Étude - Les OGM sont encore plus nombreux et variés en 2010

En Allemagne, un homme tient dans ses mains des pommes de terre génétiquement modifiées. Entre 2009 et 2010, 148 millions d’hectares d’OGM — soit 3000 fois la superficie de l’île de Montréal — ont été cultivés sur la planète.
Photo: Agence France-Presse (photo) En Allemagne, un homme tient dans ses mains des pommes de terre génétiquement modifiées. Entre 2009 et 2010, 148 millions d’hectares d’OGM — soit 3000 fois la superficie de l’île de Montréal — ont été cultivés sur la planète.
Les réticences exprimées par les consommateurs n'y ont rien changé. Entre 2009 et 2010, 148 millions d'hectares d'OGM — soit 3000 fois la superficie de l'île de Montréal — ont été cultivés sur la planète, indique l'International Service for Acquisition of Agri-biotech Applications (ISAAA) dans son bilan annuel dévoilé cette semaine. L'organisme indépendant est principalement financé par les fabricants de transgènes. Les statistiques annuelles qu'il produit sont les plus précises en la matière.

Dans les grandes lignes, les surfaces agricoles consacrées aux OGM ont augmenté de 10 % en un an à l'échelle mondiale et de 15 % au Canada, qui se place toujours au 5e rang des producteurs de plantes transgéniques commerciales. Le pays en a fait pousser sur 8,8 millions d'hectares l'an dernier, uniquement du canola, du maïs, du soja et de la betterave à sucre, précise le rapport. Les États-Unis, avec 66,8 millions d'hectares, le Brésil (25,4), l'Argentine (22,9) et l'Inde (9,4) composent le peloton de tête des pays producteurs d'OGM.

Rappelons que dans l'ensemble, ces plantes ont été modifiées en laboratoire afin de résister à certaines classes de pesticides ou encore produire leur propre pesticide pour se protéger contre leurs parasites. Les OGM alimentent la polémique depuis leur apparition en raison de la forte dépendance qu'ils induisent chez les producteurs à l'endroit des semenciers, dont la multinationale américaine Monsanto fait partie, marchands également de pesticides. Plusieurs groupes environnementaux crient également au risque potentiel pour la santé humaine. À l'heure actuelle, ces plantes sont principalement utilisées dans l'alimentation animale.

29 États

Alors que six pays ont succombé à ce type de semences en 1996, année où elles ont été introduites dans l'environnement à des fins commerciales, ce sont désormais 29 États qui contribuent à leur multiplication sur la planète, dont le Pakistan, le Myanmar et la Suède, qui viennent de faire leur entrée dans ce groupe de moins en moins restreint. L'Allemagne a également repris la production commerciale d'OGM après l'avoir abandonnée sous la pression de lobby antitransgène dans les dernières années. D'ici 2015, 12 nouveaux pays devraient s'ajouter à la liste, prévient l'ISAAA.

Au chapitre des plantes mises en terre, la diversité est désormais de mise du côté des OGM, qui ne se résument plus seulement au maïs, soya et canola des premières années. Le coton génétiquement modifié se développe en effet dans plusieurs pays du sud, alors que la Chine a introduit la tomate et le poivron, tout comme le peuplier, dans les espèces non comestibles. La pomme de terre OGM tente également un retour en passant par l'Allemagne, la Suède et la République tchèque. La courge, la papaye, la luzerne continuent aussi sur leur lancée.

Au Québec, les OGM inquiètent toujours la moitié de la population, indique le plus récent sondage sur le sujet commandé par Le Devoir l'an dernier à Léger Marketing. Par ailleurs, 83 % estiment toujours que la présence d'OGM dans les aliments devrait être obligatoirement indiquée sur l'emballage. Ce qui n'est toujours pas le cas.

À l'échelle planétaire, ces semences ont alimenté en 2010 un marché de 1,2 milliard de dollars, indique l'ISAAA dans son rapport. La valeur commerciale du maïs, du soya et du coton transgénique est évaluée à environ 150 milliards de dollars.

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