L’ACIA ne songe pas à poursuivre

Un pâturage de bœufs, près d’une usine de XL Foods, en Alberta
Photo: La Presse canadienne (photo) Larry MacDougal Un pâturage de bœufs, près d’une usine de XL Foods, en Alberta

L’agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) n’envisage pas de poursuivre la compagnie XL Foods malgré les lacunes qui ont été constatées à l’usine, entraînant sa fermeture temporaire en lien avec la contamination à l’E. Coli.

« On ne peut pas spéculer à cet égard-là, mais les conditions pour entamer des poursuites sont généralement fondées sur une malfaisance volontaire, ce qui n’est pas le cas ici », a soutenu Richard Arsenault, directeur du programme des viandes à l’ACIA lors d’une conférence téléphonique lundi.


Les documents de l’ACIA portant sur les mesures correctives à apporter par XL Foods précisent que l’agence dispose « d’un certain nombre d’options selon la nature du problème », dont la poursuite. Dans ce cas-ci, l’ACIA estime que cette ultime mesure ne sera pas nécessaire. « L’établissement est fermé, on lui a enlevé sa licence d’opération, précise Martine Dubuc, chef de la salubrité des aliments du Canada pour l’ACIA. Ça fait partie des mesures que l’on peut utiliser lorsque l’établissement ne se conforme pas aux standards de l’agence, et c’est ce qui a été mis en place. »


Un certain nombre de correctifs ont été demandés par l’ACIA, qui avait observé notamment « des lacunes au chapitre des techniques et des procédures d’échantillonnage », de même que des « problèmes d’entretien général ».


L’ACIA procédera dès mardi à une évaluation détaillée de l’établissement pour déterminer si ces lacunes ont été corrigées.


« Les inspecteurs de l’ACIA vérifieront les conditions sanitaires des aires d’abattage et de transformation de l’établissement, a précisé Martine Dubuc. L’ACIA s’assurera que les mesures préventives permettront de gérer efficacement les risques associés à l’E. Coli une fois que l’établissement reprendra ses activités. »


L’usine restera néanmoins fermée pour la période d’évaluation. Il est trop tôt pour envisager une éventuelle date de reprise des activités à l’usine 38 de XL Foods en Alberta, estiment les responsables de l’agence, qui confirment néanmoins que la demande d’évaluation, en vue d’une réouverture, émane de l’entreprise.


À Montréal, le propriétaire de la Maison du rôti, Michel Legrand, croit que cet épisode fera grand tort au commerce. « Le boeuf va être boudé pendant quelque temps, les boucheries seront moins bien vues. Ce n’est bon pour personne ce genre de crise. »


Diane Saint-Vincent, propriétaire des Fermes Saint-Vincent au marché Jean-Talon, déplore elle aussi cette perte de confiance des consommateurs. Mais pour la productrice de viande biologique, les affaires sont bonnes. « Nos ventes ont augmenté d’environ 5 % depuis jeudi. Certains viennent en attendant que la crise soit réglée, mais un certain nombre de nouveaux clients resteront. C’est juste dommage que cela émane d’un problème de cette envergure. »

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