Du Ritalin pour la vie

Longtemps considéré comme une béquille pour aider les hyperactifs à marcher droit, le Ritalin commence timidement à imposer sa griffe au quotidien et pour la vie. Ce changement, qui va de pair avec une explosion de la pharmacopée destinée aux enfants, contribue fortement à alimenter l'idée d'une surprescription au Québec. Et si nous avions tout faux? Le Devoir vous propose un état des lieux.

Sous l'impulsion d'une vague de fond venue des États-Unis, un nombre croissant de médecins québécois choisissent de prescrire le Ritalin en continu aux enfants qui souffrent d'un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Certains n'écartent même plus la possibilité d'un traitement à vie. Mais cette petite révolution a des racines encore bien fragiles au Québec, où la question de la bonne utilisation vient hanter les prescripteurs.

Il faut admettre que les statistiques ont de quoi faire sursauter quand on sait que le nombre d'enfants qui souffrent d'un TDAH est constant année après année (de 5 à 7 %). En effet, le fournisseur canadien IMS, qui recense les ventes de médicaments, note que le nombre de visites attribuées à ce trouble a grimpé de 20 % en quatre ans alors que les prescriptions, elles, bondissaient de 30 %. Ce décalage, que plusieurs attribuent à tort à une surprescription, serait plutôt l'indice que cette révolution fait tranquillement son chemin au Québec en tirant les statistiques vers le haut derrière elle.

Dans les cliniques spécialisées en TDAH du CHU Sainte-Justine et de l'Hôpital pour enfants de Montréal, le médicament est présenté comme un élément aussi essentiel que l'est l'insuline pour le diabétique. Quarante ans après l'arrivée du Ritalin, il ne s'agit plus de s'interroger s'il est bon de prescrire un stimulant ou non, mais de savoir comment il faut le faire, explique sans détour la Dre Stacey Ageranioti-Bélanger, qui parle du TDAH comme d'un mal «chronique».

Pour la directrice de la Clinique TDAH de Sainte-Justine, prescrire un stimulant sur une base strictement scolaire lance un message ambigu aux parents comme à l'enfant. Voilà pourquoi elle recommande la prise du stimulant tous les jours de l'année. «Avant, on avait tendance à ne regarder que ce qui touchait l'école et à négliger le reste; aujourd'hui, on reconnaît que c'est un problème qui touche la vie d'un enfant et de sa famille au quotidien», note la Dre Ageranioti-Bélanger.

Vieillir avec le Ritalin

C'est dans le même esprit que des médecins choisissent de prescrire le stimulant à l'adolescence et à l'âge adulte, une tendance lourde aux États-Unis mais qui divise encore le Québec. «Nous avions l'habitude de cesser la médication à l'adolescence, mais nous savons maintenant que la moitié des enfants verront leurs symptômes persister à l'adolescence et à l'âge adulte», fait valoir la Dre Ageranioti-Bélanger, preuves scientifiques à l'appui.

Des chercheurs américains ont en effet réussi à mesurer l'impact non négligeable d'un trouble non traité chez d'anciens TDAH. Adultes, ces gens ont beaucoup plus de problèmes à garder un emploi, ils ont de la difficulté à créer des liens et sont plus nombreux à divorcer ou à se séparer. Comme il leur arrive encore de manquer de concentration, ils se blessent davantage et ont plus d'accidents automobiles. Souvent fragilisés, ils cèdent plus facilement à la pression et sont plus nombreux à penser au suicide.

Car on ne peut jamais prévoir comment le TDAH évoluera ni quand il fera en sorte que le quotidien devienne un enfer. À la clinique du CHU Sainte-Justine, il n'est donc plus rare de rencontrer des adolescents comme Suzie, quatorze ans, croisée par Le Devoir, un beau matin de mars. Enfant, Suzie était une petite fille sans histoire, un peu dans la lune, certes, mais généralement première de classe. À l'adolescence, son problème d'attention s'est toutefois couplé à des problèmes de consommation et de comportement.

Depuis deux ans, Suzie est souvent suspendue et ses notes ont dégringolé. «On savait qu'elle avait un problème d'attention. Mais avant, elle ne vivait pas d'échecs. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. On a donc senti le besoin d'agir», explique sa mère, dans un sourire. Ce matin-là, le verdict est finalement tombé: Suzie devra prendre un stimulant. L'adolescente est visiblement soulagée. «Je veux changer d'école et recommencer à neuf. Je suis prête à le faire avec le Ritalin», souffle-t-elle, en triturant ses piercings.

Mais en dehors des cliniques spécialisées, l'idée de prescrire le Ritalin à vie est encore loin d'être acquise. Médecin de famille en Centre jeunesse, le Dr Yves Lambert compte onze enfants TDAH sur douze dans le seul groupe des six à douze ans. Il sait mieux que quiconque combien la médication est capitale pour ceux-ci, mais il hésite à poursuivre le traitement au-delà d'un certain âge. «J'en suis à en discuter avec mes patients un à un. Je ne sais pas encore où je me situe par rapport à ça.»

Très au fait des recherches, le Dr Lambert ne cache pas qu'il espère obtenir des réponses satisfaisantes dans les prochaines percées attendues en neurosciences. Un espoir que partage le psychologue Denis Lafortune, qui avoue avoir les mêmes réserves. «Les neurosciences nous ont permis de voir que le TDAH n'est pas induit par un seul gène mais par une série de gènes», indique le spécialiste des psychotropes chez l'enfant et l'adolescent. La prochaine étape sera de voir comment s'exprime cette série de gènes au fil des ans.

Le bon diagnostic

Ce profil génétique est peut-être la clé qui permettra aux cliniciens de faire un diagnostic vraiment sûr, ce qui, pour le moment, reste très difficile à obtenir. En effet, certains symptômes attribués au TDAH peuvent appartenir à une dizaine d'autres conditions psychiatriques, comme l'anxiété, le stress, la dépression, quand ils ne cachent pas tout simplement un mauvais classement scolaire ou un climat familial difficile.

Voilà pourquoi des règles très strictes ont été édictées par le Collège des médecins et l'Ordre des psychologues. Mais, compte tenu de leur complexité, bien peu de spécialistes ont le loisir de s'y prêter. Idéalement, le pédopsychiatre devrait faire une évaluation individuelle de 45 minutes de l'enfant, rencontrer ensuite son répondant, communiquer avec l'école, faire une évaluation physique de l'enfant, et, au besoin, une évaluation psychologique.

Denis Lafortune a toutefois constaté que ces règles ne sont suivies qu'une fois sur cinq, pas davantage, en Amérique du Nord. «Dans une étude réalisée auprès d'un peu moins de 300 enfants vus à la clinique externe de pédopsychiatrie de Sainte-Justine, pour des motifs divers, le psychologue a ainsi pu observer que 45 % d'entre eux recevaient, à un moment ou à un autre du suivi, une prescription de médicaments psychotropes et, pour pour ceux-là, le délai moyen entre l'ouverture du dossier et la première prescription était de zéro jour.»

Voilà un délai qui laisse songeur quand on sait que le diagnostic n'est juste que s'il repose sur une combinaison de plusieurs symptômes qu'il faut soigneusement peser auprès de plusieurs intervenants. «Le principal défaut des évaluations rapides est qu'on accorde une importance démesurée à un ou quelques symptômes très dérangeants, comme l'agitation, ce qui n'en fait pas un enfant hyperactif ou lunatique pour autant», note M. Lafortune.

Une étude américaine a démontré que 80 % des diagnostics sont motivés par ces symptômes-cibles que l'on nomme plus communément target symptoms. Hors des cliniques spécialisées, les médecins n'ont pas le temps nécessaire pour s'astreindre à de longues démarches. «Dans la communauté, les pédiatres ne voient les enfants que cinq à dix minutes, pas plus», déplore le Dr Emmett Francoeur, qui préside le comité de planification du programme TDAH à l'Hôpital de Montréal pour enfants.

Est-ce à dire que nos enfants sont médicamentés à tort? Le Dr Francoeur en doute. «Il y a certainement de mauvais diagnostics, mais ce phénomène va dans les deux sens. Il y a des enfants qui reçoivent une médication pour un mal tout autre, une dépression par exemple, et d'autres qui n'en reçoivent pas et qui en auraient besoin.»

N'empêche que cela lance un signal pour le moins ambigu, s'étonne Denis Lafortune. «Donner un stimulant à un enfant qui en fait souffre d'une dépression lui lance un message incohérent, même si on le soulage. Il faut se préoccuper de l'interprétation de l'enfant dans une situation pareille.»

Mais si les règles diagnostiques sont si souvent bâclées faute de temps, les médecins québécois sont majoritaires à suivre de très près leurs patients, ce qui laisse place aux ajustements nécessaires, explique le Dr Yves Lambert. «Aux États-Unis, les médecins prescrivent un psychotrope et ne revoient l'enfant que trois mois plus tard. Moi, quand je donne une telle prescription à un enfant, je le vois à la semaine tant qu'on n'est pas arrivé à un état stable. Et la majorité des médecins québécois ont la même attitude.»
5 commentaires
  • Marilu Gagnon - Inscrite 12 juin 2005 15 h 44

    Pour l'amour des enfants

    Non mais, sérieusement, je capote.

    Comment peut-on penser traiter les enfants ainsi? Et sur une plus longue période, en plus.

    Jamais, au grand jamais, je n'aurais permis qu'un quelconque médecin ou spécialiste prescrive cette médication à mes enfants sous prétexte qu'ils dérangeaient en classe ou qu'ils ne se concentraient pas tout à fait au goût des profs. Je les aurais gardé à la maison plutôt que de me plier à cette bassesse de les abasourdir.

    Je crois que la prescription de plus en plus populaire du Ritalin tient du fait que notre société recherche des enfants "parfaits". La société nous fait croire qu'il faut absolument que nos enfants sachent tout faire, soient savants, soient sportifs, soient performants tout en se comportant comme des statues.

    Des enfants-girouettes, il en existe depuis toujours. Mais un beau jour, un cuisinier de médicaments a trouvé un remède pour engourdir toutes ces grandes énergies et voilà, en moutons que nous sommes au Québec, tout le monde la veut cette recette.

    Moi, je crois qu'il faut accepter nos enfants comme ils sont et lorsque nous croyons que quelque chose affecte leur concentration, leurs comportements, il faut commencer à se poser des questions. Qu'est-ce qui se passe dans leur vie pour qu'ils réagissent ainsi ? Alimentation, sommeil, environnement, stress...

    C'est le rôle des parents d'y voir. S'ils ne se sentent pas assez ferrés pour comprendre, qu'ils réfèrent à mieux outillés qu'eux mais au grand jamais, il ne faudrait utiliser ces petites pilules tranquilisantes. Laissons les enfants être ce qu'ils sont tout en exerçant un contrôle de l'environnement afin de favoriser une vie calme, paisible, enrichissante.

    Regardons voir comment les enfants sont traités aujourd'hui. Vite, vite, il faut se lever, manger à la vitesse, aller à la garderie, aller aux cours qui n'en finissent plus, etc... En plus, plusieurs vivent des difficultés familiales et les enfants écopent des conséquences. On ne les laisse pas vivre une vie sereine, tranquille... Laissons-la vivre une vie d'enfant normale, laissons-la jouer pour de vrai, à leur rythme et je suis certaine que ces petites pilules miracles deviendront complètement inutiles.

    À quand remonte une plus grande utilisation de cette méthode ? Sûrement depuis que les enfants ne bénéficient plus de la tranquilité de leur foyer ?

    Même les adultes ont de la difficulté à passer au travers tout ce surmenage qu'ils s'imposent. Eux aussi, doivent avoir recours à d'autres recettes un peu plus corsées, forcément, pour faire face à la vie. Pourquoi faire vivre aux enfants une vie que même les adultes sont incapables de contrôler ?

    Un gros examen de conscience est à faire par tous ceux qui souhaitent devenir parents. Ai-je le temps d'être parent ? Qu'est-ce que je souhaite pour eux ? Une vrai vie d'enfant ou une vie d'adulte prématurée ? Puis-je lui fournir un milieu propice à son épanouissement afin qu'il n'ait pas recours à des recettes qui ne servent qu'à le pétrifier afin que moi et les adultes qui l'entourent ayons la paix ?

    Peut-être, existe-t-il des exceptions ? Des enfants qui en ont vraiment besoin. Je ne suis pas scientifique. Mais, à regarder aller les choses, je suis persuadée que nous sommes en train d'abrutir trop d'enfants plutôt que de chercher les vraies causes de ces comportements .

  • Guillaume Cyr - Inscrit 5 août 2007 08 h 43

    TDA

    Je viens de lire le commentaire de Lucie Gagnon. Cette dame n'a certainement pas d'enfant souffrint de TDA, J'Ai un fils de 25 ans maintenant et avec mes lectures , je viens de découvrir qu'Il est sans doute unTDA. Depuis la maternelle il léptouve des difficultés sociales (sans hyperactivité) ses résultats scolaires de correspondent pas aux efforts qu'il donne. A lâché les études au CEGEP à 4 reprises, a taté le marché du travail mais perd ses emplois aussi vite qu'il en trouve, perd ses affaires et finalement à 20 ans développe des crises de panique. Actuellement, je l'incite à consulter un médecin mais il hésite ayant essayer toute sortes de choses pour s'en sortir.N'a jamais été déceler au primaire et secondaire. J'espère des jours meilleurs à l'avenir pour lui.
    Une mère soucieuse de son fils

  • Jacques Jutras - Inscrit 12 novembre 2007 10 h 51

    Trop de ritalin?

    Je suis d'accord avec madame Lucie Gagnon. On discutait de cette problématique en fin de semaine avec des amis et je reconnais nos préoccupations dans le commentaire de Mme Gagnon.
    J'ai 52 ans (2 enfants de 24 et 22 ans) et je me questionne sérieusement sur l'utilisation croissante du Ritalin dans les écoles et à la maison. Je suis convaincu qu'il y a des enfants qui en ont vraiment besoin pour soigner un problème diagnostiqué de TDA-H (je ne suis pas un Anti-médicament), mais je pense que la Société nord-américaine est en train de commettre une grave erreur en administrant trop de ce médicament qui agit sur le système nerveux. C'est grave, inquiétant et alarmant. Je souhaite que des recherchistes fassent une enquête approfondie sur cette problématique.

    C'est normal qu'un enfant soit parfois ou souvent inattentif et peu concentré... c'est le propre de l'enfance! Rappelez-vous quand vous étiez petits... l'esprit vagabond, la curiosité débordante, attiré par tout ce qui vous entourait... Ce sont des signes d'intelligence! Aujourd'hui, il faudrait que les enfants réagissent et obéissent au quart de tour, qu'ils soient toujours attentifs et bien tranquilles? Et pour y arriver, on leur donne des pilules! Allons!

    Ce ne sont pas tous les enfants qui reçoivent du Ritalin qui ont des problèmes, j'en suis convaincu...L'éditorial de Mme Soucy intitulé " du ritalin pour la vie" fait réfléchir...

    Pensons-y, comme Société. Est-ce qu'un des nombreux effets négatifs de la vie effrennée que l'on mène consiste à niveler les personnalités des enfants pour que tous soient bien tranquilles et ne "dérangent" pas? Est-ce vraiment ce que nous voulons? Donner du méthylphénidate (un psychotrope) aux 4 heures à des enfants qui n'en n'ont peut-être pas tous besoin... Non, je n'aime pas ça du tout!

    Jacques Jutras

  • henri michèle - Inscrite 23 janvier 2008 04 h 59

    Mythes et préjugés

    Je viens tout juste de lire les commentaires concernant le ritalin. Mon rêve serait que les admnistrateurs de ce site, ou toute autre personne ayant un lien avec les médias, relance le débat à ce sujet. Dans le but d'INFORMER. Même si le commentaire de Mme Gagnon date de 2005, je suis convaincue qu'elle pense probablement encore la même chose aujourd'hui. Et malheureusement, elle n'est pas la seule, le commentaire de M. Jutras le confirme, et il date de novembre 2007. Il est plus nuancé, mais colporte des mythes et des informations erronées.

    Je suis la maman de 2 garçons (9 ans et 3 ans). Mon aîné est atteint de Tdah et doit prendre de la médication.

    Je suis aussi membre et bénévole d'un groupe communautaire qui s'appelle Panda (Parents Aptes à Négocier le Déficit de l'Attention avec ou sans hyperactivité). Il y a une vingtaine de groupes répandu dans tout le Québec. Les groupes ne sont pas financés par aucune compagnie pharmaceutique.

    Nous sommes des groupes de parents, dont le but est d'aider, donner du soutien et informer les parents. Nous ne sommes ni pour ni contre la médication. Je respecte également ceux qui en donnent que ceux qui n'en donnent pas.

    Je tiens à spécifier qu'ici j'exprime mon opinion personnelle, qui n'engage que moi. Et je m'engage à être rigoureusement objective et respectueuse. Même si les propos de Mme Gagnon sont extrêmement blessants, moralisateurs, sans apporter l'ombre d'une alternative ou d'une suggestion concrète.

    Mme Gagnon décrit le Tdah comme un mal nouveau. Elle écrit pourtant elle-même qu'il y a toujours eu des "enfants girouettes". Ils ont aussi (et sont encore parfois, malheureusement) été taxés de paresseux, stupides, têtes dures, mal élevés, tannants, grouillants,etc... C'était celui qui "n'était pas bon à l'école" ou "celle qui était toujours dans la lune".

    Ces enfants abandonnaient l'école tôt, mais cela n'avait pas trop de répercussions, car les hommes travaillants trouvaient toujours des emplois... Quant aux femmes, elles se mariaient... Je vous demande aujourd'hui ce qu'un enfant qui décroche de l'école en secondaire 2 (suite à de multiples redoublements, avec les résultats qu'on devine sur l'estime de soi) peut espérer comme avenir?

    Pour votre gouverne, Mme Gagnon, sachez que le ritalin (et plusieurs médicaments de la même famille) sont des stimulants, non pas des tranquilisants! Et que ce n'est pas un quelconque "cuisinier de pilules" qui a inventé le ritalin: ce médicament est utilisé depuis 1960!

    Un consensus international composés de 75 scientifiques, qui font des recherches, écrivent des articles scientifiques (certains y ont consacré leur carrière entière) se disent grandement préoccupés par les informations erronées qui ont cours concernant le déficit d'attention avec hyperactivité. En effet, il y a des composantes génétiques, des anomalies au niveau du cerveau qui sont documentées et reconnues par la communauté scientifique. Je résume, mais je vous laisse le soin de faire vos propres recherches si le coeur vous en dit.

    Si vous aviez pris le temps de faire une petite recherche sur google avant de vous lancer dans vos grands jugements, nous n'aurions au moins pas ces points à éclaircir.

    Ce que j'ai affirmé plus haut sont des faits, facilement vérifiables avec n'importe quel moteur de recherche.

    Je souligne que nous ne sommes pas un cas exceptionnel, ni anecdotique. Nous sommes assez représentatifs de la moyenne des autres parents dont l'enfant souffre du tdah.

    Maintenant, brève histoire familiale:

    - J'ai le même conjoint depuis 15 ans... Nous ne consommons ni drogue, ni alcool...

    - Nous sommes un couple solide et uni... Pas parfait, mais très adéquats.

    - Je suis une maman à la maison... Mes fils n'ont fréquenté la garderie (familiale) qu'à partir de 3 ans (à temps très partiel, question de sociabiliser)

    - Nous vivons à la campagne, avons une maison, un chat et un labrador...

    - Nous mangeons à notre faim...

    Force est d'admettre que nous sommes une famille tout ce qu'il y a de plus conventionnelle (même la race de chien l'est!). Rien dans notre environnement ne peut justifier des troubles chez mon fils...

    Ce que j'ai fait pour aider mon fils, qui dès 3 ans présentait des difficultés marquées(dans 2 garderies, 2 prématernelles, sans compter à la maison, bref, partout) et ce, avec n'importe qui???

    - Consulter un psychologue pour enfants car il se faisait volontairement vomir à la garderie (âge:36 mois)

    - Visité à plusieurs reprises: acupuncteur, chiro, ostéopathe, avec les coûts que cela implique.

    - Dépensé je ne sais plus combien en produits naturels, homéopatiques.

    - Payé 800$ de ma poche pour qu'il ait une évaluation complète (et nous avons évidemment été évalués et dirigés en tant que parents) par une psychologue compétente.

    Tout cela avant qu'il entre à l'école...

    Ensuite, pédopsychiatre, neurologue,éducatrice spécialisée, travailleuse sociale, nous avons tout fait pour confirmer le diagnostic, et apprendre à vivre le mieux possible avec... Je vous fais grâce de l'historique scolaire et des efforts en tous genres que cela implique...

    J'ai fait plein de démarches avant de me résoudre à donner de la médication à mon fils. Parce que ça fait peur de donner des médicaments à long terme à son enfant...

    Aucun des autres parents que je connais ne fait le choix d'en donner (ou de ne pas en donner) de gaieté de coeur.
    Et nous ne le faisons surtout pas pour rendre nos enfants plus performants, plus intelligents ou comme des statues.

    Le Ritalin ou les autres psycho-stimulants ne sont pas des pilules miracles comme vous l'affirmez. Le jour où quelqu'un inventera cette panacée universelle et miraculeuse, croyez-moi, il fera fortune...

    En passant, les enfants qui ont un déficit d'attention sans hyperactivité, prennent eux aussi de la médication. Car même s'ils ne dérangent pas (ils sont dans la lune, donc calmes), ils ont d'énormes difficultés à l'école. Votre théorie que les parents médicamentent leurs enfants pour les rendre statues ne tient pas la route pour tous ceux-là...

    Mon fils est encore opposant, il a de la difficulté à rester concentré, à s'organiser,etc... Mais il est capable, avec la médication et beaucoup de travail et d'efforts de sa part et de celle de tous les adultes qui gravitent autour de lui, de fonctionner relativement bien. Pour faire une comparaison claire et précise, c'est comme mettre des lunettes à un myope...

    Nulle part vous ne faites mention si vous avez des enfants, combien, quel âge etc... Ni si vos enfants ont été faciles, dociles ou ont eu des difficultés en classe. Vous dites seulement que vous les auriez gardés à la maison. C'est toujours facile de faire de telles affirmations si cela concerne le passé...

    Je ne connais pas votre niveau d'instruction, mais dans la réalité d'aujourd'hui, pensez-vous vraiment que faire le choix d'éduquer ses enfants à la maison est à la portée de tous les gens et de toutes les bourses?

    Vous avez le droit à votre opinion, comme moi j'ai droit à la mienne... Mais je crois aussi que le fait d'écrire sur une tribune publique telle celle-ci, est un peu une "décision et une responsabilité sociale". Vous véhiculez des préjugés et des mythes,vous affirmez des choses qui sont inexactes, comme si vous étiez une sommité en la matière... sans avoir ni les connaissances, ni le vécu pour étayer vos dires. Et ce, sans apporter de solutions concrètes et réalistes aux gens que vous critiquez. Vos commentaires dépassent la simple opinion, selon moi.

    Moi j'ai parlé et avec mon coeur, mon vécu et mon expérience. Si ce partage peut aider ne serait-ce qu'un parent, ou sensibiliser des personnes qui croient tout connaître sur le Tdah, je n'aurai pas pris tout ce temps et écrit ce texte en vain!

    Michèle Henri

  • Vickie Bélanger - Inscrite 14 mars 2008 10 h 42

    Laissez tomber les barrières

    Mère de 4 enfants, j ai été longtemps (comme plusieurs personne) à vivre avec des préjugés face au ritalin et à tous ceux qui s occupaient à le donner aux enfants (parents, médecins etc.).Aujourd'hui ma vision des choses a changé, ma plus jeune accumulait de sérieux retards dans tous les domaines depuis l âge de 3 ans. A 6 ans enfin le verdique tombait(cela ,pris beaucoup de temps parce que cela devait être vérifié par plusieurs spécialistes de plusieurs domaine différant (psychologue, orthophoniste, orthopédagogue ,contrôle médical et j en passes(Le verdique ne vient pas en voyant 1 médecin 1 fois) elle souffre de TDA , le jours où j ai commencé à lui donner du ritalin a été un jours de grande délivrance pour elle, enfin elle pouvait être comme les autres, elle pouvait enfin vivre des succès scolaires, elle avait retrouvé une mémoire qui lui faisait défaut depuis fort longtemps ,les mots qu' elle écrivaient ou lisaient avait du sense pour elle ,quand quelqu un lui parlait elle pouvait enfin écouté et comprendre se qu' il disait ,enfin elle arrivait de l école sans pleuré parce que dans sa tête et je site ce qu' elle me disait souvent : Tous est mélangés ,pourquoi tu m aide pas. J en ai passé des soirées à pleurés, à ragés parce que je ne pouvais rien faire pour l aider, que les gens proche de nous nous jugeaient constamment sur ses nombreuses l aucune et retard, des chicanes avec mon conjoint à reprocher à qui devait revenir le tord, parce qu'il ne comprenait pas ce qui lui arrivait à elle et se sentait impuissant à l aider, ses soeurs ou enfants à l entours à la rejeter parce qu'elle était différente. Je vous demande de ne point juger ceux qui doivent prendre ses médicament, vous ne connaissez pas les épreuves par lequel il on du faire face et le bien que certain médicament peut leurs apporter .Moi aussi j avais des préjugé, malheureusement pour comprendre j ai du passé par là. Je suis sa mère et je me suis refusé à la laisser tomber et cela à porté fruit, vous, pensez-y que feriez vous pour votre enfant?