Une histoire de noms

Le copropriétaire de Pit Caribou, Francis Joncas, dans son espace de travail à Percé.
Photo: Guillaume D. Cyr Le copropriétaire de Pit Caribou, Francis Joncas, dans son espace de travail à Percé.

À l’abri de la tempête, Îles-de-la-Madeleine

«On était des fans de Jim et Bertrand, et ils ont un album qui s’appelle À l’abri de la tempête qui nous inspirait. C’était un album de voyages et de bord de mer, raconte Jean-Sébastien Bernier. On a eu beaucoup de misère, au début, à trouver un local aux Îles. On a fini par trouver une ancienne usine de transformation de poisson qui était abandonnée en bordure de la mer et bien battue par les éléments. Le premier hiver qu’on a passé là a été très dur. Il fallait venir en raquettes parce que le chemin n’était pas ouvert. On couchait dans ce bâtiment à moitié isolé. C’était notre abri de la tempête, alors ça s’est placé comme ça. »

Pit Caribou, Percé

«Pit Caribou, c’était un personnage des Belles histoires des pays d’en haut. J’ai toujours été un fan de cette émission-là. Quand j’étais petit, ma mère écoutait ça, mon grand-père aussi. Ç’a marqué mon enfance. Pit Caribou, c’était l’alcoolique du village, le pantin de Séraphin », raconte Francis Joncas. L’étiquette de la bière représente toutefois un vieux pêcheur qui n’a rien à voir avec le personnage. Certains pensent que c’est le visage d’un « vieux voyageur » qui a aidé Francis Joncas à financer l’entreprise au début. Or, c’est plutôt le visage d’un vieux pêcheur du coin. Si jeune soit-elle, la Pit Caribou a déjà ses propres légendes.

Le Trou du Diable, Shawinigan

Le Trou du Diable (TDD) réfère à une formation géologique de la région, une sorte de cuve au fond des chutes de Shawinigan. La légende raconte que le diable y réside. Les noms des bières du TDD sont aussi associés à toutes sortes d’histoires. C’est le cas de la Buteuse, qui rend hommage à un prêtre mort dans les chutes au XVIIe siècle, Jacques Buteux. Dans l’histoire plus récente, la Shawinigan Handshake réfère à l’altercation entre le plus connu des Shawiniganais et le manifestant Bill Clennett.

Kruhnen, Blainville

Les nouvelles micros ne sont pas nécessairement enracinées dans le patrimoine québécois. À Blainville, Ovi Bercan, Roumain d’origine, embouteille une bière québécoise et… transylvanienne. Le mot Kruhnen réfère à l’ancien nom de la ville fortifiée où il a grandi en Roumanie. « Je mets dans mes bières une épice secrète qui vient de Transylvanie. » Leurs noms se rapportent au monde de Dracula et aux légendes de dragons des Carpates. Ironiquement, les bières en Roumanie sont des lagers de type allemand, alors que M. Bercan produit plutôt des ales à la manière belge, anglaise ou américaine.