Le nouveau «Guide alimentaire canadien» enfin dévoilé

Fini les portions recommandées et les groupes alimentaires tels qu’on les connaît depuis plusieurs années.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Fini les portions recommandées et les groupes alimentaires tels qu’on les connaît depuis plusieurs années.

Attendu depuis des mois, le nouveau Guide alimentaire canadien a finalement été dévoilé mardi matin. Sa dernière révision datant de 2007, cet outil de référence avait besoin d’une sérieuse mise à jour, de l’avis des experts et des organismes qui ont pris part aux consultations.

La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a présenté la nouvelle version du guide lors d’une conférence de presse mardi matin, au marché Jean-Talon, à Montréal.

Un des changements majeurs est l’abandon des portions recommandées pour chaque groupe alimentaire, soit les fruits et légumes, les produits céréaliers, les produits laitiers ainsi que les viandes et leurs substituts.

L’idée de proportion demeure toutefois si l’on tient compte de l’assiette d’aliments qui remplace le fameux « arc-en-ciel » sur la page de présentation du document. Elle est constituée pour moitié de fruits et légumes, d’un quart de protéines animales et végétales et d’un quart d’aliments à grains entiers.

Découvrez les principaux changements du nouveau guide alimentaire

 

 

« Ce qui ressortait de l’évaluation du précédent guide, c’est que les Canadiens trouvaient difficile d’appliquer les recommandations en fonction des portions indiquées », a reconnu le Dr Alfred Aziz, qui prendra la relève cette année en tant que directeur général de la politique et de la promotion de la nutrition à Santé Canada.

L’organisme fédéral compte néanmoins publier, plus tard en 2019, des lignes directrices plus détaillées pour aider les écoles, les milieux de travail, les centres récréatifs ou encore les établissements de santé à constituer leurs menus en fonction de certaines quantités, comme ils en avaient l’habitude. 

Photo: Santé Canada L'assiette de proportions recommandées a remplacé le fameux «arc-en-ciel» des groupes alimentaires.

Le nouveau guide prend la forme de trois grandes lignes directrices.

Ligne directrice no 1 : les fondements de la saine alimentation. Le nouveau guide conseille aux citoyens de préparer chaque jour des menus à l’aide d’une variété d’aliments.

Ils devraient consommer « régulièrement des légumes, des fruits, des grains entiers et des aliments protéinés ». L’accent est particulièrement mis sur les protéines d’origine végétale. Vaut mieux donc manger davantage de tofu, de pois chiches ou encore de noix plutôt que de la viande rouge, des oeufs ou de la volaille. Ces derniers ne sont pas rayés du guide, mais doivent être consommés moins souvent.

« Les viandes transformées sont liées à un risque accru de cancer colorectal, et un apport plus élevé en lipides saturés est lié à des taux de lipides sanguins défavorables et un risque plus élevé de diabète de type 2 », précise notamment le document.

La présence des produits laitiers dans la catégorie des « aliments protéinés » risque d’ailleurs d’en surprendre plus d’un. Yogourt, fromage et lait constituaient à eux seuls un groupe alimentaire dans l’ancien guide. Ils sont tombés de leur piédestal.

Ligne directrice no 2 : les aliments et boissons qui nuisent à la saine alimentation. Autre nouveauté, le guide alimentaire s’aventure cette fois à montrer du doigt certains produits qui, lorsque consommés trop souvent, peuvent nuire à la bonne santé.

Boissons gazeuses, laits aromatisés et jus de fruits doivent être bus avec grande modération, prévient Santé Canada. L’eau devrait plutôt être la boisson de premier choix. Pour varier de temps en temps, le lait plus faible en gras, les boissons végétales, le café et le thé peuvent être de bonnes options.

Les aliments transformés ou préparés sont aussi à limiter. « Lorsqu’ils sont consommés régulièrement, ils peuvent contribuer à l’excès de sodium, de sucres ou de lipides saturés », peut-on lire.

On retrouve aussi au passage une mise en garde contre l’alcool, qui à long terme augmente les risques de cancer, d’hypertension ou de maladies du foie.

Ligne directrice no 3 : l'importance des compétences alimentaires. Dans sa nouvelle version, le guide alimentaire ne s’intéresse pas uniquement à ce qui se retrouve dans l’assiette des Canadiens. Il leur donne aussi des conseils pratiques pour adopter de « saines habitudes alimentaires ».

Les Canadiens sont par exemple encouragés à cuisiner eux-mêmes plus souvent, à manger un repas en bonne compagnie en prenant le temps de savourer ce qu’ils mangent, ou encore à apprendre la sensation de faim et celle de satiété, qui sont propres à chacun.

Santé Canada recommande également dans son guide d'utiliser les étiquettes sur les produits achetés en épicerie afin de faire des choix éclairés. Mais aussi de rester vigilant face au marketing alimentaire.