L'Union paysanne juge la certification bio insuffisante

Reconnaître la paysannerie québécoise en la certifiant. Un groupe de défense des intérêts des petits producteurs agricoles travaille actuellement à la création d'un tout nouveau programme de certification à l'usage des fermes artisanales et de leurs produits. Jugé plus complet que l'actuelle certification biologique, ce projet pourrait faire apparaître un autre logo sur les emballages de produits, d'ici deux ans.

Avec sa certification «Ferme paysanne certifiée» et «Ferme paysanne biologique certifiée», l'Union paysanne, qui pilote ce programme, cherche à stimuler un développement agricole à visage humain sur le territoire du Québec. Le groupe veut répondre aux besoins exprimés par plusieurs de ses membres qui semblent ne pas se retrouver dans les logos mis actuellement à leur disposition.

«Plusieurs producteurs déplorent le laxisme de certaines certifications biologiques, résume Benoît Girouard, président de ce regroupement. Même s'ils n'ont rien d'industriel, ces fermiers ne disposent actuellement d'aucun outil pour les différencier, eux et leurs produits, des autres.»

L'Union vient de protéger légalement ces deux certifications paysannes et espère bâtir dans les prochains mois le cahier des charges qui va leur être associé. «On veut aller plus loin que le bio, dit M. Girouard. Cette certification va bien sûr tenir compte des pratiques agricoles, mais aussi des pratiques environnementales et du rôle socioterritorial de la ferme.»

À titre d'exemple, une certification paysanne ne permettrait pas à un fermier d'utiliser autre chose que des emballages recyclables ou biodégradables pour ses produits. Ce qui n'est pas forcément le cas dans le cadre actuel de la certification biologique.

Près d'une centaine de fermiers, partout au Québec, sont susceptibles de profiter de ce nouveau programme. Avec en main une étude qui confirme la viabilité de cette autre certification dans le paysage agroalimentaire d'ici, l'Union paysanne compte désormais sur une enveloppe de 300 000 $ que doit lui donner Ottawa pour concrétiser son projet. Les premières étiquettes, elles, se préparent à faire leur apparition, à la fin de 2011, dit M. Girouard.

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