Les fromages importés hors-normes doivent disparaître

Québec n'en démord pas. L'inspection des fromages importés vendus sur son territoire relève uniquement du gouvernement fédéral. Toutefois, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) ne fera «aucun compromis» et «sortira» des commerces les aliments importés non conformes. Mais il n'a pas l'intention toutefois de mettre en place des programmes d'inspection particuliers qui permettraient de déceler les cas problématiques.

C'est du moins ce qu'a indiqué hier le ministre Laurent Lessard au cours d'une conférence téléphonique visant «à mettre les pendules à l'heure» après la découverte sur le marché québécois de fromages d'importation hors-normes. Huit produits ont été analysés à la demande de Radio-Canada pendant les dernières semaines. Cinq ne rentraient pas dans le cadre bactériologique canadien.

M. Lessard a qualifié «d'inacceptable» la présence sur les tablettes de produits «qui ne respectent pas les normes». Il dit d'ailleurs avoir «questionné» l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) «sur la fréquence, la méthodologie et les résultats» de ses analyses des produits laitiers importés. «L'ACIA nous a dit que ses règles étaient respectées», a-t-il souligné.

Pas question donc pour lui d'accentuer les contrôles sur ce type d'aliment chez les détaillants — Le Devoir révélait hier que le MAPAQ ne le faisait plus de manière systématique —: «la responsabilité de la conformité, c'est le fédéral, a-t-il dit. On doit juste travailler ensemble pour s'assurer que c'est respecté».

Alors que les producteurs de fromages fins dénoncent depuis quelques mois le harcèlement des inspecteurs du MAPAQ tout comme des règles d'inspections différentes pour leurs produits et ceux provenant de l'étranger, M. Lessard s'est défendu de vouloir éradiquer les fromages au lait cru du paysage agro-alimentaire du Québec. «Nous avons changé la réglementation pour favoriser le développement de ces produits, a-t-il indiqué. Le lait cru, c'est notre meilleur passeport pour percer de nouveaux marchés.»

Selon lui, la présence accrue des inspecteurs dans les fromageries artisanales doit plutôt être vue comme «un programme d'accompagnement pour les amener à se structurer davantage, plutôt qu'un programme d'inspection standard. En alimentation, le premier facteur de réussite, c'est la confiance des consommateurs. Et pour obtenir cette confiance, il faut faire de la prévention et implanter des programmes de qualité dans les entreprises».

Tout en reconnaissant «qu'on a encore beaucoup de travail à faire dans les usines en matière de qualité et de salubrité», le ministre estime aussi qu'il y a «des choses à améliorer» pour que l'aide offerte par le gouvernement pour soutenir la qualité des fromages ne soit plus perçue comme une attaque. «C'est difficile», dit-il puisque les producteurs-transformateurs ont de grosses journées de travail. «Quand arrive le soir, ils sont fatigués» et les «conflits de personnalités» avec des inspecteurs qui parlent de nouvelles méthodes de travail peuvent alors plus facilement intervenir, croit le ministre.

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