Deux femmes d’affaires s’attaquent au sucre

On retrouve du sucre bien sûr dans les pâtisseries, mais aussi dans les condiments, dans les conserves et dans le pain.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir On retrouve du sucre bien sûr dans les pâtisseries, mais aussi dans les condiments, dans les conserves et dans le pain.

Deux chefs d’entreprise canadiennes demandent à l’industrie alimentaire de faire preuve de transparence dans son étiquetage.

La présidente de la chaîne de librairies Indigo Books, Heather Reisman, voit le sucre comme un « ennemi ». Elle a même interdit la vente de chocolat aux caisses d’Indigo afin d’aider les clients à ne pas succomber à une fringale.

Également productrice du documentaire Fed Up sur les effets néfastes du sucre dans les aliments transformés, Mme Reisman avance que la population a développé une dépendance au sucre, qui contribuerait à l’épidémie d’obésité.

« Le sucre est dans tout. C’est dans le ketchup. C’est dans les conserves. C’est dans le pain qu’on mange », a-t-elle déclaré devant la Chambre de commerce de Toronto plus tôt cette semaine.

En moyenne, 13 % des calories consommées au Canada proviennent du sucre, selon la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC. Du côté de l’Organisation mondiale de la Santé, on recommande idéalement un apport maximal de 5 %.

Habitudes à changer

Les Canadiens doivent changer leurs habitudes alimentaires, a clamé Mme Reisman. Pour ce faire, elle juge que les étiquettes alimentaires méritent plus de clarté.

L’ex-directrice générale de Lululemon Christine Day abonde dans le même sens. Maintenant administratrice de Luvo — une compagnie de repas congelés faible en sodium et en sucre —, elle demande à ce qu’on indique mieux les sucres ajoutés dans les aliments jugés « santé » comme le yogourt et les barres granola.

« Que notre gouvernement soit prêt ou non à faire face à cet enjeu, les entreprises canadiennes sont disposées à offrir des solutions », affirme Mme Day.

À l’heure actuelle, le nombre de grammes de sucre contenus dans une portion — l’équivalent d’environ une demi-tasse — est obligatoirement indiqué sur les emballages.

Heather Reisman suggère une approche plus « franche » : indiquer la quantité de sucre en cuillères à thé. En juin dernier, Santé Canada a proposé deux modifications : ajouter le pourcentage de la recommandation quotidienne en sucre et lister les ingrédients sucrés de manière consécutive.

Santé Canada révise présentement les commentaires recueillis lors de sa consultation publique qui a pris fin en août. Le premier ministre Justin Trudeau aurait demandé à la ministre de la Santé, Jane Philpott, de faire du dossier de l’étiquetage une de ses priorités.

4 commentaires
  • Emile Depauw - Abonné 7 avril 2016 13 h 16

    emile depauw

    Quelle coincidence...The Guardian aujourd'hui publie un long article sur les méfaits du sucre intitulé: The sugar conspiracy...des pages et des pages de preuves que le sucre est a la base de l'obésité. Incroyable ce que les sugar barons nous ont servi durant des années.

  • Yvon Bureau - Abonné 7 avril 2016 13 h 36

    Urgence d'un Sommet sur

    Moins de sucre Moins de gras Moins de sel.

    Urgence vaut mieux que Argence |

    • Pierre Hélie - Inscrit 7 avril 2016 18 h 20

      Désolé, mais l'évidence en ce moment, c'est moins d'hydrates de carbone et plus de gras (pas les trans mais les saturés, oui) et de protéines. Et non, le cholestérol n'est pas un poison; le sucre, oui.

  • Alain Massicotte - Abonné 7 avril 2016 23 h 55

    des femmes d'affaires s'attaquent au sucre

    Maintenant administrative de Luvo décidément ces profiteurs(trices) DU SYSTÈME arrive toujours au bon moment (administrattive 0 de repas congelé faible en sucre et en sodium où etaient-t-elles avant ces nominations RÉVÉLATION comme si on ne savait pas que ces deux ingrédiants sont néfastes pour notre santé Qu'elle profiteuse ,bonne publicité pour leur compagnie et je dis profiteuse par peur d'être sencuré.Le Capitalisme est toujours à l'affut des bonnes affaires.