Molson dans une coentreprise de boissons à base de cannabis

La branche commerciale de Molson Coors Brewing a annoncé mercredi la collaboration avec The Hydropothecary Corporation (HEXO).
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La branche commerciale de Molson Coors Brewing a annoncé mercredi la collaboration avec The Hydropothecary Corporation (HEXO).

Le brasseur torontois Molson Coors Canada et le producteur de cannabis The Hydropothecary (HEXO), de Gatineau, ont donné plus de détails sur la formation d’une coentreprise pour développer des boissons non alcoolisées à base de cannabis.

La branche commerciale de Molson Coors Brewing a annoncé mercredi que la coentreprise avec The Hydropothecary Corporation, maintenant connue sous le nom de HEXO, sera une entreprise indépendante dotée de son propre conseil d’administration et de sa propre équipe de gestion. Molson Coors Canada détiendra 57,5 % des parts et HEXO aura les autres parts.

« La bière reste au coeur de nos activités, mais nous sommes ravis de créer une nouvelle entreprise indépendante avec un partenaire de confiance qui sera un chef de file du marché et qui offrira de nouvelles expériences aux consommateurs canadiens », a déclaré Frederic Landtmeters, président et chef de la direction de Molson Coors Canada.

Cet accord est conclu alors que le Canada s’apprête à devenir le deuxième pays au monde à légaliser la marijuana récréative à l’échelle fédérale et que de nombreuses entreprises se démènent pour saisir les occasions d’affaires qui en découleront.

D’autres entreprises de produits alcoolisés ont également contacté des compagnies de marijuana canadiennes en raison de la baisse de la consommation de bière au Canada et des craintes que la drogue légale et bientôt en service ne réduise les ventes d’alcool. En mai, le producteur de marijuana Aphria a annoncé avoir conclu un accord qui verra Southern Glazer’s Wine Spirits, l’un des plus grands distributeurs de vins et spiritueux d’Amérique du Nord, devenir son distributeur exclusif de produits de cannabis récréatif au Canada.

La bière reste au cœur de nos activités, mais nous sommes ravis de créer une nouvelle entreprise indépendante [...] qui offrira de nouvelles expériences aux consommateurs canadiens

La société Aurora Cannabis d’Edmonton a annoncé en février qu’elle achètera une participation de 20 % dans le détaillant Liquor Stores N.A., qui a changé son nom la semaine dernière pour Alcanna afin de refléter les divisions d’alcool et de cannabis. Canopy Growth a conclu une entente l’automne dernier avec Constellation Brands qui a vu le fournisseur d’alcool investir 245 millions pour une participation de 10 % dans Canopy. Les deux sociétés font également équipe pour le marketing et le développement de produits.

La marijuana récréative doit devenir légale au Canada le 17 octobre, mais les produits comestibles infusés avec du cannabis, y compris des boissons, demeureront illégaux jusqu’à ce que des règlements gouvernementaux précis soient adoptés au plus tôt en 2019.

HEXO, dont le siège social est situé à Gatineau, exploite actuellement une capacité de production de plus de 27 000 mètres carrés (300 000 pieds carrés), et prévoit d’occuper trois fois cette surface d’ici la fin de l’année.

Profits en hausse

Dans la foulée, Molson Coors publiait mercredi ses résultats financiers pour le deuxième trimestre clos le 30 juin. Son bénéfice net a atteint les 424,1 millions $US, ou 1,96 $US par action, contre 329,9 millions, ou 1,52 $US l’action, au trimestre correspondant de 2017. Ses ventes nettes sont demeurées relativement inchangées, à 3,09 milliards.

Mark Hunter, président et chef de la direction de Molson Coors, a souligné que la hausse du bénéfice « reflète l’établissement à l’échelle mondiale de prix nets positifs, les réductions de coûts réalisées, la baisse des frais de commercialisation et la diminution du taux d’imposition ; nous avons par ailleurs continué de renforcer notre bilan en réduisant la dette nette ». Il a rappelé « les défis avec lesquels nos secteurs États-Unis et Canada continuent de composer en ce qui a trait à la demande dans l’industrie et les pressions inflationnistes ».

Avec Le Devoir