OGM: promesse non tenue

«Il n'est pas très sensé d'appuyer à ce point le génie génétique, et ce, parce qu'il n'a pas démontré sa capacité à accroître les rendements», a indiqué hier par voie de communiqué l'Union of Concerned Scientists (UCS), un organisme indépendant de recherche installé à Cambridge, aux États-Unis. Le groupe vient d'évaluer la contribution des OGM au monde agricole. Son rapport a été rendu public hier. La conclusion est catégorique: «Les promesses faites par les OGM n'ont pas été tenues», peut-on lire.

Après avoir passé au crible une vingtaine d'études portant sur le maïs et le soya génétiquement modifié cultivé aux États-Unis depuis plus d'une décennie, l'UCS estime que le maïs transgénique a permis depuis 1996 d'accroître de 0,2 à 0,3 % par an le rendement des cultures. Or, dans sa version traditionnelle, ce maïs s'accompagne d'un rendement supérieur d'environ 1 % chaque année, souligne le groupe de scientifiques. Son constat est similaire pour le soya issu du génie génétique, qui ne fait pas mieux que le soya ordinaire, précise le rapport.

«L'industrie des biotechnologies a dépensé des milliards de dollars en recherche et en relations publiques, mais ses semences génétiquement modifiées, pour l'alimentation humaine ou animale, n'ont pas permis aux agriculteurs américains d'augmenter significativement le poids de leurs récoltes, a indiqué hier Doug Gurian-Sherman, à l'origine de cette analyse. En comparaison, les productions traditionnelles continuent de faire mieux.»

Pour Les Amis de la Terre, un groupe qui pourfend les OGM depuis des années, ce portrait confirme que les plantes transgéniques demeurent de «la poudre aux yeux» et sont loin d'être la «solution d'avenir» que plusieurs multinationales présentent, a résumé hier Stéphane Groleau, porte-parole de l'organisme. «Il est d'ailleurs temps de réorienter l'agriculture vers des procédés plus respectueux de l'environnement», a-t-il ajouté.

L'UCS le croit d'ailleurs et précise, études en main, que dans certaines régions du globe des cultures biologiques ou dites intégrées — afin de réduire naturellement l'usage de pesticides — ont permis «de doubler les rendements, et ce, à des coûts minimes pour les fermiers», précise le groupe. Il recommande également au département américain de l'Agriculture ainsi qu'aux universités de concentrer à l'avenir leurs efforts de recherche sur l'ensemble des techniques agricoles qui ont démontré leur capacité à augmenter les productions plutôt que sur celles qui ne donnent rien.

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