Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec - Le temps de la rénovation est venu

L'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ) est le plus important regroupement d'entrepreneurs en construction résidentielle et en rénovation du Québec. Au fil de son existence, l'APCHQ a fait preuve d'innovation en mettant en place plusieurs services à l'intention de ses membres mais aussi du grand public.

L'APCHQ compte présentement environ 14 000 entreprises et ses membres réalisent 76 % des travaux de construction et de rénovation résidentielles au Québec. L'APCHQ couvre l'ensemble du territoire québécois grâce à ses 16 associations régionales. Fondée à Montréal dans les années 1950, l'APCHQ a essaimé sur l'ensemble du territoire québécois à partir des années 1960. «Au départ, l'APCHQ voulait offrir des services juridiques et techniques à ses membres, explique Marc Savard, directeur général de l'APCHQ-Montréal métropolitain, et promouvoir le professionnalisme de ses membres.»

Aujourd'hui, le cadre d'activité de l'APCHQ s'est élargi et plusieurs services ont été établis à l'intention du consommateur. Parmi ces derniers figure une liste des entrepreneurs accrédités auprès de l'APCHQ, qui permet au consommateur de mieux choisir son entrepreneur en construction. On trouve aussi, dans son site Internet, un guide d'achat complet.

La Garantie des maisons neuves de l'APCHQ

C'est en 1976 que l'APCHQ a fait preuve d'innovation en lançant son programme de garantie de maisons neuves. En 1999, le gouvernement québécois a décidé de rendre obligatoire l'adhésion à un programme de garantie de maisons neuves et, depuis cette date, l'APCHQ est devenue un administrateur agréé de cette garantie obligatoire, qu'elle nomme encore Garantie de maisons neuves de l'APCHQ.

Cette garantie vient protéger l'acheteur d'une maison neuve contre des défauts de construction tels que les malfaçons, les vices de construction et les vices cachés. Elle impose la signature d'un contrat de livraison avec inspection, ce qui permet à l'acheteur de recevoir le bâtiment tout en indiquant les travaux de parachèvement qui devront être complétés. La garantie prévoit aussi une indemnisation pouvant atteindre 5500 $ pour les frais encourus par l'acheteur en cas d'un retard de livraison imputable à l'entrepreneur. La garantie prévoit aussi un remboursement des acomptes jusqu'à concurrence de 39 000 $ en cas de faillite de l'entrepreneur. Le coût de cette garantie représente un peu moins de 1 % du prix de la maison et est assumé par l'acheteur. Il peut être compris dans le prix de vente ou peut en être distinct, selon l'entrepreneur.

Réno-Maître

En 2002, l'APCHQ a mis en place la bannière Réno-Maître, qui vient certifier la qualité des entrepreneurs en rénovation. «L'objectif de cette bannière, explique Éric Cherbaka, responsable de la bannière Réno-Maître, était de mieux structurer le domaine de la rénovation et de faire en sorte que le consommateur ne soit plus perdu et laissé à lui-même.» Présentement, 550 entreprises de rénovation sont membres de Réno-Maître. «Notre objectif n'est pas d'augmenter le nombre des membres mais plutôt de s'assurer de la compétence de ceux qui le sont. Nos membres doivent suivre un code d'éthique et, en cas de différend entre le consommateur et l'entrepreneur, la bannière agit comme médiateur.»

De plus, l'APCHQ offre aussi la Garantie rénovation. Cette Garantie rénovation, à laquelle l'adhésion est facultative, protège le consommateur un peu à la manière de la Garantie de maisons neuves. Cette Garantie rénovation, dont le prix correspond à 1 % du coût des travaux, comprend une protection contre les malfaçons, un remboursement des acomptes et le parachèvement des travaux prévus, jusqu'à concurrence de 25 % du coût total du contrat (maximum de 25 000 $). Seules les entreprises accréditées Réno-Maître peuvent l'offrir.

Cette garantie est-elle populaire? «Comme elle est optionnelle et qu'elle n'est pas vendue systématiquement par les entrepreneurs, elle demeure moins connue. Mais on remarque un intérêt grandissant de la part des consommateurs, surtout si ces derniers envisagent des rénovations majeures, comme la rénovation complète de la cuisine et de la salle de bain ou la réfection de la toiture.»

Perspectives économiques

Qu'en est-il des perspectives économiques dans le secteur de la construction résidentielle au Québec? Doit-on craindre une baisse des mises en chantier? «On s'attend à une baisse cette année, explique Esther Falardeau, économiste principale à l'APCHQ. On prévoit environ 42 000 mises en chantier, en comparaison des 47 000 mises en chantier de l'an dernier.»

Est-ce une situation catastrophique? «Non, pas du tout. Il faut comprendre que, à la fin des années 90, la situation démographique et économique a fait que le Québec a peu construit. Depuis 2001, les mises en chantier ont beaucoup augmenté, certaines années ont connu plus de 50 000 mises en chantier, mais c'est une situation qu'on jugeait intenable à long terme, puisqu'il s'agissait d'un rattrapage.» L'idéal, selon elle, est que les mises en chantier correspondent à l'arrivée de nouveaux ménages. «Selon les données de l'Institut de statistiques du Québec, il y aurait cette année environ 42 000 nouveaux ménages au Québec, ce qui correspond à peu près aux mises en chantier prévues. On assiste surtout à une stabilisation du marché.»

Autre indicateur encourageant: l'indice de confiance. «Selon notre dernier sondage mensuel, 6 % des ménages québécois prévoient acheter un logement dans les prochains douze mois. En février, ce taux était de 2,8 %. On peut en déduire que la confiance revient.» Idem du côté de la rénovation, où 19 % des ménages prévoient investir d'ici un an dans la rénovation de leur logement. «On ne peut jamais tout prévoir et cela dépend de la longueur de la récession, mais ces chiffres semblent indiquer que les consommateurs sont prêts à aller de l'avant avec leurs projets d'achat ou de rénovation.»

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Collaborateur du Devoir