Les jeunes et l'alcool - La consommation est en baisse

Brigitte Saint-Pierre Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les adolescents québécois boivent moins qu'auparavant, bien qu'ils restent nombreux à consommer de l'alcool à l'occasion. Ce sont certains des constats qu'a mentionnés le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, à l'occasion du colloque «Les jeunes, l'alcool et le vin» tenu en novembre dans la région lyonnaise.

Le pourcentage des élèves québécois du secondaire qui disent avoir consommé de l'alcool au moins une fois en douze mois a diminué ces dernières années, tout en demeurant élevé. Selon des enquêtes de l'Institut de la statistique du Québec, cette proportion était de 59,7 % en 2008, comparativement à 71,3 % en 2000. Si la majorité des adolescents québécois qui boivent de l'alcool le feraient de manière occasionnelle, Éduc'alcool indique toutefois qu'une plus grande proportion d'adolescents que d'adultes absorbent de gran-des quantités d'alcool en une même occasion.

Et ce n'est pas sans risque, car M. Sacy fait référence à des études selon lesquelles le cerveau des adolescents est encore en développement. «Les parties des sensations se développent beaucoup plus vite que la partie du jugement», a ainsi dit M. Sacy en entrevue. Toutefois une enquête menée auprès d'étudiants des universités canadiennes a établi que, si «les étudiants québécois sont plus nombreux à boire, ils boivent moins et s'enivrent moins souvent que ceux dans le reste du pays».

Selon Marie Choquet, directrice de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale en France, il faudrait déboulonner certains mythes concernant la relation des jeunes à l'alcool: si la grande majorité des jeunes ont déjà bu, seulement la minorité d'entre eux boivent régulièrement. Aussi, fausse est l'impression selon laquelle quand les jeunes boivent, c'est surtout pour se saouler. Ainsi, en France comme en moyenne en Europe, si près de 50 % des jeunes ont bu de l'alcool au moins trois fois durant le mois, seulement 5 % ont été ivres à cette fréquence. Et fausse aussi est la perception selon laquelle la consommation d'alcool est en augmentation constante partout en Europe.

Mais il faut prévenir pour empêcher les excès, et si, selon Hubert Sacy, il faut tout faire pour retarder le plus possible l'âge de la première consommation, «le second objectif, c'est de faire en sorte que l'initiation se fasse par les parents et non pas par les amis. Pourquoi? Parce que, lorsqu'on commence à boire avec ses parents, on ne se saoule pas», indique-t-il.

Un autre objectif est de veiller à ce que, quand les jeunes commencent à boire, leur consommation d'alcool soit modérée. «Il faut continuer à faire un travail de prévention, sans cesse et sans arrêt, parce qu'il y a toujours de nouveaux jeunes et parce que c'est un perpétuel recommencement.»