L'homme québécois se distingue dans sa consommation d'alcool

Plus souvent, en plus grande quantité pour les hommes, mais avec un «style méditerranéen». Distinct, le Québec l'est aussi, sur l'échiquier fédéral, dans sa consommation d'alcool. C'est du moins ce qu'indique une nouvelle étude pancanadienne, dévoilée hier par l'Université de Montréal.

En substance, le Québec s'y démarque par le nombre moyen de verres d'alcool ingurgités chaque année par ses hommes: 465. La moyenne nationale est de 432 verres, indique l'analyse comportementale menée auprès de 14 000 Canadiens âgés de 18 à 76 ans, en 2004. Les grandes lignes sont publiées dans la dernière livraison de la Revue canadienne de santé publique.

Autre caractéristique: les occasions de boire pour la clientèle masculine sont plus nombreuses au Québec qu'ailleurs au pays: 109, contre 71 au Manitoba et 78 en Saskatchewan. Les Québécoises, par ailleurs, s'exposent bon an mal an à 187 consommations d'alcool par année lors de 65 occasions, un rapport à l'alcool équivalent à la moyenne fédérale.

Du vin d'abord


Au chapitre du contenu, la province fait encore exception en préconisant pour s'enivrer davantage le vin — qui représente 36 % du volume d'alcool consommé — qu'ailleurs au pays. La bière reste toutefois la boisson la plus populaire (53 %), mais moins que dans les Maritimes (59 %). Les spiritueux (8 %) occupent pour leur part une place moindre dans les habitudes festives du Québec, contre 19 % au Canada, 32 % en Saskatchewan et 19 % en Ontario.

«Globalement, il existe différents profils de buveurs au Canada, résume la sociologue Catherine Paradis, du Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la prévention, de l'Université de Montréal. Et ces différences vont devoir être prises en compte par le fédéral pour la mise en place de ses politiques sociales en matière d'alcool.»

Hyperalcoolisation

Malgré un caractère distinctif dans sa consommation d'alcool, le Québec dévoile toutefois une image cohérente avec le reste du pays lorsqu'il est question d'hyperalcoolisation. Soixante-quatre pour cent des buveurs mâles disent être aux prises au moins une fois par année avec ce problème de consommation excessive, à s'en rendre malade. Soit autant qu'à l'échelle nationale et que dans les autres provinces, à l'exception des provinces atlantiques, où ce taux est de 73 %. Cette hyperalcoolisation touche un tiers des femmes du Québec, indique l'étude.