La viande végétale, une nouvelle ère de productivité, dit le p.d.-g. de Beyond Meat

Les galettes de hamburger et les saucisses de l’entreprise californienne Beyond Meat, faites de protéines végétales, ont pris d’assaut les marchés, et même la bourse.
Photo: Justin Gullivan / Getty Images North America / Agence France-Presse Les galettes de hamburger et les saucisses de l’entreprise californienne Beyond Meat, faites de protéines végétales, ont pris d’assaut les marchés, et même la bourse.

La transition de la viande animale vers la viande végétale va déclencher une nouvelle ère de productivité en agriculture, croit le fondateur de Beyond Meat, Ethan Brown. Et le Canada est bien placé pour en tirer profit, dit-il.

Les galettes de hamburger et les saucisses de l’entreprise californienne Beyond Meat, faites de protéines végétales, ont pris d’assaut les marchés, et même la bourse : l’entreprise a été inscrite au NASDAQ au début du mois de mai.

Beyond Meat vend notamment des galettes faites à partir de pois, d’huile de canola, de haricots mungo et de protéines de riz — pas de soya, pas de gluten ni d’aliments génétiquement modifiés, selon l’entreprise.

M. Brown a pris la parole mardi lors d’une discussion sous le thème « La prochaine révolution agroalimentaire » à la Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques qui se poursuit dans la métropole jusqu’à jeudi.

Outre les bénéfices pour la santé qu’il relie à ses produits, il croit que si l’eau et les terres agricoles peuvent servir à faire pousser des légumes et d’autres aliments sous forme végétale, la quantité de nourriture destinée à l’alimentation humaine va croître de façon exponentielle.

M. Brown soutient — en se basant sur une étude commandée à l’Université du Michigan — qu’une galette végétale nécessite 99 pour cent moins d’eau et 93 pour cent moins de terres arables pour être produite, la moitié de l’énergie, sans oublier une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Pour le moment, on réussit à faire pousser de grandes quantités de végétaux, dont du maïs, mais on les transforme en les faisant digérer par des animaux, pour les engraisser, a-t-il illustré. Amenons plutôt cette efficacité de production, tout ce maïs directement dans les assiettes, a lancé M. Brown devant une salle composée en bonne partie de gens d’affaires.

Une menace pour l’agriculture ?

Qu’est-ce que la viande ? Des acides aminés et des lipides, entre autres. Et cela est disponible à l’extérieur des animaux. « On peut donc les contourner », a expliqué l’entrepreneur, en reproduisant « l’architecture de la viande ».

« Est-ce une menace pour l’agriculture ? Absolument pas. C’est la plus importante opportunité pour l’agriculture, à mon avis, depuis au moins un siècle. »

Le Canada peut profiter de cette manne, ainsi que ses entreprises, croit-il, citant les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan, dotées de vastes terres agricoles.

Il y a tellement de possibilités avec les produits alimentaires utilisés par Beyond Meat, dit-il : les pois jaunes, les graines de moutarde, parmi bien d’autres. « Vous avez la capacité de les faire pousser en abondance », a lancé l’homme, dont le père, Peter G. Brown, enseigne toujours à la Faculté de l’agriculture et des sciences environnementales à l’Université McGill à Montréal.

Pour le moment, toutefois, Beyond Meat ne se procure pas ses ingrédients auprès des agriculteurs canadiens, a confirmé l’entreprise mardi.

Au Canada, la chaîne de restauration rapide A & W offre depuis l’an dernier un hamburger contenant une galette de Beyond Meat, qui est maintenant aussi en vente dans plusieurs épiceries.

Ne voulant pas être en reste, Tim Hortons a commencé la mise à l’essai de trois nouveaux sandwichs-déjeuner Beyond Meat et pourrait les distribuer à l’échelle du Canada d’ici la fin de l’été.