Un simple feu de paille?

Marie-Pier Lagarde et Juan Lamontagne, du Vapeur Express, avenue du Mont-Royal, à Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Marie-Pier Lagarde et Juan Lamontagne, du Vapeur Express, avenue du Mont-Royal, à Montréal

Quand le Français Vincent Fenoll est revenu s’installer à Montréal, il y a un an et demi, seul Vaporus vendait des vapoteuses et des liquides aux ex-fumeurs, alors qu’en France, les cigarettes électroniques pullulaient déjà. Au Québec, ce n’était qu’une question de temps, car les gens faisaient jusqu’à 45 minutes de queue pour acheter leur matériel devant cette boutique de la rue Saint-Denis.

« On dirait que tout le monde a eu la même idée en même temps », se rappelle M. Fenoll, auteur d’eVAP, un blogue d’information sur la cigarette électronique. Depuis environ six mois, le nombre de boutiques a explosé. Des indépendants et des chaînes ont désormais pignon sur rue et sur le Web, à Montréal autant qu’à Sherbrooke ou à Québec, où on en trouve actuellement une douzaine.

« La concurrence commence à être assez dure. C’est plutôt fini pour les entrepreneurs qui veulent ouvrir leur boutique, car les gros joueurs commencent déjà à intimider les petits pour revendiquer leur territoire », ajoute Vincent Fenoll, un ancien fumeur qui vapote des liquides au melon miel, son parfum préféré, depuis quatre ans.

C’est qu’il y a bien sûr beaucoup d’argent à gagner avec le marché de la vapoteuse, qui n’est toujours pas réglementé. Julien-Pierre Maltais, le gérant de district de Vaporus, qui compte six boutiques, dont une nouvelle rue Sainte-Catherine, reconnaît que l’entreprise est très profitable. « Sinon, on ne pourrait pas se payer des loyers sur les grandes artères de la ville. Faire un coup d’argent est ce qui va amener beaucoup de gens dans cette industrie, et je ne crois pas que tous le font pour les bonnes raisons », note-t-il.

Jacques Nantel, professeur titulaire en marketing à HEC, croit que cette vague ne sera qu’un épiphénomène, à l’image des clubs vidéo qui ont champignonné dans les années 1980 avec l’arrivée du VHS. « Ces effets de mode se produisent quand il y a la combinaison de deux choses : un nouveau produit et une récession, et ç’a un impact sur le commerce de détail. D’ici un an, un an et demi, il y a fort à parier que, dès que le volume des ventes sera plus important, les vapoteuses et la vente des liquides vont être reprises par les Couche-Tard et autres compagnies qui ont un réseau plus large de distribution. »

En plus de voir ses anciens clients ouvrir à leur tour leur propre commerce de vapoteuses, Julien-Pierre Maltais se souvient d’être récemment entré dans une boutique ouverte par quelqu’un qui avait commencé à vapoter trois semaines plus tôt. Un fait qui inquiète le gérant, puisque les liquides conçus par certains amateurs, comme c’est le cas des produits en vente au Québec, peuvent présenter un risque pour la santé du consommateur.

« On peut faire beaucoup de profits sur les liquides, dit Vincent Fenoll, d’eVAP. Quand les boutiques achètent un liquide fabriqué par une marque reconnue, il y a moins de profits à faire, alors, pour encaisser un maximum d’argent, le petit commerce du coin a plus intérêt à fabriquer ses liquides. »

Pour le néophyte qui veut se retrouver dans ce Far West de la nicotine vapeur et ce milieu qui évolue à la vitesse grand V, Vaporus suggère de prendre le temps de se faire conseiller en boutique, car les besoins de chacun diffèrent selon que l’on fume deux paquets d’Export par jour ou un cigarillo aux fraises lors de soirées entre amis.

Il faut aussi se rappeler que l’on n’achète pas une vapoteuse comme on achète un sac de chaussettes chez Costco. En se tournant vers la vapoteuse, il ne faut pas que les gens oublient que la vapeur de ces liquides est aspirée par les poumons et ingérée dans leur corps. « Puisque ce n’est pas encore réglementé, il faut évidemment s’assurer que c’est fait de manière professionnelle. »

3 commentaires
  • Regis Verdine - Inscrit 20 octobre 2014 03 h 53

    Oui attention au e-liquide !

    Du E-liquide de qualité ce n'est pas quelque chose de négligeable pour el consommateur.

    Penser qu'on peut mélanger tout ce qu'on veut et le vapoter est loin d'être une évidence en témoigne cette étude sur l'impact des arômes et des dosages : http://www.absolut-vapor.com/addiction-tabac/etude . A noter que les mêmes chercheurs ont fait des analyses sur des e-liquides fait à partir de macérat de tabac avec des résultats assez inquiétants. Rien à voir avec la cigarette classique mais avec une réelle cytotoxicité.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 octobre 2014 07 h 59

      À Regis Verdine,

      Voici un extrait de votre propre article:

      «Au final sur 21 liquides aromatisés testés, 20 n’était absolument pas toxique. Seul un arôme montrait une légère cytotoxicité à la concentration»

      On devrait encourager les gens à abandonner la cigarette conventionnelle pour la cigarette électronique, plutôt que de les inquiéter.

      Deux éminents médecins québécois spécialistes du cœur et des poumons sont aussi aussi de cet avis.

      1) La nicotine N'EST PAS toxique et ne donne pas le cancer.

      2) La cigarette électronique est 450 fois moins nocive que la cigarette conventionnelle.

      Référence :


      « Des médecins à la défense de la cigarette électronique»:

      http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/science/2013/


      .

  • Denis Paquette - Abonné 21 octobre 2014 04 h 23

    Une cigarette qui soigne les bronches

    A ce compte la, le procédé pourrait etre utilisé pour distribuer toutes sortes de medicaments mais ne devrait pas etre sous controle des compagnies de tabac,mais sous celui des differents services de santé, une cigarette qui soigne les bronches n'étais-ce pas le but premier de la cigarette