Consommation - L’art du cadeau, à huit jours de Noël

Alors qu’on entre dans la dernière semaine de magasinage des Fêtes, une étude publiée en 2008 nous rappelle qu’on surestime souvent l’importance que le destinataire accorde à la taille et au prix des cadeaux que l’on offre.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Alors qu’on entre dans la dernière semaine de magasinage des Fêtes, une étude publiée en 2008 nous rappelle qu’on surestime souvent l’importance que le destinataire accorde à la taille et au prix des cadeaux que l’on offre.

Trouver le cadeau de Noël idéal requiert un sens de l’observation aiguisé, de l’altruisme et de la planification. À quelques jours du réveillon, trop tard pour la planification, sans compter que le stress et la fatigue ajoutent au cocktail d’émotions des Fêtes. Pas de panique, il est encore temps de trouver des offrandes senties, tout en demeurant écoresponsable et zen. Vraiment ? Vraiment.

 

Au guichet de la boutique hors taxe, un homme regarde perplexe son oncle ajouter à son achat un quatrième coffret de parfum signé Eva Longoria. « Tu sais, c’est plutôt personnel un parfum, tes nièces ne l’aimeront peut-être pas. » Le vieil homme hésite, puis en ajoute un cinquième. « Il coûte seulement 10 $! C’est l’intention qui compte après tout. »

 

Pourquoi se prendre la tête quand on peut faire simple ?

 

Complexe, le rituel des offrandes en dit long sur notre relation à l’autre et se prête à toutes les interprétations. Même au rayon cadeau, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Lui a plutôt l’instinct d’offrir le cadeau « dont tu as besoin », alors qu’elle voit dans le présent offert le signe d’une grande complicité, rapporte une étude de psychologie sociale publiée en 2002. Deux façons de voir les choses que plusieurs ménages confirment, étude ou pas.

 

Cela dit, quand on ne s’aventure pas dans cette zone grise, il est possible de s’en sortir la tête haute. Pas besoin de vider son compte d’épargne. L’amour ne s’achète pas et le donneur surestime souvent l’importance qu’accorde le destinataire au prix ou à la taille de l’étrenne, nous rappelle une étude du Journal of Experimental Social Psychology, publiée en 2008.

 

Vous flirtez avec l’idée d’offrir le même présent à plusieurs amis ? Allez-y gaiement, suggère une étude toute fraîche du Journal of Consumer Research. En voulant individualiser à tout prix, le donneur risque de passer à côté du « cadeau parfait », plus occupé à se distinguer qu’à se concentrer sur ce qui plaira le plus à chacun. Car c’est bien là la vraie raison de cette transaction sociale : faire plaisir à l’autre.

 

Et comment s’y prend-on, à huit dodos du jour J, quand on a omis de noter tout ce qui fait tomber nos proches en pâmoison ? De tous les réseaux (Facebook, Instagram, Twitter) sur lesquels l’humain épanche aspirations et désirs, Pinterest est une fenêtre discrète où l’on peut épier ce qui branche amis et famille. Plus subtile que la liste de souhaits, elle donne des pistes, tout en préservant l’effet de surprise.


Penser hyperlocal

 

Même à la dernière minute, il n’est pas jamais trop tard pour être écoresponsable. Ce choix peut même s’avérer plus reposant pour qui ceux font des cauchemars juste à l’idée de chercher un stationnement près des grands centres commerciaux. Dans plusieurs artères commerciales, comme celles de la Petite Patrie, d’Hochelaga-Maisonneuve ou de Limoilou, les friperies vintage et les boutiques bondées de produits locaux au design soigné prolifèrent.

 

Selon une étude de l’Observatoire de la consommation responsable, un Québécois sur quatre offrira des produits d’occasion à Noël. « C’est très encourageant. Depuis quatre ou cinq ans, les gens sont plus à l’aise avec l’idée d’avoir des Fêtes éthiques, les médias en parlent beaucoup et la niche de consommateurs responsables a grandi », constate Fabien Durif, directeur et fondateur de cet organisme.

 

Si les produits électroniques caracolent en tête de la liste envoyée au père Noël, M. Durif remarque que les consommateurs — qui dépenseront 633 $ en cadeaux cette année — offrent de plus en plus de présents dématérialisés, comme des cartes-cadeaux, des cours ou des abonnements. Un très bon pari pour la dernière minute, par ailleurs.

 

Fouinez sur le site de Rabais Campus pour dénicher des magazines, envisagez de devenir l’ami d’un musée, achetez des billets de spectacle, cuisinez des biscuits saupoudrés de brillants multicolores et emballez le tout dans un pot Mason décoré d’un joli morceau de tissu.

 

L’impact d’une sincère et bonne intention est toujours plus simple qu’on ne se l’imagine.

2 commentaires
  • Gilles Thériault - Abonné 16 décembre 2013 07 h 34

    FAIRE PLAISIR À L’AUTRE

    Votre article est très pertinent. La préoccupation de se distinguer, ça se voit souvent. Votre conclusion est un rappel apprécié. Merci.

  • Josée Asselin - Inscrit 16 décembre 2013 19 h 40

    Vocabulaire infantile

    J'aime bien l'article, mais est-ce que quelqu'un pourrait bien m'expliquer l'idée des adultes d'employer des mots infantiles tels que "dodos" ? Je suis tellement tannée d'entendre ces mots que l'on utilise pour parler aux enfants dans la bouche d'adultes qui s'adressent à d'autres adultes. Pourquoi toujours ce besoin de s'infantiliser ?