Dollarama accusé de laxisme par des travailleurs inquiets

Des employés de Dollarama ont dénoncé, lundi, le manque de protection dans les magasins et à l’entrepôt.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Des employés de Dollarama ont dénoncé, lundi, le manque de protection dans les magasins et à l’entrepôt.

Des employés de Dollarama accusent la compagnie de leur faire courir le risque d’attraper la COVID-19. Les centaines de personnes du centre de distribution de l’ouest de Montréal travailleraient sans respecter la distanciation et sans masques ni gants fournis par l’employeur.

« Certains des travailleurs de Dollarama nous ont signalé leur inquiétude à l’égard du risque d’infection », adéploré Cheolki Yoon, du Centre des travailleurs et des travailleuses immigrants, dans une conférence de presse virtuelle. « C’est d’autant plus alarmant qu’ils se concentrent dans un espace limité, en entrepôt, ou dans des magasins fréquentés par de nombreux clients. »

Jean-Jacques (nom fictif) passe son quart de travail à lever et à empiler des boîtes sur des palettes dans le centre de distribution de Dollarama situé avenue Royalmount, à Montréal. Cet entrepôt emploie un très grand nombre de travailleurs migrants, surtout recrutés par des agences de placement.

« Quand on y entre, on ne sait pas ce qui va nous arriver », a dit l’homme qui veut garder l’anonymat par crainte de représailles. S’il y a des agents qui font passer des questionnaires sur la santé à l’entrée, une fois sur le plancher, rien ne va plus, dit-il. Les monteurs, distributeurs, chefs d’équipe, « tout le monde se mêle » sans grande distance. Dollarama ne fournirait pas non plus l’équipement adéquat, comme des masques et des gants.

Dans les magasins au détail, la situation n’est guère mieux, a déploré Laura, qui ne donne pas non plus son vrai nom par crainte de perdre son emploi.

« Depuis le début de la crise, les gens ont peur de ramener quelque chose chez eux. Les gens sont hyper stressés », a-t-elle soutenu, déplorant elle aussi que les mesures de sanitaire ne soient pas respectées. Elle ajoute que les masques ne sont pas fournis et que le magasin où elle travaille n’a pas encore installé de plexiglas aux caisses, alors que c’est la norme dans bon nombre de commerces. Elle reconnaît toutefois que les surfaces de travail sont régulièrement nettoyées et que le nombre de clients est contrôlé.

Plaintes à la CNESST

Plusieurs plaintes ont été transmises à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), ce que celle-ci confirme sans donner de détail sur ses enquêtes. « La Loi sur la sécurité et la santé du travail ne fait pas de pause en temps de crise », a affirmé le porte-parole de la CNESST, Nicolas Bégin, ajoutant que les inspecteurs ont fait plus de 150 suivis dans tout le Québec.

Dollarama dit travailler « d’arrache-pied » pour protéger ses employés et affirme être en communication constante avec les autorités de la santé publique, qui approuvent les mesures qu’elle met en place.

« Les employés en magasin ont accès à des gants s’ils veulent en porter, et les plexiglas, certains magasins en ont et les autres vont être installés dans les prochains jours », a déclaré Lyla Radmanovich, porte-parole de la compagnie. Sans entrer dans le détail des mesures mises en place au centre de distribution de l’avenue Royalmount, elle a précisé qu’il n’était pas interdit aux employés d’apporter leur propre équipement de protection, comme des masques ou des gants.