Les producteurs de pommes inquiets

Les producteurs craignent que les gens cessent de consommer des pommes, par association.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Les producteurs craignent que les gens cessent de consommer des pommes, par association.

La Fédération des producteurs de pommes du Québec se dit préoccupée par l’autorisation qui vient d’être accordée aux États-Unis pour une pomme qui a été génétiquement modifiée afin de ne pas brunir lorsqu’elle est coupée. Pour le moment, cette pomme n’est pas vendue au Québec ni au Canada.

À la mi-février, le département américain de l’Agriculture a en effet approuvé deux variétés de pommes génétiquement modifiées, la Arctic Granny et la Arctic Golden, soit une Granny Smith génétiquement modifiée et une Délicieuse jaune génétiquement modifiée. Elles ont été mises au point par une entreprise canadienne qui provient de la Colombie-Britannique.

Cette autorisation signifie que les producteurs des États-Unis auront le droit de cultiver ces variétés de pommes génétiquement modifiées pour faire des essais et les vendre éventuellement aux États-Unis, peut-être dans trois ans, a expliqué en entrevue vendredi la présidente des Producteurs de pommes du Québec, Stéphanie Levasseur.

« Pour l’instant, le gouvernement canadien ne les a pas approuvées, donc on ne pourrait pas les produire ici. Maintenant, est-ce qu’il permettrait de les importer ? Il faudrait leur demander », a lancé Mme Levasseur.

« On se bat pour ça, ça fait longtemps, d’avoir une réciprocité. Si c’est interdit de production ici, il ne faudrait pas que ça puisse rentrer d’ailleurs », a insisté Mme Levasseur.

Bien que ces pommes ne soient pas autorisées au Canada, Mme Levasseur craint qu’elles suscitent de la méfiance chez les consommateurs, au point où ceux-ci délaisseraient les pommes en général, par manque d’information. « Ce qui nous inquiète, c’est que les gens, par association, délaissent la consommation de pommes. C’est pour ça qu’on veut vraiment marteler le point que ce ne sont pas des variétés qu’on produit au Québec et que pour l’instant, elles ne sont disponibles sur le marché nulle part au Canada », a commenté Mme Levasseur.

Incompréhension

« Si jamais la commercialisation de ces variétés modifiées-là devient possible, bien il faudrait peut-être au moins demander qu’elles?soient?identifiées comme telles », a-t-elle plaidé.

La présidente des Producteurs de pommes du Québec affirme ne pas comprendre cette stratégie de modifier les gènes des pommes pour les rendre plus résistantes au brunissement, d’autant plus qu’il existe déjà des variétés de pommes qui, naturellement, s’oxydent peu lorsqu’elles sont exposées à l’air. Elle cite les variétés comme Cortland, Honey Crisp et Royal Gala. « On ne voit pas la nécessité de faire des avancées de ce côté-là pour un problème qui, en fait, n’existe pas vraiment », a-t-elle dit.