Analyse prospective de la consommation de vin et de spiritueux - Les Canadiens continueront de boire plus et mieux

Photo: Agence Reuters

Plus de vin, plus rouge et pétillant qu'aujourd'hui, mais aussi de meilleure qualité. Dans les cinq prochaines années, les Canadiens devraient, malgré la crise économique, accroître considérablement leur consommation de vin et de spiritueux. Ils se préparent du coup à déboucher en 2012 pas moins de 600 millions de bouteilles, contre 479 millions aujourd'hui, soit une croissance trois fois supérieure à la moyenne mondiale.

C'est du moins ce que laisse présager la septième étude sur la conjoncture et les perspectives du marché du vin effectuée par l'International Wine and Spirit records (IWSR), dont les grandes lignes ont été dévoilées hier à Montréal.

«Depuis 10 ans, le Canada a déjà augmenté sa consommation de 66 %, a résumé Robert Beynat, directeur de Vinexpo, l'organisme qui a commandé l'étude. L'homme, en tournée mondiale, était de passage hier dans un hôtel de Montréal pour faire la promotion, auprès des professionnels en boissons alcoolisées, de son salon international dédié au vin qui se tient annuellement dans la région de Bordeaux, en France. «Nous sommes ici devant un vrai boom de la consommation, boom qui doit encore se poursuivre dans les prochaines années.»

L'analyse prospective d'IWSR le confirme d'ailleurs. En 2012, les Canadiens devraient en effet mettre 360 millions de bouteilles de vin rouge sur leurs tables et dans leurs celliers. C'est 25 % de plus qu'en 2008. Le vin blanc est logé à la même enseigne, avec 195 millions de bouteilles, soit 20 % de plus. La progression du rosé va être de 59 %, pour 23 millions de bouteilles, alors que le monde de la bulle doit connaître de beaux jours: 17 millions de bouteilles devraient «poper» d'ici 4 ans. C'est près de 3 millions de plus qu'aujourd'hui.

Sans surprise, la France doit rester le fournisseur principal des buveurs canadiens de vin, estime l'IWRS, et ce, même si les volumes d'importation de ce côté de la planète ont chuté de 0,24 % entre 2003 et 2007. L'Italie (+20 %), l'Australie (+58 %), les États-Unis (+41 %) et le Chili (+21 %) complètent le quintette des pourvoyeurs.

Même si le Canada s'expose de plus en plus aux plaisirs de la vigne, il reste au 18e rang mondial des pays consommateurs de vin avec 16,70 litres par an et personne en âge de consommer de l'alcool. C'est plus qu'aux États-Unis (13,10 litres) ou en Russie (10,10 litres). Mais c'est aussi à des années-lumière de la consommation française et italienne (56 litres) ou encore suisse (47 litres).

En s'exposant de plus en plus au vin, les Canadiens semblent affiner également leur goût. Conséquence: dans les quatre prochaines années, les achats de bouteilles à plus de 12 $ pourraient connaître une croissance exceptionnelle de 70 %, estiment les analystes de marché, contre 18 % environ pour les offres à moins de 12 $. «Même s'il y a de l'incertitude actuellement, nous pensons que cela ne va pas affecter le marché du vin, a commenté M. Beynat. En temps de crise, les gens ne s'arrêtent pas de boire. Peut-être pour oublier?»

À l'échelle mondiale, la consommation de vin devrait augmenter de 6 % d'ici 2012, prévoit l'IWSR. Qui plus est, en rouge, blanc, rosé ou avec bulles, le vin, qui a généré 152 milliards de dollars en vente au détail l'an dernier, va encore faire chanter ses promoteurs avec des recettes envisagées de 166 milliards, d'ici 4 ans, en croissance de 9 %.

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