Chauffeurs d'autobus payés 100 000 $ par année - La STL et ses chauffeurs accusent Mulcair de faire de la désinformation

Les déclarations incendiaires du ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Thomas Mulcair, sur les salaires des chauffeurs d'autobus de Laval ont fait bondir les syndicats de chauffeurs d'autobus et les dirigeants de la Société de transport de Laval (STL). Il est vrai que certains chauffeurs réussissent à toucher des revenus supérieurs à 80 000 $ grâce aux heures supplémentaires, mais il ne s'agit que d'une faible minorité, disent-ils.

En marge des audiences sur le développement durable qui se déroulent à Québec, le ministre Mulcair a déclaré mardi que les sociétés de transport devraient réduire la masse salariale de leurs employés avant de demander à Québec de financer les transports en commun. Au journaliste de la Gazette, il a indiqué que certains chauffeurs d'autobus de Laval, dans sa circonscription (Chomedey), gagnent entre 80 000 et 100 000 $ par année. «Il est facile pour les sociétés de transport de signer des conventions collectives qui accordent des augmentations salariales supérieures à la capacité de payer des citoyens», a-t-il confié à la Gazette, reprochant aux sociétés de transport de vouloir ensuite refiler la facture au gouvernement québécois.

Marc Laforge, directeur des communications à la STL, a qualifié les commentaires du ministre de «méprisants à l'endroit des employés». «On perçoit ça comme étant, encore une fois, une façon pour le gouvernement de nier ses responsabilités à l'égard du financement des transports en commun, lui qui s'est désisté, depuis 1992, du financement des opérations», a-t-il commenté.

Le salaire moyen des chauffeurs s'élève à 48 000 $ si on compte les heures supplémentaires, a dit M. Laforge. Les heures supplémentaires étant accordées selon l'ancienneté, comme le veut la convention collective, certains chauffeurs réussissent à accumuler beaucoup d'heures supplémentaires à taux majoré, ce qui leur permet d'avoir un revenu annuel supérieur à 80 000 $. «On les compte sur les doigts d'une main, a-t-il précisé, et il n'y a personne qui va conduire pendant vingt heures.»

«Ce sont des gens qui travaillent 15 ou 16 heures par jour, entre cinq à sept jours par semaine», a indiqué Richard Ouimet, président du Syndicat des chauffeurs d'autobus de la STL, qui mène actuellement des négociations pour le renouvellement de la convention collective, échue depuis août 2003. Avant d'affirmer que les chauffeurs sont trop payés, le ministre devrait passer une semaine en compagnie d'un de ces chauffeurs, a-t-il dit.

«Le ministre parle à travers son chapeau», croit Claude Benoît, président du Syndicat des chauffeurs et opérateurs de métro de la Société de transport de Montréal (STM). «Dans n'importe quelle société de transport ou entreprise, c'est plus payant pour une entreprise de donner du supplémentaire que d'engager quelqu'un», a-t-il rappelé.

Pour sa part, l'Association du transport urbain du Québec (ATUQ) n'a pas voulu commenter les déclarations du ministre Mulcair. Même son de cloche du côté du ministre des Transports, Michel Després, qui devra négocier un cadre financier avec les sociétés de transport. «Ce n'est pas au ministre des Transports d'évaluer les conditions de travail des chauffeurs d'autobus», a indiqué son attachée de presse, Josée Delisle.