerne la charge mentale et c’est un des sujets qui me tiennent à cœur, » dit-elle.

Changements climatiques

L’approvisionnement en fruits et légumes sera chamboulé par les feux de forêt en Californie laisse présager le directeur principal du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois.

Les dérèglements causés par les changements climatiques nuisent de plus en plus aux récoltes et à l’équilibre de la chaîne alimentaire, en plus de faire grimper les prix.

« On s’attend à ce que les importateurs canadiens aillent s’approvisionner ailleurs, mais ils devront probablement payer plus cher, explique l’analyste. Si le dollar canadien se maintient, les prix devraient demeurer raisonnables, mais si le dollar diminue, on devient plus vulnérable parce qu’on importe énormément de produits, surtout durant l’hiver. »

Les prix du bœuf, du porc et du poulet ont grimpé

Les prédictions 2020 concernant la boulangerie, les produits laitiers et les viandes étaient légèrement inférieures à ce qui a été observé au courant de l’année.

Les consommateurs ont notamment dû payer plus cher pour goûter aux viandes les plus populaires du supermarché. Le prix du bœuf, du porc et du poulet ont tous les trois augmenté la même année, chose rare, selon M. Charlebois.

La pandémie aurait joué un rôle dans l’augmentation des prix « puisque toute la chaîne agroalimentaire, de la ferme à la vente au détail, a fait face à de nombreux défis », explique l’expert. Elle a dû s’adapter très rapidement, que ce soit en jonglant avec le ralentissement ou la fermeture temporaire d’usines, la perturbation du transport, et l’instauration de nouvelles mesures sanitaires.

Sylvain Charlebois, qui est aussi l’un des auteurs du rapport, fait remarquer du même coup que les viandes de spécialité comme le sanglier, le canard, le bison ou le cheval ont connu un nouvel essor auprès des consommateurs qui « préféraient essayer autre chose tant qu’à payer plus cher pour de la viande ».

Il indique que l’augmentation de prix du pain et autres produits de boulangerie n’a cependant rien à voir avec la COVID-19. Elle s’explique par les récentes variations de prix du blé sur le marché, plus souvent à la hausse ces derniers mois.

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