Le vélo pour sauver la planète... et l’humain?

Si 14% des déplacements dans les grandes villes du monde étaient effectués à vélo, les émissions de gaz à effet de serre diminueraient de 11%.
Photo: Spencer Platt Getty Images Agence France-Presse Si 14% des déplacements dans les grandes villes du monde étaient effectués à vélo, les émissions de gaz à effet de serre diminueraient de 11%.

Oubliez la voiture électrique. Remplacer les voitures par des vélos serait la solution la plus économique pour sauver la planète.

Le journaliste britannique Peter Walker — qui couvre la politique en plus de tenir le blogue « vélo » du journal The Guardian — n’y va pas avec le dos de la cuillère avec le titre de son nouveau livre : How Cycling Can Save The World : « de l’éradication des problèmes de santé liés à l’inactivité jusqu’à l’atténuation des changements climatiques, d’un coup de fouet aux économies locales jusqu’à la construction de communautés », énumère-t-il au magazine Fast Company. Le vélo n’a qu’un problème d’image à résoudre... et quelques problèmes d’infrastructures urbaines.

Il faut dire que Walker s’adresse à un lectorat qui part de plus loin que le lecteur québécois ou même parisien moyen : « le vélo n’est pas aussi peu sécuritaire qu’il en a l’air ». Aux États-Unis, 800 personnes meurent chaque année d’un accident de vélo... contre 200 000 qui meurent prématurément d’une maladie liée au manque d’activité physique. 

Une étude publiée au Danemark en 2000 — les études les plus approfondies sur le cyclisme proviennent du Danemark ou des Pays-Bas, écrit-il —, portant sur 30 000 cyclistes suivis pendant 15 ans, a conclu que le risque de décès était de 40 % inférieur au reste de la population.

Aux États-Unis, selon l’étude d’un groupe de pression pour l’amélioration des transports urbains publiée en 2015, si 14 % des déplacements dans les grandes villes du monde étaient effectués à vélo, les émissions de gaz à effet de serre diminueraient de 11 %.

2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 24 avril 2017 08 h 48

    Bravo

    100% pour, pour une bonne partie du monde industrialisé. Malheureusement, à Montréal il y a un hiver. Je ne vois pas le retraité, ou la jeune mère avec ses petits, ni même le courtier cravaté, faire ses emplettes ou aller au travai dans même 10 cm de neige ou en faisant face à un vent glacial de 40 km/h à une température de -20. Pour le Québec, faudra aussi compter sur le transport public.

    • Jean Richard - Abonné 24 avril 2017 10 h 49

      Il faudrait un jour renoncer à ce vieux reflexe de l'impossibilité, celui qui fait dire : « Ma belle-mère doit transporter son piano à queue chaque matin à son travail et je ne la vois pas le faire en vélo ».

      L'hiver et le vent glacial par -20 °C ? Ça ne ferme pas les centres de ski alpins que je sache. Or, entre une descente à ski et un déplacement urbain à vélo, le plus frigorifiant est sûrement le premier. Certes, il faut savoir que les vêtements ne sont plus ce qu'ils étaient dans les années 50 et il est certain que si on s'habille en « voyageur de commerce », avec une petite écharpe de polyester et des claques canots sur des souliers vernis, on risque de trouver l'expérience un peu déroutante. Mais les modes ont changé et des vêtements qui vous permettent de rester au chaud à -30 °C, ça existe et c'est facile à trouver. Une fois le cycliste adapté, il reste la monture. Si on en juge par le nombre croissant de cyclistes quatre saison, la chose est loin d'être insurmontable. Il ne reste à faire qu'un effort d'amélioration des infrastructures mais ça va venir, un peu trop lentement peut-être, mais vaut mieux ça que de reculer.

      Il y a toutefois une expression à faire disparaître : cet agaçant « sauver la planète », qui donne à l'exercice une petite couleur de religion, avec ses messies et ses sauveurs. La vision du vélo qu'il faut entretenir n'est pas celle de sauveurs, de héros, qui vont se draper de vertu et de gloire. Cette vision du siècle dernier ne fait que contribuer à entretenir la marginalité du vélo comme transport urbain. Le vélo fait partie des solutions de transport saines et efficaces en vue d'améliorer la mobilité urbaine, avec un impact minimal sur l'environnement. Et parmi les effets secondaires du vélo, il est vrai qu'on peut y ajouter une incidence positive sur la santé, celle des gens et celle de l'économie.

      Et qu'on en finisse avec la presbytie : à trop parler de planète on finit par en oublier son environnement de proximité.