Près de 14% des aliments perdus entre la ferme et le supermarché

Ce sont exactement 13,8% de la valeur ajoutée de la production alimentaire mondiale qui sont perdus entre la récolte et la vente au détail.
Photo: David Afriat Archives Le Devoir Ce sont exactement 13,8% de la valeur ajoutée de la production alimentaire mondiale qui sont perdus entre la récolte et la vente au détail.

Près de 14 % des aliments disparaissent entre la ferme et les rayons du supermarché, selon la FAO (agence mondiale pour l’alimentation des Nations unies), qui préconise des mesures pour enrayer ce phénomène et rendre l’agriculture et l’industrie agroalimentaire plus durables, dans un rapport publié lundi.

Diviser par deux le volume mondial de déchets alimentaires par habitant d’ici à 2030 et réduire les pertes alimentaires tout au long des chaînes de production font partie des objectifs du programme de développement durable de l’ONU, comme le rappelle le nouveau directeur général de la FAO, Qu Dongyu, en préambule de ce rapport publié à l’avant-veille de la Journée mondiale de l’alimentation.

Ce sont exactement 13,8 % de la valeur ajoutée de la production alimentaire mondiale qui sont perdus entre la récolte et la vente au détail, selon les chiffres communiqués par la FAO.

« Nous avons fait une estimation de la valeur. […] Cela signifie qu’il y a des produits agricoles pour 400 milliards de dollars qui n’arrivent pas au stade de la consommation », déclare à l’AFP Carola Fabi, statisticienne principale au siège de la FAO à Rome.

Le pourcentage varie grandement d’une région du monde à l’autre, et d’une famille de produits alimentaires à une autre.

Il va ainsi de 5,8 % en Australie–Nouvelle-Zélande à 20,7 % en Asie centrale–Asie du Sud. Du côté des productions, les fruits et légumes, des denrées fragiles, sont touchés à 22 %, contre 9 % pour les céréales et les légumes secs, moins périssables.

« On a pu constater que ces pertes sont plus importantes du côté des producteurs, là où ont lieu la récolte et l’abattage », explique Mme Fabi.

« Par exemple, il y a un énorme problème sur le plan du stockage sur les fermes », poursuit-elle.

Elle évoque les pays subsahariens, où les excédents stockés sur la ferme, avec des méthodes traditionnelles, dans des silos en bois soumis aux intempéries, sont exposés aux micro-organismes, aux insectes, aux rongeurs, « des conditions qui font qu’il y a d’énormes pertes au stade du stockage ».

Des procédés de très basse technologie, comme le remplacement de ces silos de bois par des tonneaux métalliques ou des sacs traités avec des insecticides, « réduisent les pertes de manière très, très notable », souligne Mme Fabi.

« Parfois, les agriculteurs n’ont pas les moyens d’accéder à ces techniques. C’est là où il faut une intervention publique d’aide à l’investissement », ajoute-t-elle.

Les mesures de réduction des pertes « ont un coût économique (infrastructures, équipement) ou environnemental, si c’est une plus grande consommation d’énergie pour la réfrigération ou le transport », souligne Mme Fabi, soulignant la nécessité d’une bonne analyse coûts / bénéfices, afin de s’assurer que le « surcoût pour mieux protéger les aliments compense bien la perte ».

Une étude de 2011 commandée par la FAO disait qu’un tiers de la production alimentaire n’était pas consommé, de la récolte à la consommation, un décalage avec le chiffre de 14 % qui s’explique par la non-prise en compte du gaspillage à partir de la vente au détail, un indicateur sur lequel travaille encore le Programme des Nations unies pour l’environnement.