E. coli - L'industrie du boeuf demande à Ottawa d'autoriser l'irradiation

Edmonton — L'industrie canadienne du boeuf s'apprête à demander au gouvernement fédéral d'approuver l'utilisation de l'irradiation dans les usines de transformation de la viande afin de tuer la dangereuse bactérie E. coli dans une grande variété de produits.
 
L'Association canadienne des éleveurs de bovins affirme qu'elle a mis à jour une requête similaire présentée à Santé Canada en 1998 pour le boeuf haché qui avait finalement été rejetée.
 
L'irradiation consiste à exposer la viande à une énergie radiante semblable aux rayons X.
 
Selon Mark Klassen, le directeur des services techniques de l'Association, cette méthode jumelée au système de sécurité sanitaire des aliments déjà en place permettrait essentiellement d'éliminer les maladies reliées à l'E. coli dans les produits du boeuf.
 
Épidémies

La demande mise à jour qui sera soumise à Santé Canada fait suite à des épidémies causées par la présence de la bactérie E. coli dans de la viande bovine qui ont récemment fait les manchettes des médias nationaux.
 
L'automne dernier, 18 personnes au Québec, en Colombie-Britannique, en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador sont tombées malades après avoir consommé du boeuf provenant d'une usine du sud de l'Alberta qui appartenait à l'époque à XL Foods. Le boeuf contaminé a donné lieu au plus important rappel de viande de l'histoire du Canada.
 
L'Association réclame dans sa requête que le boeuf irradié soit clairement identifié afin que les consommateurs puissent choisir d'acheter ou non un tel produit.
 
Cela pourrait signifier l'ajout du symbole international de l'irradiation sur les étiquettes et d'un avertissement indiquant que la viande a été exposée à des radiations.
 
Si la demande est acceptée, M. Klassen croit qu'il sera essentiel d'étiqueter les produits de manière appropriée et d'éduquer le public pour convaincre ce dernier de consommer du boeuf irradié.
 
Mesure supplémentaire

Keith Warriner, un expert en sécurité alimentaire de l'université de Guelph, en Ontario, a révélé que beaucoup de Canadiens mangeaient des aliments irradiés tous les jours sans le savoir.
 
«L'irradiation est sécuritaire. La plupart des pommes de terre, des oignons et des épices sont irradiés. Ce n'est pas comme si l'on ne mangeait pas de nourriture irradiée. On le fait», a indiqué M. Warriner. "Je pense que l'industrie de la viande a de bons arguments dans ce dossier. Ce serait une mesure de sécurité supplémentaire."
 
Aucune échéance n'a été donnée pour l'approbation de la demande, mais tout changement exigerait d'amender la réglementation du gouvernement fédéral en matière d'aliments et de médicaments.
 
L'Association espère obtenir une réponse au plus tôt l'an prochain.
 
John Cotter, La Presse canadienne
2 commentaires
  • Alexandre Kampouris - Abonné 29 avril 2013 00 h 09

    Ce n'est le rayonnement...

    ... mais la chnoute collant aux carcasses qui pose problème.

    Permettre l'irradiation signifie que l'on rendra possible la vente de viandes souillées.

    Il sera désormais inutile de maintenir l'hygiène des installations (de toutes façons la junte Harper a coupé les postes d'inspecteurs), il suffira d'agiter la baguette magique, et irradier, et d'emballer. Miam miam!

    On mentionne les fruits et légumes comme exemple de produits qui feraient déjà l'objet d'irradiation. Cependant, cette irradiation ne vise pas à compenser des conditions sanitaires dégradées telles qu'elles peuvent exister dans les abattoirs, mais en améliorer la durée de conservation. Une tomate ne se gate pas parce qu'elle a trainé dans les boyaux d'un animal abattu...

    Voilà encore une dépêche d'agence de Presse (PC) complaisante, choisie et imprimée sans réflexion critique de la part de la rédaction.

  • Nicolas Blackburn - Inscrit 29 avril 2013 17 h 43

    Désespérantes inepsies du monde moderne

    «L'irradiation est sécuritaire. La plupart des pommes de terre, des oignons et des épices sont irradiés. Ce n'est pas comme si l'on ne mangeait pas de nourriture irradiée. On le fait», a indiqué M. Warriner.

    Ah bon ? C'est le fun à savoir. Depuis quand cette pratique a lieu ? Je ne savais même pas que l'on faisait cela.

    «Éduquer le public pour convaincre.» Ça c'est une belle tournure de com qui révèle bien toute l'hypocrisie qui se cache derrière. Le but de l'éducation, ça n'est pas de convaincre, c'est de montrer les alternatives afin de permettre de faire un meilleur choix en tenant compte des avantages, des inconvénients et de nos valeurs. Lorsque l'on «éduque pour convaincre», on cherche à forcer un choix, pas nécessairement le meilleur pour la personne qui fera le choix, mais en tout cas certainement le meilleur pour la personne qui cherche à convaincre ($$$).

    En conclusion : ferme-la et obéis, on sait ce qui est bon pour toi. Oui, c'est ça, vive le dialogue, la démocratie et la liberté...