Consommation - Un terrain de jeux aux mille et une possibilités

Les clubs de sport et les centres d’exercice rivalisent d’imagination pour attirer tous les types de consommateur. À Hollywood, un centre propose même un « Rockout Workout », avec tapis au sol et baguettes de percussion, semblable à des exercices de Pilates, mais sans le calme d’un studio de yoga.
Photo: Jae C. Hong Associated Press Les clubs de sport et les centres d’exercice rivalisent d’imagination pour attirer tous les types de consommateur. À Hollywood, un centre propose même un « Rockout Workout », avec tapis au sol et baguettes de percussion, semblable à des exercices de Pilates, mais sans le calme d’un studio de yoga.

Le milieu du conditionnement physique est en grande forme. Crossfit, vélo-cardio, Jukari, CXWORX, clubs haut de gamme avec hammam et bar à jus : les propositions fleurissent alors que les sportifs affluent. Qu’est-ce qui leur fait gagner des joueurs ?

 

Quand la zumba a commencé à résonner en 2001, jamais David Hardy n’aurait pensé que ce party deviendrait l’exercice de groupe le plus populaire au monde.

 

« Je ne suis visiblement pas un expert pour prédire ce qui va marcher ! », reconnaît le président du Conseil du secteur du conditionnement physique du Canada. « Mais les gens qui s’entraînent veulent des résultats. Alors, l’industrie essaie beaucoup de choses et les plus populaires sont celles qui leur permettent d’atteindre ces objectifs. »

 

Cela prend une vingtaine d’années pour changer les habitudes des gens sur la santé physique et le message commence à passer, si l’on se fie aux chiffres. Alors qu’un Canadien sur dix détenait une carte de membre d’un centre sportif en 1999, 15 % de population adhèrent aujourd’hui à un club, un nombre qui gonflera de cinq points dans la prochaine décennie. « Avant, nous avions besoin de faire de la publicité pour vanter les bienfaits d’aller au gym, dit M. Hardy, aussi propriétaire de la chaîne de centres sportifs World Health à Edmonton. Les médias comptent maintenant tous des sections sur la santé et le bien-être » qui, combinées aux campagnes de sensibilisation, ont dégourdi les sportifs de salon.

 

Malgré leurs vies très occupées, les gens consacrent une grande importance à l’entraînement, et les sports d’équipe perdent des adeptes au profit des centres sportifs, constate Frank Pons, professeur au Département de marketing de l’Université Laval intéressé par le marketing sportif. « Avec des cours de 45 à 60 minutes, le gym est un moyen rapide et efficace qui facilite l’adoption d’un mode de vie sain. »

 

Il existe une vingtaine de types de clubs sportifs (pour enfants, pour aînés, grandes surfaces, clubs élite à 200 $ par mois, clubs de niches hyperspécialisées, etc.) et le marché du conditionnement physique tente de s’adapter à la saveur du jour, afin d’appâter tous les types de consommateurs avec des solutions à la clé. Pour les mères pressées ou fatiguées, certains abonnements incluent maintenant garderies et spas. On voit aussi pousser des clubs ouverts 24 heures sur 24, et apparaître une foule de machines et de cours aux noms impossibles combinant plaisir, musculation et cardio (ensemble ou séparément), sur le plancher comme dans l’eau.

 

Certains centres ont même trouvé des solutions pour garder actifs les gens blessés à l’épaule ou au dos. Le Centre sportif de l’UQAM, par exemple, a créé un « gym liquide » en immergeant ses tapis roulants et ses vélos stationnaires. « Dans l’eau, une personne de 50 kg ne pèse que 7 kg », souligne Andrée Dionne, kinésiologue à ce centre.

 

Même avec des limites physiques, il est possible de rester actif, et fortement suggéré de le faire. « Avec les médicaments, on peut réduire de 30 % à 50 % les maladies cardiaques et le diabète. En ajoutant l’exercice, on atteint 70 %. C’est un médicament très puissant, et les médecins commencent à le prescrire », précise-t-elle.

 

Et comment choisir un club, dans ce grand terrain de jeux aux mille et une possibilités ? Pour David Hardy, choisir un centre sportif, c’est comme acheter une voiture ou des souliers. Il faut prendre conseil auprès de ses amis et visiter des centres à proximité de la maison ou du travail pour voir quel type collera le plus à sa personnalité et à ses besoins.

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