Les conteneurs s’empilent au port de Montréal, s’inquiètent les transporteurs

Puisqu’un très grand nombre des clients des transporteurs sont actuellement fermés, ces derniers «ne peuvent donc pas aller livrer ces conteneurs chez les clients», explique Marc Cadieux, président de l’ACQ.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Puisqu’un très grand nombre des clients des transporteurs sont actuellement fermés, ces derniers «ne peuvent donc pas aller livrer ces conteneurs chez les clients», explique Marc Cadieux, président de l’ACQ.

Un employé de l’Association des employeurs maritimes a été déclaré positif pour la COVID-19 vendredi dernier dans le port de Montréal, ce qui a entraîné « un ralentissement [mais] seulement dans les terminaux que cet employé est susceptible d’avoirfréquentés ».

Les opérations sont rentrées dans l’ordre au cours de la fin de semaine, estiment les responsables du port.

Toutefois, l’Association du camionnage du Québec (ACQ), responsable des trois quarts de la circulation des marchandises au Québec, estime pour sa part que « ça s’empile au port ».

Puisqu’un très grand nombre des clients des transporteurs sont actuellement fermés, ces derniers « ne peuvent donc pas aller livrer ces conteneurs chez les clients », explique Marc Cadieux, président de l’ACQ. Or « les divers opérateurs continuent d’exiger des transporteurs qu’ils viennent récupérer les conteneurs sous peine de frais d’entreposage ».

Les camionneurs n’ont pas à faire les frais de cette situation-là. [...] D’autant plus qu’ils sont déjà fragilisés financièrement par la situation actuelle.

Selon les autorités portuaires, les délais de transbordement des marchandises demeurent d’environ quatre jours. « Les opérations fonctionnent actuellement rondement et comme à l’habitude au port. Il y a actuellement une douzaine de navires en activité dans le port, soit une bonne journée normale », a-t-on expliqué lundi au Devoir.

Montréal est un des plus importants points de transit de marchandises par conteneurs du monde.

Avant qu’un cas de COVID-19 ne soit signalé dans le port, la vice-présidente aux affaires publiques de l’administration portuaire de Montréal, Sophie Roux, affirmait au Devoir que les temps de transit des conteneurs transportés par camions étaient « raisonnables, soit plus ou moins quatre jours ». Mais elle admettait également que la situation évoluait rapidement en raison de la crise sanitaire.

L’ACQ a écrit une lettre au gouvernement et a eu des échanges au cours des derniers jours pour tenter de trouver des solutions à une situation de trop-plein de marchandise qui, selon elle, se dessine en raison de la fermeture des commerces.

Trouver d’autres sites ?

La situation risque de s’envenimer si de nouvelles règles ne sont pas fixées, affirme l’ACQ. Ses membres transportent les trois quarts des marchandises au Québec.

Les transporteurs signalent que la question de la disposition des conteneurs dans le contexte actuel « mérite d’être abordée rapidement ». Des installations sécurisées devraient être trouvées, croient-ils.

« Des sites s’offrent déjà pour entreposer des conteneurs, mais qui va payer pour ça ? Il y a un enjeu financier. Les camionneurs n’ont pas à faire les frais de cette situation-là, affirme le président de l’ACQ. D’autant plus qu’ils sont déjà fragilisés financièrement par la situation actuelle. »

Au Canadien National, dont les trains entrent quotidiennement dans le port pour récupérer des conteneurs, on affirme au Devoir garder un contact étroit avec l’administration portuaire en cette période difficile.

« La situation est malgré tout normale au port, et on continue de collaborer avec l’ensemble de nos partenaires de la chaîne d’approvisionnement afin de s’assurer que les réseaux de distribution demeurent fluides », affirme Jonathan Abecassis au nom des services de communications du transporteur ferroviaire.

Depuis qu’il a été converti au système de circulation des marchandisespar conteneurs en 1968, le port de Montréal en voit transiter sur ses quais environ 700 000 par année, soit plus de l’équivalent de 6 millions de tonnes de marchandises.

En raison de la crise sanitaire, la priorité doit être accordée au transport des biens essentiels.