Le kombucha gagne la cuisine des Québécois

S’il est assez simple (et économique!) de faire soi-même son kombucha à la maison, il est facile de rater sa culture en la laissant trop longtemps fermenter ou en n’utilisant pas assez de sucre
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir S’il est assez simple (et économique!) de faire soi-même son kombucha à la maison, il est facile de rater sa culture en la laissant trop longtemps fermenter ou en n’utilisant pas assez de sucre

Séduits par le goût pétillant et légèrement amer du kombucha, de plus en plus de Québécois se lancent dans la préparation maison de cette boisson à base de thé fermenté. Ils pourront même faire évaluer leur produit par des experts en la matière lors du premier festival de kombucha qui se déroulera dimanche à Ottawa.

Glanant des conseils sur les réseaux sociaux, auprès de leurs amis ou dans un cours, les Québécois sont désormais nombreux à préparer leur kombucha dans le confort de leur cuisine. Une façon d’économiser en s’amusant à manipuler des bactéries.

Un détail qui n’a pas échappé aux organisateurs du premier festival de kombucha, le Boochfest. Si une vingtaine de grandes marques seront présentes pour faire découvrir leurs produits dimanche, un espace sera aussi accordé aux amateurs. Une compétition de kombucha maison est en effet prévue et compte déjà cinquante participants. « Ça montre l’engouement pour la boisson et la possibilité d’en faire chez soi sans trop de difficulté », explique l’une des organisatrices, Samira Drapeau.

Il faut dire qu’il suffit de peu : du thé, du sucre, de l’eau, une culture de levure et de bactéries (une « mère kombucha ») et une dizaine de jours de fermentation.

« Ce n’est pas compliqué, mais au début, tu peux facilement rater en le laissant trop longtemps fermenter ou en n’utilisant pas assez de sucre. Soit ça va goûter le vinaigre, soit il va y avoir de la moisissure. Alors, tu recommences et tu deviens meilleur », témoigne Marc-Antoine Baril, qui s’est lancé il y a près d’un an.

C’est son goût et le côté artisanal de la chose qui ont poussé le jeune homme à se procurer sa première « mère kombucha ». « J’étais curieux d’apprendre, ça semblait plus simple que faire sa propre bière et le fun de pouvoir créer différentes saveurs », explique-t-il.

Au fil des semaines, il a aussi constaté les économies qu’il réalisait. Une petite bouteille coûte environ 5 $ en magasin ; il lui suffit de 2 $ pour préparer huit litres de kombucha maison.

Commercialisation coûteuse

Un détail qui n’a pas non plus échappé à Benoît Daoust, qui fait son kombucha avec sa conjointe depuis six ans. C’est lorsqu’ils ont voulu créer leur entreprise il y a trois semaines qu’ils ont réalisé les coûts associés à la commercialisation du produit. « Ce n’est pas le liquide qui coûte cher, c’est le reste : l’impression des étiquettes et publicités, les bouteilles et leur transport, le permis de vente… »

Même son de cloche du côté de Rise, leader canadien dans la vente de kombucha. « Les gens ne réalisent pas combien de ressources on met dans la production. Le verre coûte cher, nos ingrédients sont de qualité et bio. Nos marges de profit ne sont pas plus élevées qu’un autre jus », explique le président et cofondateur de l’entreprise, Julian Giacomelli.