La mode en écopartage

Vue sur l’intérieur de la boutique La petite robe noire
Photo: La petite robe noire Vue sur l’intérieur de la boutique La petite robe noire

Toutes les occasions sont bonnes pour se procurer une nouvelle robe. Bal, mariage, gala, 5 à 7 ou rendez-vous doux. Souvent, en attendant de se faire oublier, la tenue cher payée amasse la poussière dans le placard. Car c’est là un des revers des réseaux sociaux, personne n’a envie d’être vu deux fois avec la même tenue sur le dos.

C’est justement dans l’esprit de mieux consommer et d’économiser tout en restant à l’affût des tendances mode que deux entreprises montréalaises ont fait leur marque en louant des robes pour une fraction du prix. Une manière écologique et pratique d’être « la plus belle pour aller danser » sans y laisser sa chemise. Par la même occasion, les femmes peuvent laisser leurs propres robes en dépôt afin que d’autres puissent les emprunter, ce qui leur permet de faire des sous avec leurs propres robes.

Zara, Mango, BCBG Maxazria, Marie Saint-Pierre, Dior : c’est dans le haut de gamme que se spécialise Loue 1 Robe, entreprise créée il y a deux ans. La propriétaire, Sarra Ghribi, loue plus de 605 tenues (dont certaines valent jusqu’à 5000 $) entre 25 $ et 250 $. Son service de consultation par Skype lui permet de servir les femmes de Toronto autant que celles du Saguenay. « Oui, j’ai des clientes de Westmount et des personnalités connues qui préfèrent louer qu’acheter ! Ce n’est plus une question de ne pas avoir les moyens de s’offrir une robe neuve. La location est une façon d’éviter le gaspillage », explique avec passion Sarra Ghribi, aussi conseillère en image. Puisqu’elle a travaillé dans l’événementiel, elle connaît la plupart des grands événements et sait conseiller les clientes sur le type de robe approprié au décorum de certaines occasions spéciales.

Sa boutique, ouverte sur rendez-vous, propose un choix encore plus grand qu’une boutique dans les magasins. Elle offre plus de 600 modèles, allant des tailles 0 à 20. Chaque robe est aussi unique. « Je ne veux surtout pas que deux de mes clientes se trouvent avec la même robe au même événement ! », lance l’entrepreneure, consciente de ce souci féminin.

Faire fructifier sa garde-robe

Alors que les hommes ont déjà ce type de service, le concept de location de robes, très populaire en Europe, n’avait pas encore pris son essor dans la province, mais ça y est. L’intérêt manifesté est plus que palpable, se réjouit Vanessa Lajeunesse, copropriétaire de La petite robe noire, qu’elle et son amie, Mélodie d’Amour, ont lancée il y a moins de trois mois. Elles ont commencé en regroupant les 200 robes qu’elles possédaient en commun ; maintenant, les 600 modèles qu’elles offrent en location ont tous été mis en dépôt par leurs clientes. Celles-ci reçoivent 30 % du prix de la location lorsque leur robe est empruntée, tout comme chez Loue 1 Robe.

Par exemple, l’une des clientes fidèles de La petite robe noire a déposé une soixantaine de robes à la boutique. Ses robes de marque sont populaires et souvent louées, si bien que cela lui a permis de gagner près de 300 $ le mois dernier. « C’est de l’argent qui dormait dans sa garde-robe, mais en les prêtant, elle fait du profit dessus », déclare la jeune femme férue de mode, également enseignante au primaire.

Pour les emprunteuses, la location est aussi avantageuse. Les 500 $ qu’elles dépenseraient pour une tenue de bal, par exemple, leur permettent de se procurer trois, cinq ou sept tenues différentes parmi les robes tendance (les modèles crayons, crop top et t-shirts sont très populaires) en plus de se pavaner dans des marques qu’elles n’auraient jamais pu s’offrir.

Au-delà de la robe

Si Sarra Ghribi se concentre sur les tenues féminines, c’est qu’au-delà de la robe, habiller le corps féminin offre de beaux défis. « L’homme a confiance en lui, peu importe ce qu’il porte. Les femmes, c’est différent. Moi aussi, j’ai eu de la difficulté à accepter mon corps, dit-elle en faisant référence à la taille 18 qu’elle portait à l’adolescence. Les femmes sont fortes, elles travaillent beaucoup, ne se plaignent jamais, elles vivent sous la pression et je sais qu’elles n’ont pas toujours confiance en elles. Je veux leur prouver que, peu importe le corps qu’elles ont, elles sont belles. » Il suffit de trouver la couleur et la coupe parfaite. Bref, de trouver robe à sa silhouette.

Plus qu’un accessoire, la robe devient aussi une manière d’exprimer sa personnalité. Et le regard extérieur des filles de Loue 1 Robe et de La petite robe noire est une belle occasion de sortir de sa zone de confort et d’expérimenter des styles choisis pour elles, à travers ce tissu social de robes prêtées par des femmes de tous les âges.

En un clin d'oeil

Loue 1 Robe

Où : 3463, rue Sainte-Famille, métro Place-des-Arts (sur rendez-vous au 514 553-2364), loue1robe.com
Combien : entre 25 $ et 250 $ pour une location de 48 heures
Tailles : de 0 à 20
Comprend : retouches, nettoyage et taxes
En location : robes de soirée, robes de mariée, bijoux, sacs à main
Services : maquillage, coiffure, livraison « gants blancs »

La petite robe noire

 : 4030, rue Saint-Ambroise, local 230, métro Place-Saint-Henri (sur rendez-vous), lapetiterobenoire.ca
Combien : entre 20 $ et 150 $ pour une location de 72 heures
Tailles : de 0 à 12
Comprend : retouches, nettoyage et taxes
En location : robes, bijoux, sacs à main, chaussures
Services : maquillage, coiffure, extension de cils
Robe en dépôt : la propriétaire de la robe reçoit 30 % du prix de la location.